[CRITIQUE SERIES] « The Walking Dead, Saison 8 » – Le bilan de mi-saison

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Cela fait plusieurs saisons que le phénomène se produit au-sein de The Walking Dead : la série est renouvelée pour une nouvelle saison de 16 épisodes. Le problème ? Les scénaristes sont incapables de gérer 16 épisodes. Cela fut flagrant dans la saison 6 et cette attaque de rôdeurs qui a durée 8 épisodes puis ce long, très long teasing de Negan en 8 épisodes. La saison 7 n’a pas fait exception avec les contrecoups de l’entrée en scène de ce même Negan puis la montée de la tension jusqu’à l’annonce du dernier épisode de la grande guerre.

La saison 8 s’est ouverte sur un épisode de bonne facture, rythmé, musclé, riche en moments forts. Mais, fort logiquement et c’est bien malheureux, le tout est retombé plus vite que la cervelle de Glenn. S’en sont suivis 7 longs épisodes destinés à remplir le vide pour amener à l’épisode 8 et son ultime cliffhanger. Ce furent sept épisodes qui ont eu leur intérêt par vagues. On a ainsi assisté à la mort d’un personnage iconique de la franchise dans un copier-coller des pages du comic-book de Robert Kirkman et de Charlie Adlard, à la trahison d’un autre et à pas grand chose d’autre. Sûr qu’il y a eu des moments géniaux comme la confrontation entre Father Gabriel et Negan qui fut révélatrice ou le retour rapide de Judith (qui a encore un nouveau visage), de même que la scène entre Rick et Carl en fin d’épisode mais tout cela était trop faible pour contrebalancer le sentiment que personne ne sait quoi faire de cette série arrivée dans sa huitième année. Il y a un sacré paquet de cadavres, on perd plusieurs personnages qui avaient de l’importance mais la série sacrifie aussi un objet présent depuis la première saison et cela permet de ressentir une émotion.

Bien sûr que les scénaristes pouvaient faire uniquement de l’action mais le coût de production exploserait et le rythme serait inégal. La solution choisie a donc été celle de montrer les conséquences de l’attaque en règle de Rick et Cie. En soi, l’épisode 5 en est l’illustration parfaite avec une plongée dans l’intérieur du monde de Negan et de son fonctionnement. Le tyran se retrouve humanisé dans une copie de King Ezekiel avec un penchant pour la violence en plus. Cela s’était déjà fait lors de son entretien avec Carl dans la saison 7. Rick continue d’être Rick accompagné d’un jeu oscillant entre le vide abyssal et une sale allergie aux fleurs (la production n’épargne pas les yeux d’Andrew Lincoln) et ses amis ne sont guère passionnants à suivre. On retiendra l’émancipation de Daryl mais c’est la trente-six millième fois qu’il nous fait le coup alors on a l’habitude à force. L’un des points positifs de ce début de saison est l’écriture de Negan. De loubard tueur, les scénaristes se sont décidés à ouvrir les comics et a découvrir que le personnage est un mélange complexe d’humanité, de peur et de punchlines à faire pleurer Orelsan. Si auparavant l’on comptait ses phrases vulgaires, désormais, on peut compter celles où il ne s’exprime pas violemment. La scène de pré-attaque avec Gregory est un témoignage parfait de ce qu’aurait dû être Negan dès sa descente du camping-car. On remerciera jamais assez Jeffrey Dean Morgan d’avoir enfilé le cuir de ce dictateur en puissance tant il prend plaisir à massacrer et torturer dans cette saison.

Tout cela se retrouve mis en suspens par la fin de l’épisode 8, si nous n’allons pas vous spoiler ce qui se passe (les Internet le feront pour vous), cela devrait avoir un impact sur la série et sur la dynamique. En effet, un personnage iconique semble destiné à devoir partir vers l’au-delà dans un délai plus ou moins proche. Si son identité était évidente depuis quelques saisons, elle reste un écart majeur d’avec le matériel d’origine et ne peut qu’intriguer quant à la forme que prendra la série après.

Pour nous faire patienter (ou essayer de nous retenir) jusqu’à février, la production de The Walking Dead a dévoilé une bande-annonce du prochain épisode :

https://www.youtube.com/watch?v=bWd1KJV4-p4

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