[CRITIQUE SÉRIE] « Twin Peaks » – Épisodes 11, 12 et 13 (Saison 3)

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La rencontre avec les frères Mitchum atteint son paroxysme tandis que des événements encore plus étranges se produisent avec l’équipe du FBI et au sein de Twin Peaks.

Plus cette saison 3 de Twin Peaks avance, moins on en voit le bout. Même s’il ne reste que 5 épisodes, force est de constater que le mystère est toujours présent et que les différentes intrigues avancent lentement mais sûrement.

Mark Frost et David Lynch continuent leur triple narration avec des avancées, des faux espoirs et des moments de pure folie. Sur ces trois parties, l’intrigue qui avance le plus est celle concernant le FBI. Après l’arrivée de Diane et de ses désormais cultes « Fuck You, Albert« , l’équipe se retrouve complète pour enquêter sur le doppelgänger de Dale Cooper. Trois scènes se dégagent de cet arc. On relèvera la confirmation de l’épisode 8 concernant le fait que le Mal est partout, pas seulement à Twin Peaks via une mise à mort graphique et impressionnante à souhait. La deuxième scène majeure intervient avec l’intronisation d’un quatrième agent au sein de ce bureau spécialisé dans les cas étranges. C’est à Albert – Miguel Ferrer au sommet – que revient l’honneur de donner une explication que les fans attendaient depuis 27 ans : l’origine des Blue Rose Cases. Forcément, cela est drôle car c’est une révélation qu’on n’attendait pas voire même plus du tout. La dernière scène est une scène en solo de Diane –impériale Laura Dern – qui permet d’espérer une prochaine réunion au sommet du casting dans les cinq petits épisodes restants.

Le fil rouge suivant est celui de Dale Cooper a.k.a. Dougie. Toujours aussi barré, toujours aussi long et énervant, cette partie de l’intrigue pourrait être vue comme ratée si elle n’avait pas ses clins d’œils et autres éléments qui en font un moment marquant de la série. David Lynch multiplie les hommages visuels et narratifs à Dale Cooper via des éléments anodins comme le café, la tarte, une prise électrique, une glace… On pardonnera même un plan qui temporellement parlant est incorrect. Sa femme, campée par Naomi Watts, reflète la vision qu’à David Lynch de la femme de banlieue mais avec une modernité et une critique sociale furieusement moderne. Les satellites qui gravitent autour de ce petit monde ajoutent étrangeté et fascination pour un monde somme toute banal mais étrange.

Le dernier fil de l’intrigue se passe à Twin Peaks et c’est dans ces passages que réside le talent de l’équipe. Si la ville était censée être bizarre et étrange, cette saison la montre comme le seul cocon de stabilité. On retrouve la même logique que dans la saison 1 et surtout le film, Twin Peaks Fire Walk With Me, à savoir faire voler en éclats le miroir de la middle class américaine. Dans la saison 1, cela passait par la mort de Laura Palmer et dans le film par ses derniers jours et ses déviances, sexuelles comme dans les substances. Dans cette saison, l’amorce a été faite par la mort d’un petit garçon avant d’exploser dans un passage à tabac et une fusillade nocturne. Le personnage d’Amanda Seyfried est l’exemple parfait tant elle apparaît comme la nouvelle Laura Palmer, Bob en moins. Les retrouvailles avec les personnages sont tantôt drôles, tantôt triste. Cette tristesse est visible dans la narration – le personnage de Sarah Palmer possède l’une des scènes les plus marquantes du petit écran – que dans le casting – chaque apparition de la Femme à la Bûche est émouvante et douloureuse.

Ces trois épisodes s’enchaînent sans fausses notes ni rupture dans la narration. On en ressort lessivé, avec le sentiment que si Lynch a joué avec les spectateurs au départ, c’était pour n’en garder que les fans à qui il offre un objet visuel sublime, esthétique et artistique.

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