[CRITIQUE] « Suicide Squad », réalisé par David Ayer

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C’est tellement jouissif d’être un salopard ! Face à une menace aussi énigmatique qu’invincible, l’agent secret Amanda Waller réunit une armada de crapules de la pire espèce. Armés jusqu’aux dents par le gouvernement, ces Super-Méchants s’embarquent alors pour une mission-suicide. Jusqu’au moment où ils comprennent qu’ils ont été sacrifiés. Vont-ils accepter leur sort ou se rebeller ?

Apres plus d’un an de teasing et de polémiques, le troisième du DCEU – DComics Extended Universe – est enfin sur les écrans. Son nom ? Suicide Squad. Sa particularité ? Elles sont deux : ne pas avoir été réalisé par Zack Snyder mais par David Ayer et proposer non pas une histoire de super-héros mais une histoire de super-vilains. Pétard mouillé ou réussite cinématographique, réponse dans notre critique…

Pour faire bref, Suicide Squad c’est un peu Les Douzes Salopards en version capes et pouvoirs. Des criminels jetés en prison et recrutés parmi un organisme top secret pour combattre d’autres vilains. En gros, combattre le mal par le mal. Suicide Squad est une équipe dont l’origine remonte à 1959 dans un comic-book DC avant d’être popularisée en 1987 par une refonte de ses membres puis en 2012 avec une escouade proche de celle du film.

Ce film justement est l’objet de toutes les attentions et cela se ressent à l’écran. Suicide Squad arrive 6 mois après Batman V Superman : Dawn Of Justice. Il paye donc les pots cassés; ici les mauvaises critiques presse et blog qui lui reprochaient un ton trop sombre et pessimiste a contrario d’un Marvel. En juillet 2015 était diffusé un trailer lors du Comic-Con de San Diego. Outre proposé les premières images du film, il introduisait un nouveau Joker et une certaine ambiance. Suite à « l’échec » de BVS, la communication de Suicide Squad a été revue : plus de fun, plus de pop, plus d’humour. Globalement le film est plus proche du premier trailer d’il y a un an que du reste de sa promotion qui est assez catastrophique. Le résultat ? Un bon film étouffé par des erreurs de narration, de montage et d’ambiance et une dualité qui lui est fatale sur la longueur.

La première demi-heure est l’un des plus mauvais passages. Le principe de la Task Force X (petit nom officiel de l’équipe) est exposé ainsi que ses différents membres. La séquence se veut être un enchaînement de plans avec chacun sa propre musique et un récapitulatif des particularités des personnages façon carte d’identité. L’ensemble est lourd et traîne en longueur et tous les personnages ne sont pas traités équitablement mais c’est un problème récurent au film. Ensuite l’équipe part en mission et on se retrouve avec ce qui est visiblement le film voulu : un objet sombre et dark avec des anti-héros tourmentés mais capable de déclencher des rires à l’aide de petites phrases ou attitudes. Comme son aîné, Suicide Squad finit dans un déluge de CGI qui auraient gagnés à être atténués ou plus équilibrés.

David Ayer est un réalisateur connu pour ses obsessions sur le milieu carcéral et ses voisins policiers mais aussi pour ses déclarations envers l’armée (Fury). Celles-ci sont bien présentes et se conjuguent à merveille avec les hommages aux comic-books. Lorsque John Ostrander relance l’équipe en 1987, il la transforme en une unité opposée au gouvernement et exploitée par celui-ci et c’est exactement la même chose ici. Ce ne sont que du bétail aux yeux du reste du monde, bons à tuer et à être tués. L’avantage est que le film fait parti du DCEU, on assiste donc à des easter-eggs sur l’univers DC mais aussi à de vrais ponts jetés entre les différents héros croisés dans BVS et Man Of Steel et leurs némésis.

Là où le film de David Ayer respecte le comic-book, c’est par la mise en avant de certains héros au profit d’autre et cela se voit dès le casting. Cela n’aura échappé à personne : il y a un nouveau Prince du Crime à Gotham City et c’est Jared Leto. Son Joker est une interprétation différente des précédentes, avec un Joker plus fou et tortueux, à la fois digne des comics mais aussi des chefs de guerre des cartels. On sent que Jared Leto s’est investi dans le rôle et veut en donner plus. Il est à souhaiter qu’il revienne dans un autre film du DCEU voire même dans Justice League, prochain gros morceau Warner après Wonder Woman. Il est secondé par sa compagne Harley Quinn (Margot Robbie) qui, et c’était à prévoir, vole le film avec des scènes drôles ou émouvantes. Elle incarne tout ce qu’on attend de la compagne du Joker, se permet deux/trois hommages et joue sur sa plastique sans trop en faire.

Deadshot est le troisième personnage mis en avant. Will Smith semble avoir enfin compris qu’il ne peut plus être le héros solo d’un film mais un des personnages du film et cela rend son jeu moins difficile. Tous sont creusés par des flashbacks habiles et utiles. Le seul gros bémol vient de Cara Delevingne qui semble jouer de manière bancale et timide son personnage de l’Enchanteresse et surtout semble avoir été doublée pendant la majorité du film. Enfin, s’il fallait garder encore un personnage : Amanda Waller. La directrice de Task Force X est incarnée avec brio par Viola Davis qui semble prendre son pied à jouer ce personnage qui est la chef de gang par excellence.

Au final, Suicide Squad est loin d’être le film pop vendu par sa promo mais on est-ce loin d’un ratage complet. Si l’abus de CGI reste dangereux pour la rétine, David Ayer offre un spectacle musical et visuel assez sympa mais handicapé par un montage et un double-ton qui alourdissent l’ensemble. Warner Bros aime laisser à ses réalisateurs la liberté de faire ce qu’ils veulent dans leurs films mais il serait temps que quelqu’un surveille tout ce petit monde d’un peu plus près.

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