[CRITIQUE SERIES] « Stranger Things », le bilan de la saison 2

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En 1984, à Hawkins dans l’Indiana, un an a passé depuis l’attaque du Démogorgon et la disparition d’Onze. Will Byers a des visions du Monde à l’envers et de son maître, une créature gigantesque et tentaculaire. Plusieurs signes indiquent que les monstres vont franchir le portail et revenir sur la ville.

A l’été 2016, Netflix lançait une série qui allait se révéler être un sleeper-hit en puissance : Stranger Things. Après une première saison – qui nous avait bien enthousiasmée -, et une campagne promo de plus d’un an, la plate-forme de streaming est revenue pile pour Halloween avec la deuxième saison de son show fantastique. Cette saison a-t-elle confirmée tout le bien qu’on avait pour Will et ses amis ou, au contrainte, s’est-elle révélée plus Things que Stranger ? Réponse dans ce bilan de la saison 2.

La hype était forte, le teasing long et matraqué à souhait (on se souvient du spot au Superbowl), Netflix a tout fait pour ne pas faire tomber Stranger Things dans l’oubli, et cela paye. Même si la plate-forme ne communique jamais de chiffres d’audiences, on évoque un premier épisode – Chapter One : Mad Max – visionné par plus de 15.8 millions de personnes (plus que The Walking Dead). Autant dire que la pression était forte pour les Duffer Brothers, d’autant que la saison 1 n’appelait pas nécessairement à une saison 2. L’histoire reprend quelques mois après les 8 premiers chapitres et rien n’a changé ou presque à Hawkins. Ou presque. Car Will a été sauvé de l’Upside Down par sa mère, le shérif, ses amis ainsi que la mystérieuse Eleven. Dans cette saison, l’histoire est inversée puisque le mal cherche à envahir la Terre. On échappe donc aux écueils de la saison 1 : moins de mystères, moins de longueurs pour un concentré d’action, de révélations et de twists multiples.

On saluera la structure des épisodes qui favorisent le cliffhanger sans trop prendre le spectateur pour un débile (merci le binge-watching). On sent que tout a été pensé et construit sur deux storylines : celle de Will et celle d’Eleven. S’il semblerait que les héros sont les mêmes, les personnages secondaires sont plus creusés notamment dans la bande de potes ainsi que ceux du laboratoire. La mère (Winona Ryder) n’est plus la folle décrite dans la saison 1 mais semble, étrangement, être la personne la plus saine d’esprit même si elle est prompte à replonger notamment lors d’une scène déjà mythique de visionnage de cassettes. Cette scène résume à elle seule la saison : une introduction simple et mignonne sur l’amour, puis de l’humour sur les années 80 avant de basculer dans l’horreur pure. 8 épisodes sur les 9 de cette saison respectent ce schéma qui est matraqué à l’extrême. Si les 3 premiers semblent plus lents, c’est uniquement par une montée de l’angoisse qui se veut progressive : les auteurs ont appliqué la structure type des films des années 80 à leur série et cela créé un décalage bienvenue avec les autres programmes.

Si 8 épisodes sur 9 respectent ce schéma, un seul s’en éloigne. L’épisode 7 est celui qui focalise les attentions avec une sortie d’Hawkins pour une mégalopole. Un épisode habilement situé au-coeur de l’action qui frustre au maximum mais est un sublime hommage (on suppose ?!?!?!) au film de Joel Schumacher, The Lost Boys. Un film de bande, violent, cruel, sorte de relecture de X-Men mixé avec le mythe de Dracula. Un épisode bancal mais primordial. Il permet de creuser Eleven, le meilleure personnage de la série.

Le casting est un sans-faute avec une bande de gamins (Finn Wolfhard, Gaten Matarazzo, Caleb McLaughlin et Noah Schnapp) encore plus attachants. Ils quittent leurs attitudes d’enfants pour basculer dans l’adolescence pure avec ses atermoiements, ses tourments et sa puberté qui permettent des scènes drôles mais jamais – trop – vulgaire. Les adolescents reviennent avec notamment le frère de Will (Charlie Heaton) qui semble plus perdu que jamais. Mais l’une des surprises est le personnage de Steve (Joe Keery) qui crève l’écran et possède les meilleures répliques. Il incarne l’ado typique et universel. Winona Ryder continue d’impressionner dans son rôle ambigu et amène son personnage sur un nouveau terrain avec le petit nouveau Sean Austin (Les Goonies). Mais la grosse révélation de Stranger Things est et restera Millie Bobby Brown a.k.a. Eleven. Elle impressionnait la saison précédente dans le rôle de la gamine psychotique au crâne rasé. Elle explose tout (littéralement) dans le rôle de l’adolescente aux cheveux bouclés. Elle n’a que 13 ans mais domine le casting et ses scènes. La saison est centrée sur elle et elle rappelle une autre actrice star dans sa jeunesse : Natalie Portman – période Léon de Luc Besson.

Coté ambiance et réalisation, les Duffer Brothers appliquent les mêmes formats que la saison précédente avec un mélange de musique purement années 80 et une bande originale toute en synthétiseurs. Cette dernière se révèle plus ciblée et mieux dosée et surtout plus musclée. Un changement de ton qui souligne la volonté de la série d’être plus adulte.

Après une saison 1 événement, Stranger Things risquait gros avec sa deuxième saison mais le pari est relevé haut la main. On enfourche nos vélos pour la saison 3 qui va se faire attendre.

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