[CRITIQUE] « Silent Hill : Révélation 3D », réalisé par Michael J. Bassett

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Ce nouveau volet de Silent Hill marque le retour cinématographique de la franchise vidéo-ludique, six ans après le premier réalisé par Christophe Gans. Difficile de passer après la réussite du premier (oui je sais que les avis diffèrent là-dessus, mais pour moi le premier était une réussite), surtout quand passe derrière un réalisateur à la filmographie peu alléchante.

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Depuis son plus jeune âge, Heather Mason a l’habitude de changer d’adresse très souvent avec son père. Sans vraiment savoir pourquoi, elle fuit. Pourtant, cette fois, elle est piégée. Pour sauver celui qui avait toujours réussi à la protéger et découvrir qui elle est vraiment, Heather va devoir affronter un cauchemar qui devient de plus en plus réel… Silent Hill.

MON AVIS

Force est de constater que cette année n’aura pas été très glorieuse pour le cinéma d’horreur (à l’exception de The Theatre Bizarre, que je vous encourage encore à regarder!). Autant dire que j’attendais vraiment rien de ce nouveau Silent Hill, qui a reçu des avis négatifs de tout côtés (presse et spectateurs) et qui vient donc clôturer cette année 2012 pour le genre. Je le dis d’emblée car c’est important : je n’ai jamais joué aux jeux vidéos dont le film s’inspire, donc il sera difficile pour moi de comparer les deux. Mais au final, je dois dire que ce film m’a énormément surpris, et dans le bon sens du terme.

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Si certes il est inférieur à son prédécesseur, ce nouveau venu n’est pas exempt de qualités qui méritent d’être relevées. Je respecterai la chronologie du film pour la critique, et là où le film se plante monumentalement c’est sur le début. Si la scène d’ouverture est sympa, elle reste mal utilisée pour lancer le film, et dévoile déjà la conclusion de son scénario, qui n’est pas bien glorieux à la base. Même pire que ça, ce scénario n’est qu’un vulgaire prétexte pour emmener les personnages à Silent Hill. Les relations entre les personnages sont bâclées et deviennent parfois grotesques, comme l’histoire qui sert de fond. Ajoutez encore à cela des dialogues ridicules (et des acteurs pas formidables non plus), et vous avez tout le fond du film qui est donc navrant, ça je pense que personne ne pourra le réfuter. Mais pour apprécier le film dans son ensemble, il faut plutôt s’attarder sur la mise en scène, l’ambiance, et surtout sur le véritable genre dans lequel s’ancre Silent Hill, soit le Survival Horror (qui est le genre du jeu à la base).

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Car à ce niveau là, on peut dire que c’est plus que réussi. Le scénario qui jusque là ne servait que de prétexte, trouve son utilité en faisant évoluer l’héroïne dans des « niveaux » (oui il n’y a pas d’autres termes), parsemés d’obstacles qu’elle devra affronter. On retrouve alors le côté survival horror du jeu, qui donne justement au film un côté un peu trop « jeu vidéo », avec des décors bien travaillés, qui donnent une ambiance macabre et glauque. Car le film même s’il n’est pas excessivement gore, fait quand même ressortir un côté très très crade. Et cela vient également de la photographie, qui est elle aussi réussie, et qui donne de la crédibilité au film, dans cette partie là en tout cas. Au final on se plaît plus à voir l’héroïne progresser dans la ville et affronter les « boss » (autre point fort selon moi, le bestiaire assez impressionnant), plutôt que l’histoire. Et c’est à mon avis ce qui a fait défaut, et qui en a déçu plus d’un, ce que je peux tout à fait comprendre. Même si je n’y ai jamais joué, je me suis renseigné un minimum sur le jeu, et je pense que c’était pas simple à adapter à la base, vu l’univers abstrait, et peu conventionnel pour le cinéma, dont fait preuve l’oeuvre originale. Ils ont trop voulu coller au jeu, et au final d’un point de vue cinématographique le film est pauvre.

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Mais au risque de vous surprendre, j’ai quand même décidé de mettre une bonne note à ce film. Car si, comme je l’ai dit, il est pauvre au niveau cinématographique, avec un scénario pitoyable dont la prévisibilité et la linéarité sont assez alarmantes (et qui causent des petites longueurs et un léger manque de tension), je salue la prise de risque de faire une sorte de cinématique live d’1h40 (qui pourrait d’ailleurs très bien se mêler à un jeu), jouant plutôt sur l’ambiance et la mise en scène des « niveaux », que sur l’histoire. J’ai vraiment passé un bon moment, ce qui fait que je le considère comme un petit divertissement, et qui est au dessus de la plupart des films d’horreurs qu’on a vu cette année, notamment au niveau de l’ambiance qui est elle, d’une grande efficacité. Car il serait peut-être bon de rappeler qu’un film d’horreur, n’est pas forcément un film qui fait peur.

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