[CRITIQUE SÉRIES] Que vaut la saison 1 de Kingdom ?

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Un prince héritier se met en quête d’un médecin pouvant sauver son père mais une invasion zombie va ralentir son voyage.

Après Ghoul, Netflix continue de creuser son catalogue de séries horrifiques étrangères. Dans Kingdom, on quitte l’Inde contemporaine pour la Corée du Sud durant l’ère Joseon (1392-1897) et plus précisément lors de la guerre avec le Japon dans le milieu du XVIe siècle. Si la première production traitait d’esprits et de djinn, la deuxième traite d’une invasion de zombies mais avec de nombreux changements.

SI le genre zombirifique a connu son heure de gloire dans les années 60 et 70, il est progressivement devenu source de nanards et est tombé en désuétude avant de redevenir à la mode avec l’arrivée de The Walking Dead il y a presque 10 ans. Sauf qu’en 10 ans, le mastodonte d’AMC a fait beaucoup de mal au genre. Autant dire que Kingdom n’arrive pas dans un contexte facile surtout avec l’idée de déplacer le concept dans le passé mais la série Netflix s’en tire brillamment pour deux raisons principales : sa réalisation et son écriture. En effet, la série introduit un concept jusqu’ici rarement vu avec les zombies : ils sont rapides, voire très rapides (jusqu’ici rien de neuf) mais ils craignent la lumière du jour. Donc ils n’attaquent que la nuit. Donc on fait quoi le jour est la grande question. Et bien le jour, on suit une intrigue que The Crown, autre série Netflix, ne renierait pas : les intrigues de cour royale.

Le pitch est simpliste au possible : un prince héritier se fait ostraciser par sa belle-mère après que son père ait disparu. Il part à la recherche d’un médecin, dernière personne à l’avoir vu vivant, mais quand il arrive à son dispensaire, celui a été abandonné après qu’une mystérieuse épidémie ait décimé ses habitants. On apprends assez vite que l’épidémie est une invasion zombie et que le patient zéro est la paternel. S’en suit une quête pour rejoindre la capitale, raccourcir la reine et reprendre le trône. Le problème étant que l’armée lui obéit et que les zombies vont être un obstacle assez ennuyeux sur la route. L’intérêt de la série repose dans sa dualité : on suit les intrigues de jour (trahisons et survis à la cour) avec le même intérêt que celles nocturnes quand il s’agit de poutrer du mort-vivant. Il y a énormément d’humour notamment dans les rapports entre les riches et les pauvres et leur sens du sacrifice (le troisième épisode possède probablement l’une des blagues les plus drôles de ces dernières années). L’action est également présente et surtout extrêmement bien dosée de manière à combler les attentes des spectateurs sans trop en abuser. Nous n’évoquerons pas le twist final mais il est bienvenu et lance la série sur une nouvelle direction qui sera à coup sûre encore plus barrée que la première saison.

Si Netflix n’est pas connu pour son avarice en termes de budget, on sent que les moyens ont été mis dans cette série. Y a du chapeaux, de la robes, du kimono en veux-tu en voilà. Tout est stylisé au maximum, des effets de camera au look des zombies (leur réveil est un pur moment d’angoisse) en passant par les lieux qui sont embellis par un jeu de lumière dans la pure lignée du cinéma coréen. Réalisée par Kim Seong-hun (Hard Day, Tunnel), la série embarque dans son casting Doona Bae, exfiltrée de Sense8, Greg Chun ou encore Ji-Hoon Ju pour 6 épisodes qui se bingent sans temps mort ni flottement.

Si le survival zombie est devenu une ressource financière facile (en témoignent les arrivées prochaines de Zombieland 2 ou du Army of the Dead de Zack Snyder), Kingdom prouve que le cinéma asiatique a encore de belles choses à offrir tant visuellement que narrativement (si vous en doutiez encore après l’excellente Tokyo Vampire Hotel de Sono Sion).

« Kingdom – Saison 1 » – Bilan de fin de saison
5

Conclusion

Kingdom est le mix parfait entre The Crown, Downton Abbey et The Walking Dead et on en redemande.

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