« Scream » – Le lourd passé du Slasher

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Faut-il vraiment encore présenter ce film ? Élu film préféré auprès de nos internautes, Scream est une saga réalisée par l’ultime Wes Craven, écrite par Kevin Williamson (Scream, 2 et 4) et Ehren Kruger (Scream 3). Tout droit inspiré d’Halloween, la nuit des masques de John Carpenter ainsi que de plusieurs faits réels.

L’apparition du Slasher, dans les années 1960 – 1970, fut marquée par les plus grands de ce monde, on parle de Jason Voorhees, Micheal Myers, Freddy Krueger pour les plus célèbres. Cependant, pour la génération des années 90, c’est par le film Scream que le Slasher prend un second souffle. Le scénariste Kevin Williamson, avec ses souvenirs d’adolescents à regarder des Slashers, nous offre un scénario hommage et parodique, tout en respectant les règles de ce sous genre. Scream est mis entre les mains de Wes Craven, le héros de nos cauchemars. Que ce soit par ses personnages, ses dialogues, ses clins d’oeil ou sa mise en scène, Scream nous rappelle avec finesse le lourd passé du Slasher. C’est par le personnage de Randy (Jamie Kennedy), le fanatique de ce sous genre, que Wes Craven et Kevin Williamson annoncent les trois principales règles pour survivre à un film d’horreur :

Numéro 1 : Ne jamais avoir de rapports sexuels.
Numéro 2 : Ne consommer ni alcool, ni drogue
Numéro 3 : Ne JAMAIS dire « Je reviens tout de suite » parce qu’on ne revient jamais.

Le film s’inspire de la tuerie de Gainesville causée par Danny Rolling, dit « l’éventreur de Gainesville ». Celui-ci a tué et violé cinq étudiantes sur le campus de la ville. Il fut condamné à mort en 1994 après avoir avoué 8 meurtres, plusieurs viols et une tentative d’homicide sur son propre père. Ces meurtres sont décrit comme étant macabres et sauvages. Cependant, c’est seulement en 2006 que Danny Rolling fut exécuté après de nombreux dossiers ouvert. Il n’exprima aucun remords et n’exprima aucune dernière réclamation. Le plus incroyable, Danny Rolling était fiancé à la romancière Sandra London, spécialisée dans les histoires de tueurs en série et anciennement petite amie de Gerard Schaefer, également tueur en série.

Le rôle principal de Sidney Prescott était tout d’abord attitré à Drew Barrymore, mais ayant déjà plusieurs projets en route, celle-ci refusa. Cependant, elle a tout de même voulu participer au film en interprétant Casey Baker, toute première victime de Ghostface à la scène d’ouverture. Elle espérait donner au public l’impression que tout pouvait arriver. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle apparaît sur toutes les affiches promotionnelles du film au premier plan, à la différence des personnages principaux.

Roger L. Jackson prête sa voix à Ghostface pour les 4 films de la franchise. Pour la petite histoire, au moment du tournage  du premier Scream, la production utilisait un vrai numéro de téléphone pour appeler les victimes. Il faut savoir qu’aux États-Unis, tout les appels sont interceptés par la police. La police contacta tout de même la production pour savoir si tout ce passait bien.

« Je ne peux pas imaginer Scream sans Ghostface … Roger L. Jackson fait un travail très remarquable, il possède  une sophistication du mal. » – Wes Craven sur le retour de Scream 4

La robe de Ghostface devait être blanche pour réellement faire penser à un fantôme, mais la production on dût changer la couleur par peur que les gens associent trop le costume aux Ku Klux Klan.

Pour le masque de Ghostface, la production avait confié à l’équipe de maquilleurs le soin de créer un masque qui fasse réellement peur au public. L’équipe voulait que ce masque se distingue des précédents Slashers. Pendant plusieurs mois, les dessinateurs et maquilleurs ont créés plusieurs prototypes, mais aucun ne plut réellement à la production. C’est par hasard, lorsque Marianne Maddelena (la productrice) faisait des repérages pour des lieux de tournage pour le film qu’elle découvrit dans une boutique d’Halloween de vieux masques. Fun World avait créé ce masque pour la saison d’Halloween de 1991/1992 et l’avait intitulé « The Peanut-Eyed Ghost ». Marianne Maddalena  l’apporte donc à Wes Craven va tenter d’obtenir les droits d’utilisation auprès de la compagnie.

Voici le modelage du 1er masque inspiré du modèle de Fun World avec quelques modification afin d’éviter les problèmes de copyright.

Wes Craven demanda à son équipe de reproduire un masque tout en utilisant le concept original, comme il le voulait. Fun World et Dimension Films trouvent un accord pour l’utilisation du masque de Ghostface. Le design est inspiré de la fameuse oeuvre d’Edvard Munch « Le Cri », mais aussi du fantôme qui apparaît dans le dessin animé de Betty Boop en 1930.

Betty Boop – 1930

Ghostface montre un visage de quelqu’un qui pleure et crie en même temps, la désigner Brigitte Sleiertin, a déclaré que le masque affiché différentes émotions : « C’est un masque au regard horrible, un regard désolé, un regard frénétique. ». Le masque de Ghostface représente le reflet de ses propres victimes contrairement au masque sans expression de Micheal Myers dans Halloween ou Jason Voorhees dans Vendredi 13 où toute l’expression passe dans le regard. Ici le masque reflète la peur exagérée des victimes, tel un mirroir.

Scream est remplit de caméos et clins d’oeil. L’un des plus remarquable est la présence de  Freddy Krueger. En effet, lorsque que Casey est au téléphone avec le tueur, ce dernier lui demande de deviner quel pourrait être son film préféré :

Casey – « Et le vôtre ? »
Ghostface – « Devinez ? »
Casey – « Oh ! Euh … Les Griffes de la Nuit. »
Ghostface – « Avec le type qui a des lames de couteau à la place des doigts ? »
Casey – « Ouais ! Freddy Krueger ! »
Ghostace – « Freddy ! oui, c’est çà ! J’ai bien aimé celui-là, ça faisait vraiment peur ! »
Casey – « Le premier oui, les autres étaient craignos !« 

Nuance évidente à Wes Craven qui réalisa seulement le premier film de Freddy, Les Griffes de la nuit. Pour continuer avec Freddy, on peut apercevoir Fred, le concierge de l’école, habillé d’un pull vert et rouge et d’un chapeau. C’est d’ailleurs Wes Craven, lui-même qui interprète ce personnage.

Linda Blair, connu pour son rôle dans l’Exorciste, fait une apparition de quelques secondes dans le film.

Notamment, plusieurs clins d’oeil affluent dans les dialogues des personnages. Surtout lors du dernier chapitre du film avec le personnage Billy Loomis (clin d’oeil au Dr Samuel Loomis dans Halloween) qui fait allusion à de nombreux films d’horreur et aux règles du Slasher.

Billy – « Mais on est tous un peu fou à notre manière… Anthony Perkins, Psychose. »

Billy – « Sang de porc, comme pour la scène du bain de sang, Carrie. »

Billy – « […] Pourquoi tu veux qu’on est un mobile, Norman Bates en avait pas lui. Est-ce que on à su qu’est ce qui avait poussé Hannibal Lecter à ce livrer au cannibalisme ? « 

Stu – « T’as fini par succomber. La vierge a été défleurée ! Tu as enfreins  la règle, tu connais la sentence.« 

Sidney – « Oh mon dieu, Randy, je croyais que t’étais mort ! »

Randy – « Normalement, je devrais mais j’ai jamais été aussi heureux d’être vierge. »

Le personnage de Dewey, joué par David Arquette, était censé mourir par un coup de poignard dans le dos. Cependant l’équipe du film à finit par s’attacher au personnage. Wes Craven décida alors de filmer deux version de la scène de fin, lorsque Dewey est retrouvé vivant et transporté à l’hôpital. Lors du montage Craven choisira finalement de faire vivre Dewey.

Le dernier chapitre du film qui se déroule dans la maison de Stu Macher fût tourné pendant 21 jours. À la fin du tournage de cette scène, l’équipe du film portait des tee-shirts « J’ai survécu à la scène 118 ! » (Numéro de scène pour la prise de vue.)

Après la sortie du premier film la demande d’identification téléphonique à triplé aux États – Unis.

Malheureusement, Scream inspira différents faits divers, autant plus morbides les uns des autres. Le cas le plus connu en France est arrivé en avril 2000 par Nicolas. Déguisé comme Ghostface, tua son père et sa belle-mère à coup de couteaux. Selon le psychologue Luc Bastide, on ne peut pas accuser un film d’être responsable du passage aux actes : « Des centaines de milliers de jeunes l’ont vu sans poignarder ensuite quelqu’un. Il existe des facteurs psychologiques et sociologiques beaucoup plus profonds et agissants. Dans ses déclarations, le jeune de Nantes a dit qu’il voulait tuer quelqu’un. C’est ça qui doit retenir l’attention. Le film a fourni à cet adolescent un scénario. ».

Le premier film a eu un fort succès et a reçu beaucoup de critiques positives. Scream remporte plusieurs récompenses telles que « Meilleur film de l’année » au MTV Movie Awards en 1997, « Meilleur film d’horreur de l’année », « Meilleur scénariste » pour Kevin Williamson et « Meilleure actrice » pour Neve Campbell au Saturn Awards. Scream ne pouvait que donner naissance à une série et inspirer un grand nombre de films dit  » Dead teenagers Movie  » tels que Souviens toi… l’été dernier, Urban Legend, Destination finale et bien d’autres. Par la suite de ce succès, Kevin Williamson et Wes Craven ont réalisé Scream 2, sorti en 1997, qui connaît à son tour un grand succès.

« La question n’est pas de savoir qui je suis, mais où je suis. »

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