[CRITIQUE SÉRIES] « Les nouvelles aventures de Sabrina, Partie 1 » – Bilan de fin de saison

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Sabrina Spellman est une adolescente presque comme les autres : elle est née suite à la relation entre un sorcier et une mortelle, ce qui fait d’elle un hybride des deux. Elle vit dans la petite ville de Greendale, élevée par ses deux tantes paternelles, Hilda et Zelda, et fréquente le lycée de la ville avec des adolescents mortels. Néanmoins, à l’aube de son seizième anniversaire, elle doit faire un choix : accepter d’être baptisée pour devenir une véritable sorcière ou renoncer à cette part d’elle pour devenir une simple mortelle. Elle va également devoir faire face à des forces maléfiques qui menacent sa famille et le monde des mortels car dans l’ombre, l’horrible Madam Satan est prête à tout pour punir la famille Spellman.

A quelques jours d’Halloween et après une série plus adulte, The Haunting of Hill House dont la critique du premier épisode est disponible ici, Netflix poursuit sur sa lancée et propose le teenage show horrifique par excellence : Les nouvelles aventures de Sabrina. Série culte des années 90, Sabrina, l’apprentie sorcière est rebooté dans un ton plus mature et adulte pour coller au relaunch effectué par l’éditeur américain Archie Comics depuis 2015. L’éditeur a déjà proposé une relecture de son titre phare, Archie, qui a abouti au show Riverdale et c’est exactement le même principe qui est appliqué à Sabrina Spellman.

Annoncée en septembre 2017 et destinée à être diffusée sur la CW (chaîne-mère de Riverdale), Les nouvelles aventures de Sabrina a finalement été rachetée par Netflix qui commanda directement deux saisons de 10 épisodes chacune. Cette partie 1 n’est donc qu’une première étape dans l’ensemble du projet. Cela se ressent clairement dans la structure de la saison. Si les deux premiers épisodes (dont est tirée la bande-annonce dévoilée il y a peu) sont conformes à ce qui était annoncé; à savoir le conflit qui couve en Sabrina entre sa nature de mortelle et celle de sorcière. Les épisodes suivants sont plus confus et proposent divers arcs narratifs qui arrivent selon les besoins. On a ainsi, outre le conflit, l’arrivée de Madam Satan, les problèmes scolaires, des démons, un procès, du harcèlement scolaire, des tueurs de sorciers et j’en passe… Cela donne un rythme étrange où certains éléments resurgissent un peu par hasard pour meubler les 10h de programme. Globalement, la nouvelle mouture de Sabrina est une copie conforme du comic-book lancé il y a 2 ans. Le générique en est d’ailleurs le meilleur exemple puisqu’il est tiré de la bande-dessinée de Roberto Aguirre-Sacasa.

Au global, on retrouve dans cette partie 1 la même structure que dans la première saison de Riverdale. On nous introduit les personnages avec une dose de mystères sur chacun. Comme dans Riverdale, aucun twist ni cliché ne nous est épargné avec moult rebondissements. On nous sort des twists à la minute avec plus ou moins de logique et de cohérence. On notera la volonté de revisiter les différents genre de l’horreur puisqu’outre la sorcellerie pure, on a le droit aux démons, au satanisme mais aussi aux exorcismes en tout genre. Chaque épisode a ainsi l’avantage d’être relativement déconnecté des autres au sens où les intrigues sont souvent conclues à la fin du même épisode. Si les scripts ne sont pas des plus inspirés (on notera que Sabrina s’en sort toujours sans trop de problème), la réalisation, elle, ne lésine pas sur les effets spéciaux. Chez Sabrina, tout est sombre, tout est brumeux, tout est mystérieux. Il y a peu de couleurs sauf dans des saturations extrêmes. Heureusement que le tout est bien rythmé et captive le spectateur l’incitant à repasser une tête pour l’épisode suivant.

Le casting de ce reboot est le point fort de la série. Kiernan Shipka (Mad Men) prouve qu’elle est une actrice sur laquelle il faudra compter dans les prochaines années. Elle incarne à la fois la douceur d’une jeune femme de 16 ans tiraillée entre deux mondes mais dévoile toute sa puissance lors des conflits qu’ils soient humains ou magiques. Les deux tantes sont génialement castées. D’un côté, on a Tante Hilda, la tante loufoque, un peu barrée, campée par Lucy Davis qui propose un jeu tout en mimiques et sons qui garantit des éclats de rire. Mais le coeur du casting réside dans deux actrices d’envergure : Miranda Otto (Le Seigneur des Anneaux) et Michelle Gomez. La première incarne Tante Zelda. La doyenne, la patronne de la famille Spellman, celle capable de lâcher une vacherie juste après avoir félicité Sabrina pour sa réussite. Elle domine les scènes où elle apparaît et permet de vraiment adorer la dynamique des épisodes. Quant à Michelle Gomez, elle retrouve un personnage ambigu comme lors de son passage au sein de Doctor Who. Elle incarne avec une classe et un jeu fou le personnage de Madam Satan. C’est un réel plaisir de voir une actrice être autant attirante et attachante alors qu’elle est censée être le Mal incarné. Viens enfin le point crucial de la série : Salem. S’il reste un chat noir, il a changé par rapport à la série des années 2000 et ses saillies cinglantes manquent cruellement à la série. Heureusement, il compense par un physique taillé pour le rôle (comme ses collègues masculins de Riverdale d’ailleurs).

Avec une demie-saison de diffusée (la suite vient d’entrer en tournage), cette mouture horrifique et 2.0 de Sabrina propose un contenu plus mature et adulte qui, s’il pêche par moment, est globalement de bonne facture et ne déçoit pas. Les fans du comic-book relancé en 2017 seront ravis de voir une fidélité quasi-organique au matériel de départ.

Les nouvelles aventures de Sabrina est disponible sur Netflix.

4

Conclusion

Adaptation fidèle du comic-book, Les nouvelles aventures de Sabrina est un show horrifique dans l’air du temps. S’il semble être du même moule que Riverdale, il ne propose pas 50 intrigues à la minute et rend l’odyssée de l’apprentie sorcière agréable à suivre. #RIPSalem

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