Entretien avec l’équipe du film Catacombes

No Comment

L’équipe du CinemaClubFR a eu la chance de rencontrer l’équipe du film Catacombes, dont notre critique est à lire ICI ! Entre anecdotes de tournage et influences du cinéma d’horreur, les acteurs et réalisateurs se sont confiés à notre micro !

Cette interview est divisée en 3 parties : les acteurs Ben Feldman et Perdita Weeks, puis les frères Dowdle, réalisateurs et producteurs.

BEN FELDMAN

 Acteur principal

ben-feldman

 

Vous êtes heureux d’avoir tourné à Paris ?

Oui, on est resté deux mois à peu près. Mais j’ai pas vraiment pu en profiter, en fait. C’est bien l’été mais quand vous tournez un film… Le soleil se couche tard, c’est génial quand vous allez à une fête ou quoi, mais quand vous vous levez à 5 heures du matin pour aller au boulot… Vous rentrez à 20 heures, vous devez tirer les rideaux et vous coucher à 22 heures… Non mais sérieusement, c’était génial de tourner ce film.

 

Combien de temps avez-vous passé dans les catacombes ?

On a beaucoup tourné dans des grottes autour de Paris. On n’a pas passé tant de temps que ça dans les catacombes. Et on est allé qu’une seule fois au-delà des limites publiques.

 

C’est flippant là-dedans, non ?

Ca dépend. Je ne suis pas d’une nature à avoir peur des choses. Déjà, je ne crois pas aux fantômes et à ce genre de trucs. Et j’avais confiance, si Legendary et Universal nous laissaient aller là-bas… Après oui, c’est très claustrophique là-dessous. A la limite, c’est plus flippant parce que c’est un vrai labyrinthe. Vous pouvez vous y perdre très facilement si vous allez trop loin. Du coup, il faut bien rester groupé, près des gens. C’est plus pour ça que c’est un peu effrayant. Il y aussi le côté où la surface est plusieurs mètres au-dessus, il faut ramper, marcher dans l’eau, il fait très froid. Dans ce sens, c’est un peu flippant. Pour des raisons pratiques, on va dire.

 

Catacombes As Above so below

Qu’avez-vous aimé dans cette histoire ?

Vous savez, c’est un film d’horreur, qui est censé faire peur. Et je déteste les films d’horreur ! Et pourtant, c’est mon troisième (Cloverfield, Vendredi 13 ndlr) mais celui-ci était vraiment excitant à faire. Il est basé sur des faits réels, vous trouverez tout sur Wikipédia. L’histoire de Nicolas Flamel (un alchimiste français du 14eme siècle), l’histoire des catacombes… C’était vraiment passionnant à faire. C’est ce qui est cool dans le film. Je suis un nerd donc j’ai un peu fouillé tout ça, en plus.

Je pense qu’un film est encore plus cool quand vous pouvez apprendre quelque-chose de lui. Personnellement, je m’ennuie quand c’est juste une histoire de maison hantée où on chasse un fantôme. Alors oui, il y a des fantômes mais c’est plus ancré dans le passé. Le passé des personnages mais aussi le passé de Paris, avec une histoire d’alchimiste etc…

 

Qu’est-ce que vous avez préféré sur ce tournage ?

Les repas ! La nourriture française est tellement meilleure qu’aux Etats-Unis ! Et le vin et la bière… On peut même en boire au milieu de la journée ! C’est tellement fun. L’équipe fait son boulot et à midi, ils sont là avec leurs cigarettes et leurs verres de vin. Je n’avais jamais vu ça. Et après ils retournent au boulot. Donc la nourriture et le fait de pouvoir dire que Paris a été notre maison pendant deux mois, l’été dernier. Ce furent les deux meilleures choses de ce tournage.

 

Y’a t-il des points communs entre vous et votre personnage ?

Oui… Ca a été assez facile de m’identifier à lui. C’est peut-être pour ça d’ailleurs qu’ils m’ont choisi. Quand j’entrais dans une pièce, mes réactions étaient assez similaires aux siennes. Quand on tournait, j’étais un peu celui qui disait « attendez, regardez ça… C’est l’histoire de la France, regardez ce que ça veut dire, pourquoi ça a été enterré… » Mon personnage pensait pareil. C’est un nerd lui-aussi.

 

Vous avez déjà tourné dans Vendredi 13, maintenant Catacombes… et vous n’aimez pas le cinéma de genre. Vous n’aimez pas vous faire peur au cinéma ?

Non, c’est ça le pire. Je n’aime pas les films d’horreur ! Je trouve ça ennuyeux. C’est étonnant car j’ai vraiment aimé faire ce film par contre. Je ne pensais pas dire ça un jour. Je pense que si j’aime celui-ci et pas les autres, c’est que, pour moi, le cinéma d’horreur c’est une caméra qui secoue et des acteurs qui hurlent. Et c’est tout. Là, il y a un peu plus que ça. Il y a une dimension psychologique, ça parle des cauchemars, de ce qui se passe dans votre tête, sur l’histoire de cet étrange endroit que sont les catacombes…  C’est pourquoi il est intéressant à voir et c’est pourquoi j’ai apprécié de le tourner.

 

Catacombes As Above so below

C’est vrai, le film est un peu différent car il ressemble plus à une sorte de film d’aventure horrifique, avec un petit côté Indiana Jones…

Exactement et c’est ce que j’ai adoré chez lui. C’est un peu un croisement entre Indiana Jones et Dan Brown. Vous savez, mon expérience sur Vendredi 13 se résumait à une affaire de seins et de marijuana. Vous voyez, c’était très différent. C’est une saga légendaire qui a amusé des gens pendant plusieurs décennies mais là, c’est un autre type de cinéma. C’est peut-être parce qu’il est différent que je l’aime, je pense.

Vous pensez que le public américain de ce genre de films sera plus effrayé par le côté found footage avec la caméra qui secoue, les acteurs qui hurlent… ou il sera sensible à toute la partie historique et l’atmosphère ?

Les deux, je pense. Je pense que personne ne va voir de films de found footage juste pour voir un film de found footage. Je pense que c’est de plus en plus difficile avec le temps d’effrayer le public. C’est aussi difficile que de le faire rire. L’horreur et la comédie sont des genres très similaires pour ça. Parce qu’ils fonctionnent tous les deux sur le principe de la surprise. Etre plus réaliste, faire moins « film artificiel », c’est là que le found footage intervient. Ce film sonne vraiment très réaliste.

 

Pouvez-vous nous parler du métier d’acteur ? Les longues journées de travail etc…

Ca dépend des projets sur lesquels vous bossez. Ce tournage a été exténuant parce que vous hurlez, vous courrez pour sauver votre peau… Et ça, toute la journée. Et vous pleurez, vous êtes couvert de sang, d’eau, il faisait très froid… Et vous vous traînez parterre, pas de salles de bain… C’était épuisant, même si les journées de tournage étaient plus courtes car en France, la journée de travail est plus courte. En tout cas, je méritais mes heures de sommeil le soir. 

 

Quel est votre plus grand rêve, maintenant ?

J’ai une série télé qui arrive et je suis très excité. J’espère que le public va suivre. Ca s’appelle A to Z, c’est une série NBC qui va arriver cet automne. Ce sera de la comédie romantique (l’histoire d’un couple, Andrew et Zelda et leur relation racontée de A à Z ndlr). Je suis très heureux de faire des choses différentes. J’ai ce très bon film d’horreur et en même temps, de la comédie romantique. Et je viens de finir Mad Men, la combinaison de tout ça est géniale pour moi, je m’ennuierai sinon.

 

Ca a dû être très émouvant les adieux à Mad Men, non ? (la dernière saison sera diffusée entre 2014 et 2015 ndlr)

Oui, ça l’a été pour tout le monde. Certains ont travaillé dessus pendant presque dix ans. Ce fut très émouvant et fun à la fois. Un très beau moment.

PERDITA WEEKS

 Actrice principale

LE VOL DES CIGOGNES perdita weeks

Quel est votre sentiment vis-à-vis de ce film, Catacombes ?

Il est génial. Le tournage a été très fun, très épuisant aussi mais super. On a passé plein de bons moments. Quand j’ai rencontré John Erik et Drew Dowdle, j’ai tout de suite eu une vague idée de comment allait être le tournage. Ce sont mecs supers et qui se marrent pour un rien. On ne s’est jamais ennuyé, on rigolait tout le temps. 

 

Votre rôle fait un peu penser à une sorte d’Indiana Jones au féminin ou de Lara Croft…

Ca a toujours été un rêve absolu pour moi de jouer un jour Lara Croft. Clairement, ce film est ce qui m’aura permis de m’en approcher le plus. Il y a des passages qui sont presque des hommages. Mais jouer ce personnage un peu à la Indiana Jones ou à la Lara Croft, c’était vraiment génial.

C’est votre deuxième film d’horreur après Prowl, vous aimez avoir peur au cinéma, vous aimez le cinéma de genre ?

Heu… A vrai dire, je regarde peu de films d’horreurs parce qu’il ne m’en faut pas beaucoup pour avoir peur. Pour tout vous dire, rien que quelqu’un qui me taperait sur l’épaule par derrière même en plein jour, je sursaute alors… Le truc avec le cinéma de genre, c’est qu’après un tournage, vous vous dites que vous avez vraiment mérité votre salaire ! Ca demande un vrai jeu d’acteur, c’est très intense. Vous devez aller chercher des émotions très profondes au fond de vous. C’est difficile mais aussi très intéressant.

 Catacombes As Above so below

Il y a quelque-chose d’intéressant dans votre personnage. On a parfois dans les films d’horreur, des femmes fortes mais votre personnage lui, est surtout obsédé par sa quête. Pouvez-vous nous dire comment vous la voyez ?

La première fois que j’ai lu le script, j’ai tout de suite trouvé très clair pourquoi elle veut se lancer dans cette quête risquée et illégale où elle met en danger les personnages qui l’accompagnent dont l’un est peut-être l’amour de sa vie. Mais elle y va quand même. Elle est autoritaire. Tout l’opposé de moi !

 

Avez-vous des points communs avec votre personnage de Scarlett ?

Je sais pas trop. Elle est vraiment autoritaire, ambitieuse et plutôt cool. Moi, je crois que je suis plutôt gentille… humaine… Mais la relation que vous voyez à l’écran avec Ben (Feldman), c’est un peu la relation qu’on avait en dehors. Ben est quelqu’un de facile à vivre.

 

Quel a été votre moment favori sur le tournage ?

Oh, c’est quand il a fallu nager sous les tunnels. A ce moment-là, je me suis dit : « Je suis vraiment Lara Croft ! ». Mais tout le tournage a été assez fun, on bougeait, il fallait taper dans des murs eu autres, y’avait des choses qui nous tombaient dessus etc… Il y a une scène d’explosion aussi, c’était assez excitant à tourner.

 

Vous pourriez être une James Bond Girl même !

Vous imaginez… Je dirais « oui » direct. J’adorerai ça, être une James Bond Girl… Faire « oooh James… » et tenir un revolver.

 –

JOHN ERICK DOWDLE

Réalisateur

Drew Dowdle

Producteur

John Erick Dowdle3

Tout d’abord, je ne vous remercie pas. J’habite à Paris et à cause de vous, je vais devoir déménager maintenant que je sais ce qu’il y a sous mes pieds, dans les profondeurs des catacombes. C’est hors de question que je reste ici, je repars avec vous aux Etats-Unis !

(Rires). En effet, on est désolés. Tout le monde va dire ça !

 

Comment s’est fait le choix de qui allait produire et qui allait réaliser ?

Drew Dowdle : Ca s’est fait très naturellement en fait. On a des personnalités très différentes.

John Erik : Je crois que comme je suis l’aîné, ça a tout réglé ! (rires)

Drew Dowdle : Il est devenu réalisateur et moi producteur. Déjà enfant, il avait tous les temps des idées folles, il s’en allait de la maison, il construisait des trucs dans le garage ou dans les bois… On a des backgrounds différents à l’école. John a fait une école de cinéma, moi de commerce donc quand on a décidé de faire des films ensemble, nos passés ont joué.

 

Vous avez déjà fait des films d’horreur donc vous n’avez pas été dépaysés avec celui-ci. Vous aimez particulièrement ce genre ? Quels sont les films qui ont nourri votre passion ?

John Erik : J’adore le genre. Nous aimons faire des films intenses, des films où une fois chez vous, vous allez vous demander ce que vous auriez fait dans cette situation. Notre inspiration vient de films comme Shining, L’Echelle de Jacob, Rosemary’s Baby, La Malédiction etc…

Drew : Les films avec lesquels nous avons grandi en fait. L’Exorciste… Ce qui est bien, c’est qu’avec l’horreur, vous pouvez être très graphiques, très étranges… Vous pouvez faire des choses qui, en dehors du genre, seraient considérées comme arty ou prétentieuses. Le genre lui, est un cinéma assez fun.

Catacombes behind the scenes

Une anecdote sur le tournage ?

D : J’aimerais vous parler d’événements surnaturels, mais il n’en est rien (rires). Ce qui était drôle c’était de prendre notre repas, par manque de temps, dans les catacombes. Nous étions là, à manger dans cet endroit bizarre..

 

D’un point de vue technique, était-ce un cauchemar de filmer dans les véritables Catacombes ? Pas de lumière, pas d’espace…

JE : Ca l’était, c’était fou. Pas de toilettes, d’électricité… Pour aller faire ses besoins il fallait grimper 6 étages d’escaliers alors tout le monde se retenait. Les talkie-walkie ne marchaient pas non plus, tout comme les téléphones. C’était difficile d’installer les cables, les moniteurs… D’autant plus qu’il y a beaucoup de personnes sur un tournage (le mixeur sonore, l’opérateur caméra…). C’était un gros casse-tête mais c’était fun. Parfois on se disait « Oh c’est trop petit pour filmer, c’est problématique… » mais tout de suite on s’exclamait « Nous tournons DANS LES CATACOMBES ! C’est un luxe ! » (rires). Mais bon, c’était vraiment difficile.

D : Ca nous a pris 7 ans pour mener ce projet de film à bout donc nous en sommes plutôt fiers.

 

La narration du long-métrage nous rappelle les vieux films comme l’Exorciste

DD : On aime le principe de commencer une histoire lentement pour mieux développer et mieux baser l’histoire au tour des personnages avant de développer la réelle intrigue.

 

J’espérais que vous alliez parler de La Malédiction (The Omen) et de l’Exorciste, mais vous étiez tous les deux trop  jeunes pour voir ces films au cinéma.

DD : Nous ne les avons pas vus au cinéma, mais vraiment très jeunes à la maison.

JE : Nous l’avions vu à la télévision. J’ai vu La Malédiction quand j’avais 6 ans.

 

Catacombes

Pourquoi vous avez décidé de parler de cette histoire, très intéressante, à travers l’expérimentation du found-footage ?

JE : Vous savez il y a beaucoup d’outils à travailler pour donner un genre de found-footage, comme les gros-plans, les lumières. On voulait garder l’espace, qui était restreint. On voulait rendre la chose vraiment réelle, du genre documentaire, on voulait la rendre vraiment intéressante.

: Oui, quand vous regardez le film la seule lumière vient des acteurs comme leur lampe de poche ou un flash. On ne voulait pas de supplément.

JE : Il y avait très peu d’espace, c’était compliqué pour les gros plans. On a rarement fait beaucoup de prises à cause de l’espace manquant. On a fait avec ce qu’on avait.

D : On ne voulait pas rendre la chose trop surnaturelle mais plutôt réaliste, avec beaucoup de techniques.

 

Comment l’idée vous est venue ?

D : C’est un genre d’idée hybride.

JE : On voulait créer un genre d’Indiana Jones avec une femme leader. Quelque chose d’intimidant dans les plus petits détails pour un plus gros impact pour ce genre de film.  À la base on avait une idée bien précise, toute autre. Mais on se demandait ce qu’on allait faire avec ça, on voulait un film complètement différent :  la veille de lancer la pré-production, on était là à se demander ce qu’on allait faire. Puis un cadre de Legendary nous a appelés pour nous dire qu’il aimerait un film sur les catacombes de Paris. On a développé l’idée en se demandant si ça allait passer auprès des producteurs. Heureusement tout s’est bien passé

 

 N’est-ce pas une idée délirante d’agir comme ça dans l’industrie actuelle du cinéma, est-ce une bonne chose ?

JE : Ça dépend du degré de folie

: On voulait une véritable histoire, une mythologie avant d’y apporter des faits surnaturels. On ne voulait pas de film avec des créatures ou de chose comme ça.

JE : Vous savez, c’est 5 jeunes coincés dans les catacombes, on voulait faire quelques choses qui ont une signification, qui nous tiennent à cœur.

 

Pas de fille blonde ? (stéréotype de film d’horreur)

JE : Non, pas de fille blonde. On voulait une fille blonde, puis lui mettre des lunettes et oh, elle est intelligente.

:  On cherchait plutôt quelqu’un de chaleureux et intelligent à la fois. Qu’il y ait une alchimie avec l’histoire.

Un grand merci à Universal Pictures France & Londres ainsi qu’à Cyril de Kamden de nous avoir permis d’interviewer l’équipe du film, et merci à ces derniers pour leur naturel et leur franchise lors de cette rencontre exceptionnelle.
Interviews par Nicolas et traductions de Charline, Nicolas & Vincent.

Balance ton commentaire

Back
SHARE

Entretien avec l’équipe du film Catacombes