Le Bilan de La Nuit du Fantastique 2015

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Le vendredi 2 Octobre dernier, plus de 250 personnes étaient présentes au Cinéville de Rennes (Bretagne) dans la plus grande salle du cinéma, quasiment complète, afin de pouvoir vivre la tant attendue Nuit du Fantastique, ou NUDUF pour les intimes. Organisée depuis maintenant quelques années (où ont été projetées notamment Zombie Ass, The ABCs of Death ou encore The Taint.), elle fait office de soirée détente avant le festival Court-Métrange, organisé par la même équipe, qui se déroulera à Rennes du 15 au 18 Octobre prochain et dont vous aurez également un compte-rendu ici-même.

Pour la Nuit du Fantastique de cette année, la programmation a été légèrement adoucie par rapport aux précédentes éditions et les films proposés sont plus “mainstream”, bien que je n’aime pas cette appellation. Ils n’en restent pas moins tout aussi efficaces puisque qu’on nous avons pu assister à la projection de L’Echine du Diable de Guillermo Del Toro ainsi que du premier épisode de la saga Freddy, Les Griffes de la Nuit, réalisé par le regretté Wes Craven. Mais ça n’était pas tout car l’équipe de Court-Métrange nous a aussi proposé entre ces deux films une sélection de courts-métrages estampillés “What The Fuck” pour maintenir le public en forme, ainsi que différents concours/quizz pour gagner des goodies du festival, des DVD et pour un heureux chanceux le pass VIP Court-Métrange, lui permettant d’assister à toutes les séances du festival gratuitement et librement, plutôt sympa!

Mais assez de présentations, place à la séance ! 

salle-nudufL’arrivée des premiers spectateurs dans la salle du Cinéville.


Pour commencer la soirée en beauté à 22h30, nous avons pu découvrir ou re-découvrir L’Echine du Diable, 3e film de Guillermo Del Toro. Dans ma critique récente de Mimic (que vous pouvez lire ici), je disais qu’on y distinguait les balbutiements du style si particulier de Del Toro mais ici on a affaire à son film de la confirmation, celui où son univers est pleinement exploité et retranscrit à l’écran. A l’instar de Cronos (son premier film) et de Mimic, Guillermo va encore une fois réactualiser un genre qui lui tient à cœur: Les films de fantômes. De plus il va y intégrer un contexte historique cher à son univers à savoir la guerre civile Espagnole, qu’il réutilisera quelques années plus tard dans son autre film fantastique phare : Le Labyrinthe de Pan.

Après le visionnage de L’Echine du Diable, on s’aperçoit que l’horreur est finalement assez peu présent, surtout dans sa seconde partie, pour privilégier à la place une ambiance baroque très intrigante, à mi-chemin entre l’aspect survie en temps de guerre et le côté fantastique, avec le fantôme qui hante l’orphelinatl’unique lieu du récit. Ainsi, c’est grâce à ce mélange d’univers que l’on comprend le message et surtout la question que veut faire passer le réalisateur au spectateur  : Qui est le véritable monstre ? Le fantôme ou l’humain ?

Le jeu des acteurs renforce d’ailleurs grandement ce questionnement (à commencer par Eduardo Noriega qui joue Jacinto, un personnage majeur du film) et le fait que l’histoire soit avant tout vue par l’intermédiaire des jeunes enfants (tous très talentueux) nous met dans un esprit d’ignorance, de curiosité, de découverte et donc de doutes que cela soit par rapport au contexte assez dur auquel ils doivent faire face mais également par rapport au mystère entourant le fantôme, qui se dévoile peu à peu à travers des séquences de frisson très bien mises en scène et stressantes. (et le tout sans aucun jumpscare, ce qui est assez rare pour être souligné !)

En bref, L’Echine du Diable est la véritable confirmation du talent de son réalisateur qui nous offre ici une oeuvre à l’atmosphère flippante et à l’univers travaillé qui mérite amplement le coup d’oeil, comme tout le reste de la filmographie de Del Toro. Très certainement un de ses films les plus personnels, en particulier grâce à sa thématique globale et grâce à sa simplicité efficace.

lechine-du-diable« L’Echine du Diable »

Après cette première projection dans une ambiance conviviale, petite pause avant le 1er jeu concours permettant de gagner différents cadeaux du festival tels que des t-shirts, des invitations pour une soirée spéciale et une affiche de l’édition de cette année. Quelques gagnants plus tard, on enchaîne avec une compilation de 5 courts-métrages, dont deux qui nous ont été présentés en exclusivité avant le festival à savoir L’Ours Noir et Subotika.

Mais avant cela, on peut parler des petites vignettes “Bigshot“ réalisées par Maurice Huvelin (qui nous a d’ailleurs fait l’honneur d’être présent parmi nous durant toute la soirée), produites par France Télévisions, et projetées avant chaque programme de cette nuit. Nous avons donc pu découvrir trois épisodes : Big Horror, Big Fantasy et Big Porn qui ont su convaincre la salle grâce à son concept minimaliste mais imaginatif. Des petits dessins animés très sympathiques et astucieux mélangeant toutes sortes de références assez drôles et que je vous conseille d’aller voir à l’adresse  suivante : http://bigshotseries.com/.

notre-dame-des-hormones« Notre Dame des Hormones »

On nous avait promis du WTF et ce qui est sur, c’est que dès le 1er court-métrage, nous avons été servi avec le bien-nommé “Notre Dame des Hormones”. Fable complètement timbrée réalisée par Bertrand Mandico nous présentant deux actrices décidant de répéter leur script en foret, et qui vont trouver une étrange créature qui va devenir un objet de disputes entre les deux femmes. Et autant le dire tout de suite : l’aspect “nanar” de l’oeuvre est totalement présent ! Entre les couleurs flashy, les décors en carton, le doublage TRES approximatif, les dialogues plus que douteux et les séquences barrées, on a le choix, et le public est rentré dedans dès le début avec de très grands fous-rires devant ces dialogues débiles et ces situations dérangeantes. Toutefois, après 10/15mn, l’ambiance est retombée car le tout semblait trop long et la lassitude se faisait ressentir, mis à part quelques moments assez drôle évidemment. Un film plus court lui aurait certainement permis d’être plus efficace au lieu de traîner en longueur comme cela à été le cas ici. Dommage, mais toute fois une sacrée bonne énergie dans son début.

Décrire le second court métrage, Chigger Ale, sans passer pour un fou est juste impossible. Si je vous dit qu’on y voit un Hitler noir, nain, fan de Beyoncé qui se fait victimiser par toutes les personnes qu’il croise, je doute que vous ne me preniez au sérieux. C’est pourtant exactement ce qui se passe dans ce film qui a tout de même été en sélection officielle du festival de Locarno, et réalisé par The Mysterious Fanta Ananas (A mon avis, c’est un pseudonyme, mais je suis pas sur…). Et ce dernier s’en donne à coeur joie en faisant vivre à son Min-Hitler des événements complètement absurdes comme par exemple cette scène dramatique où on le voit se découper une nouvelle moustache en papier crampon car on lui a volé sa précédente dans la rue, le tout dans une ambiance “serious business”… J’ai besoin d’en rajouter ? J’en doute fort.  Bref, c’est n’importe quoi, ça finit n’importe comment, la caution “WTF” est officiellement approuvée !

autumn-harvest« Autumn Harvest »

Ce qui est moins le cas pour le 3e court, Autumn Harvest de Frederik S. Hana. Qu’on soit clair, le court métrage en lui même est extrêmement bon et surtout extrêmement bien filmé, mettant en scène un pécheur décidant de tuer toutes les personnes qui s’aventurent sur sa plage après qu’une mystérieuse femme en noir le lui a ordonné. Le problème du film n’est pas son indéniable qualité, car ses plans sont magnifiques et la teinte de noir-et-blanc est très bien rendue, mais c’est que je n’ai réellement compris la raison de la présence de celui-ci dans cette compilation “décalée”, d’autant plus que le métrage est très contemplatif mais surtout muet ! Si une bonne partie de l’audience était un peu assoupie (il était déjà 2h30 du matin), Autumn Harvest a sûrement du les endormir mais fort heureusement le prochain les a réveillé et pas qu’un peu… L’Ours Noir.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : le court-métrage franco-belge écrit et réalisé par Méryl Fortunat-Rossi et Xavier Seron est une véritable pépite d’humour noir. En toute honnêté, je crois que cela faisait très longtemps que je ne m’étais pas autant marré devant un film que devant celui ci, qui nous montre le destin de 5 amis se baladant dans le parc naturel de l’ours noir et où ils vont devoir survivre à celui-ci à l’aide de différentes règles à respecter dictées par la voix-off. En plus de bénéficier d’une photographie nous plongeant dans un univers de conte pour enfants, le film nous offre de grands moments de fun avec des effets gores exagérés et une grosse dose de délire total, à commencer par le fameux ours noir représenté par… un costume de nounours. Et ça ne se limite pas qu’à ça, avec une grande succession de scènes tordantes qui ont plié la salle de rire, et cela ne m’étonnerait pas que le duo de réalisateurs (que j’essayerais d’interviewer lors du festival Court-Métrange) se soient inspirés de comédies hilarantes telles que Shaun Of The Dead ou encore les chef-d’oeuvres des Monty Python tant l’humour décalé du court est typiquement anglais.
Si vous allez un jour à un festival le diffusant, je vous oblige à aller le voir, c’est un véritable bijou qui vous fera mourir de rire pendant 15 petites minutes. J’ai déjà hâte de voir les prochains projets du duo !

lours-noir« L’ours Noir »

Et pour terminer cette petite sélection, nous assistons à la deuxième exclusivité de la soirée : Subotika, court-métrage suisse de Peter Volkart. Déguisé en une fausse pub d’agence de tourisme, le film nous propose de découvrir le pays reculé de Subotika, de ses différentes villes, de sa culture et de ses activités. L’idée en elle même est très imaginative (d’autant plus que la pub et l’univers reprennent les codes rétro des années 20/30, comme ont déjà pu le faire entre autre les jeux videos Fallout ou Bioshock) mais l’exécution est assez mal orchestrée, à commencer par des effets spéciaux très limites, qui rajoutent certes à l’aspect vieillot de la pub, mais nous fait dire immédiatement que tout cela est faux et cela créée un effet désagréable à l’oeil. On se lasse également assez vite car le rythme est plutôt lent et on s’ennuie ferme. J’applaudis toutefois l’idée qui mériterait d’être exploitée avec des moyens plus conséquents et avec une vraie histoire.

3h du matin, nouvelle pause avant la dernière ligne droite : Un autre jeu concours permettant cette fois de gagner divers BD, des DVD ainsi que le fameux Pass VIP Court Métrange. Des questions un peu plus compliquées cette fois (comme par exemple, estimer le bodycount total de Jason Voorhees) mais toujours une bonne humeur présente dans l’audience malgré le sommeil qui guette…

concoursUn des concours organisés par l’équipe de Court-Métrange.

Et aucun autre film n’aurait été plus adéquat que le film culte Les Griffes de la Nuit, premier épisode de la saga mettant en scène le croquemitaine Freddy Krueger et qui a permis à Wes Craven (à qui les principaux animateurs de la soirée ont rendu hommage) de révolutionner le mythe du slasher au cinéma, après avoir réalisé les films-polémiques La Dernière Maison sur la Gauche et La Colline A Des Yeux. Pour cette projection-hommage, le film nous a été diffusé en version remasterisée et une chose est sure, ça claque. J’avais été habitué à la vieille version DVD des années 2000 et redécouvrir ce film dans cette qualité sur grand écran change vraiment tout, surtout au niveau du traitement des couleurs.

Malheureusement, la remasterisation ne peut pas faire de grands miracles et on sent que le film a pris un léger coup de vieux depuis sa sortie en 1984, notamment sur sa bande son, qui fait quand même un petit peu kitch avec ses effets sonores qui prêtent à rire. Mais malgré tout, on ne peut s’empêcher d’y trouver un certain charme dans ce film, comme une sorte d’héritage de cette époque, que cela soit au niveau des goûts vestimentaires des personnages (le t-shirt ultra court de Johnny Depp en a fait rire plus d’un dans le public) mais surtout des effets spéciaux, qui demeurent toute fois assez efficaces lors des meurtres tous vraiment créatifs, qui nous plongent en plein cauchemar.

Et puis évidemment, comment parler de ce film sans mentionner la prestation excellente de Robert Englund, qui s’amuse comme un petit fou derrière son maquillage à torturer les rêves de ses victimes, pour notre plus grand plaisir ! Les autres acteurs demeurent excellents également, en particulier Heather Langenkamp, jouant Nancy, l’héroïne principale, bien loin des clichés que l’on pouvait retrouver à l’époque dans de nombreux films d’horreurs, les Vendredi 13 en tête.

Malgré ses légers défauts dû à son âge, Les Griffes de la Nuit reste un classique à voir absolument et qui même encore aujourd’hui demeure une référence absolue dans l’histoire des slashers. Un immanquable ! 

les-griffes-de-la-nuit« Les Griffes de la Nuit »

La soirée s’est donc terminée vers 5h30 avec un café et un petit-déjeuner chaleureusement offert par l’équipe de Court-Métrange afin de clôturer une soirée riche en frissons et en WTF le tout dans une ambiance très agréable et super fun qui fut pour moi une super bonne expérience pour ma première “NUDUF”.
Je tiens à surtout remercier l’équipe pour leur gentillesse, leur bonne humeur et pour m’avoir permis d’obtenir une accréditation et une chose est sure : Vous pouvez compter sur moi pour l’année prochaine !

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