La Nuit Gore, le marathon sanglant

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Après la nuit du slasher en mars dernier, le PIFFF continue de faire frémir les cinéphiles du genre en leur présentant quatre films, dont une surprise, lors d’une nuit consacrée au GORE. Jambes arrachées, têtes qui s’envolent et autres doigts qui se brisent sont le menu de cette soirée particulièrement sanglante. Voici un petit résumé de cette NUIT GORE.

Une cinquantaine de personnes entre dans l’une des salles du cinéma Gaumont Opéra Capucines située à Paris. Certains arborent fièrement leur tee-shirt à l’effigie de leur film préféré, Orange Mecanique, Evil Dead, Shaun of the Dead… d’autres se sont déguisés pour l’occasion. À l’écran, une image tirée du film Street Trash se découvre, c’est le premier film de la longue nuit qui nous attend.

Après la présentation de la nuit par Fausto Fasulo, le rédacteur en chef du magazine Mad Movies et Cyril Despontin, le délégué général du PIFFF la soirée peut enfin commencer.

Avant chaque film (en version originale, sous-titré français), un court-métrage est projeté. Le premier est Staplerfahrer Klaus de Stefan Prehn et Jörg Wagner. Tourné comme une vidéo éducative destinée à la sécurité au travail, le court-métrage allemand a fait rire toute la salle de par son absurdité décomplexée et son efficacité grotesque.

Le premier film de la soirée est Street Trash de Jim Muro.

Street Trash est le film gore par excellence, mélangeant à la fois l’absurdité grotesque des exécutions et d’une « décomplexisation » de son message. Même si le scénario n’est pas sa qualité première, on s’amuse et c’est tout ce qui compte.

Fred et Kevin sont deux adolescents paumés qui vivent dans une décharge, au royaume des clochards. Par misère ou méchanceté, tous ceux qui gravitent autour du bidonville leur en veulent et essaient d’avoir leur peau, sans compter un alcool frelaté qui transforme les buveurs en une flaque de bouillie jaunâtre.

Le second court-métrage est Treevenge de Jason Eisener. L’idée est totalement originale et le résultat est hilarant. C’est Noël et la famille américaine traditionnelle se rend en ville afin d’acheter le fameux sapin de Noël tant adulé par les enfants. Mais les sapins vont se rebeller et vont se venger de la torture qu’on leur a infligée durant tant d’années.

Le second film reste encore, selon moi, le long-métrage le plus controversé du cinéma d’horreur. Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato est la quintessence de l’alchimie entre l’épouvantable réalité (de vraies exécutions d’animaux) et la maîtrise parfaite des meurtres fictifs. De plus, Cannibal Holocaust est le premier film found-footage, il nous est très difficile de faire la différence entre le vrai et le faux. Film politique sur la violence à la télévision, Cannibal Holocaust est, sans aucun doute un film à ne pas mettre entre toutes les mains.

Une équipe de journalistes composée de trois hommes et une femme se rend dans la jungle amazonienne à la recherche de vrais cannibales. Bientôt, la troupe ne donne plus aucun signe de vie. Le gouvernement américain décide alors d’envoyer une équipe de secours sur place. Celle-ci retrouve, grâce à une tribu amazonienne, les cassettes vidéos de la première équipe, qui renferme le terrible secret de leur disparition…

Le troisième court-métrage s’appelle Open Love Letter de Jérémie Périn. Il est un peu spécial, car c’est le cadeau offert à sa copine lors de la Saint-Valentin. Une manière très étrange de célébrer la fête des amoureux. C’est très court et très efficace.

Les suspicions autour du film-surprise ont été très présentes durant la soirée/nuit. Certains, dont le rédacteur en chef du blog, ont cru à une avant-première du film The Green Inferno. Quelques cinéphiles ont également pensé au film culte Braindead, mais le secret a été bien gardé, car nous avons eu le droit à la projection du film Ichi the Killer de Takashi Miike

Un chef de gang a disparu, ainsi qu’une énorme somme d’argent qu’il avait en sa possession. Ses hommes se mettent à sa recherche, pensant d’abord à un coup d’une bande rivale. Mais ils découvrent rapidement que c’est un tueur professionnel qui se cache derrière toute cette affaire.

Plaisir de souffrir, joie de procurer la douleur, ce film est le meilleur du réalisateur japonais. Basé du manga d’Hideo Yamamoto, Ichi the Killer lie à la fois scènes sanglantes et scènes burlesques.

Après trois films et sept heures de diffusion, il nous fallait un film alliant le gore et le déjanté. C’est là qu’Evil Dead 2 fait son apparition. Dernier film de la nuit gore, le film de Sam Raimi est l’opposition du premier opus sorti six ans auparavant. Fortement inspiré des cartoons des années 80, Evil Dead 2 a connu une censure particulièrement dure en Grande-Bretagne. Pourtant le film n’est qu’une succession de gags plus ou moins efficaces, plongeant le spectateur dans un univers totalement graphique et comique.

Dans la cabane, Ash découvre un magnétophone où un message est enregistré par Raymond Knowby, un archéologue renommé. L’écoute du message par Ash réanime les esprits maléfiques de la forêt…

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En résumé : Après nous avoir concoctés de très belles nuits (Les 40 ans de Mad Movies, la nuit Rob Zombie et la nuit du Slasher), le PIFFF nous a déçus de par son absence de réelles surprises annoncées (que des courts-métrages ?) et de par sa programmation surprenante. On aurait aimé revoir Braindead sur grand-écran ou assister à une avant-première comme les précédentes nuits. L’ambiance a été le point fort de cette nuit, une bien belle réunion de famille entre fans du genre et ceux qui le sont devenus grâce à ce marathon.

La fondatrice du blog LA FILMOSAURE était également présente à cet événement. Voici son compte rendu :

Un clochard aviné au regard ahuri est soudain pris de convulsions. Eructant des sons gutturaux et quasi inhumains, il fond sur lui-même tout en expulsant ce qui semble être de grandes quantités de substance gluante et colorée. Ses chevilles fondent et ses jambes se détachent des pieds restés au sol. Street trash est aussi crade que ses antihéros et pousse le gore, si ce n’est à son summum, tout du moins à un niveau de dégoût psychologique intéressant : nous en haïrons chacun des personnages. Un choix original (bien qu’absolument détestable) mais étrange de la part de l’organisation de La nuit gore qui a semblé ne pas savoir sur quel pied danser concernant sa programmation.

Quatre films d’horreur très différents les uns des autres s’enchainent, mêlant le culte au méconnu du grand public, entrecoupés de courts-métrages presque plus intéressants que leurs grands frères. Street trash fait place à l’immense Cannibal Holocaust, OFNI devenu référence qui se bonifie à chaque visionnage mais entretient le malaise d’année en année. A l’origine même du véritable found-footage, respectant à 100% les codes du genre, l’œuvre la plus célèbre de Ruggero Deodato brouille la frontière entre le snuff-movie et le simple film gore, avec de véritables massacres d’animaux à l’écran et des effets spéciaux à couper le souffle qui lui ont valu d’importantes polémiques dans les années 80. Le tout rythmé par une bande originale dérangeante qui achève de nous pousser à nous recroqueviller sur notre siège en priant que la suite soit un peu plus fun.

Le troisième film étant vendu comme « surprise », nous espérions avoir affaire à une avant-première (payer 20€ pour voir quatre films qu’on peut se procurer en DVD et que la plupart des aficionados de ce genre de nuits ont déjà vus, ce serait dommage), mais la déception est grande lorsqu’on nous annonce que ce sera Ichi the Killer. La salle réagit peu ; et il n’y aura ni acclamations, ni applaudissements à cette annonce. Heureusement, la petite perle férocement jouissive de Takashi Miike réveille une salle léthargique qui commence à ressentir les effets de la nuit – il est 3 h du matin. De tortures en massacres, baignés d’un humour noir irrésistible, l’adaptation du manga de Hideo Yamamoto entraîne ses passionnants personnages dans des situations tantôt loufoques, tantôt d’une casse extrême. Tadanobu Asano est grandiose en Kikihara, la véritable vedette d’Ichi the killer.

Abreuvés de café gratuit pendant les pauses – mais pas une seule goutte d’eau durant une dizaine d’heures –  les spectateurs férus de gore finiront au lever du jour avec le cultissime, surestimé, vu et revu Evil Dead 2. Difficile de tenir jusqu’à 7 heures du matin avec un film visionné déjà cent fois.

En résumé, il est vrai que malgré son prix assez bas, La nuit gore s’est peut-être survendue. Les « surprises entre chaque film » s’avérant être de simples courts, et le « film-surprise » se révélant ne pas être une réelle surprise, il y avait un sentiment de déception malgré la qualité des films proposés. La soirée étant organisée par le Paris International Fantastic Film Festival (PIFFF), référence du genre dans la capitale, l’attente était probablement trop forte pour une nuit sympathique mais somme toute assez lambda.

Heureusement, comme tous les événements de ce type, La nuit gore était l’occasion pour les curieux de renforcer leur culture cinématographique du gore, avec une mention spéciale pour Treevenge. Génialissime court-métrage plein d’humour, Treevenge dénonce la déforestation à l’approche des fêtes et orchestre la revanche des sapins qui massacrent sans vergogne familles et bûcherons responsables de leurs malheurs.

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