FEFFS 2017 – Jour 5 et 6 : Un jour sans fin, du spiritisme et un chien

No Comment

Suite à quatre jours extrêmement remplis en matière de films phares (Ça et Laissez Bronzer Les Cadavres en tête), il était temps de se poser un petit peu avant les grosses attentes qui nous attendent pour la fin du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg ! Un carnet de bord plus court qu’à l’accoutumée mais malheureusement remplie de déceptions.

A Day de Cho Sun-ho

Des histoires à base de boucle temporelle, on en a déjà vu des tas et des tas, le classique de la comédie Un Jour Sans Fin en tête. Mais là où le film de Cho Sun-ho tente bien de se démarquer, c’est dans la manière dont cette même boucle est montrée et surtout traitée. Tout commence par un médecin mondialement reconnu qui, alors qu’il était sur le point de retrouver sa fille pour se faire pardonner après son absence de deux ans, assiste impuissant à un accident qui va causer la mort de celle-ci. C’est alors qu’il découvre qu’il va devoir revivre cette journée en boucle, à moins qu’il ne réussisse à sauver sa fille des griffes de la mort.

Jusqu’ici, la trame à l’air très classique mais tout commence à s’emballer lorsque l’on se rend compte qu’il n’est pas le seul à être piégé dans cette boucle temporelle. Dès lors, il va devoir faire équipe avec ces autres personnages afin que chacun puisse atteindre son « objectif », tout en n’empiétant pas sur le destin d’un autre. Très honnêtement, l’idée de base du film est assez intelligente et cette imprévisibilité rend le film plutôt plaisant à suivre. Néanmoins, on se rend très vite compte (dès le début en fait) que ces efforts sont malheureusement gâchés par une tentation de trop vouloir aller dans le mélo-drame familial à la limite du mielleux.

Alors que de nombreux autres films sud-coréens ont su traiter la thématique de la famille sans virer dans le niais, dont le chef-d’oeuvre The Strangers, A Day lorgne trop vers cette voie, notamment à cause de la fille de notre héros principal, qui se révèle être très très vite insupportable pour le spectateur. On peut toutefois louer au film sa durée courte (à peine 1h30) et certains twists ingénieux, ce qui fait que l’on arrive à tenir jusqu’au bout sans trop s’ennuyer ferme. Disons plutôt un ennui poli. Loin des grands classiques du cinéma sud-coréen, A Day reste un film plaisant à regarder si l’on a envie de découvrir toujours plus de cinéma de cette contrée.

Note finale : 2,5/5

A Dark Song de Liam Gavin :

D’un postulat simple (une femme faisant appel à un démonologue afin de pouvoir entrer en contact avec son fils décédé), A Dark Song était en réalité une sorte de défi pour Liam Gavin : Réaliser un film de spiritisme effrayant, le tout sans aucun jumpscare. L’idée est parfaitement louable (et témoigne d’une profonde fatigue des réalisateurs pour ce procédé facile et sur-utilisé) et tourner le film dans une maison perdue au fin fond de l’Irlande avait de quoi intriguer, même pour les personnes difficilement impressionnables par ce genre d’horreur.

Au final, on se retrouve un petit peu coincé à la sortie de la salle. On constate en effet que de nombreux efforts ont été réalisés pour travailler l’ambiance le plus possible, notamment grâce à ses deux seuls et uniques acteurs vraiment très convaincants, mais on en arrive au même problème que tous les films à base de spiritisme : Si l’on n’est pas effrayé par ce genre de choses, le temps va paraître interminable. Le plus ironique dans l’histoire est qu’on en vient presque à espérer la présence de jumpscares impromptus afin d’avoir enfin le sentiment de craindre quelque chose mais (mal)heureusement, le réalisateur tient sa promesse jusqu’au bout.

Plutôt que d’assumer à fond son idée du 100% non-jumpscare, il aurait mieux fallu privilégier un mélange plus léger entre les deux, à l’instar de It Follows qui savait doser ses jumpscares mais qui misait avant tout sur l’atmosphère et des cadrages assez incroyables. Mais encore une fois, si vous êtes facilement effrayés par le spiritisme et que les esprits sont votre bête noire, alors il y a de fortes chances pour que A Dark Song vous terrifie bien comme il faut. Comme on dit, il en faut bien pour tout le monde.

Note finale : 2/5

Bitch de Marianna Palka :

Une femme à l’état animal, une critique du monde patriarcal et de l’American Way of Life, le tout avec un certain cynisme… Pas de doute, Bitch avait tout pour être le digne successeur de The Woman de Lucky McKee, sûrement l’un des films les plus définitifs de cette décennie. Mais Bitch n’est en réalité qu’un véritable calvaire à suivre. Comme mentionné plus tôt, le film parle donc d’une femme à l’état animal et ici, il s’agit de la mère d’une petite famille américaine typique mais qui, après que ses nerfs aient complètement lâché, décide d’agir littéralement comme un chien, ce qui va bien entendu semer le trouble dans la vie de famille.

Le problème principal de Bitch est que justement, The Woman est déjà passé par là et abordait ce sujet de manière beaucoup plus frontale et dure, pour relever une vérité d’autant plus difficile à voir (comme l’hérédité de la violence). Mais dans le film de Marianna Palka, tout est aseptisé, à commencer par sa violence inexistante (quelle soit physique ou psychologique), ce qui fait que le sujet et son sous-texte est traité avec beaucoup trop de légèreté. Alors que le film souhaitait critiquer le fait que le père ne faisait rien dans la famille à part se moquer de sa femme, la seule « punition » qu’il récolte est de devoir amener les enfants à l’école et de s’occuper d’eux, montré de la même façon qu’on le verrait dans une comédie américaine lambda.

De plus, à aucun moment les agissements des personnages (tous plus insupportables les uns que les autres) ne sont jamais remis en question et on ne va jamais ouvertement les critiquer pour ce qu’ils sont, ce qui achève une fois encore son sous-texte soit-disant provocateur. Enfin, l’humour du film n’est absolument pas fait pour ce style et ce qu’il veut représenter. Plutôt qu’un humour noir grinçant, on se retrouve avec un humour régressif, avec un montage insupportable et des personnages qui ne font que crier TOUT LE TEMPS, nous laissant juste avec un sentiment de gêne, mais pas dans le bon sens du terme.

Bref, oubliez Bitch et foncez plutôt (re)voir plutôt The Woman. Vous passerez un bien meilleur moment, promis.

Note finale : 1/5

Comme vous avez pu vous en apercevoir, ces deux jours ne furent pas de grand qualité pour la sélection de cette année (ce qui explique le faible nombre de films présentés ici). Mais rassurez-vous, le meilleur arrive (on l’espère) avec des films très prometteurs comme Double Date, Dave Made A Maze et même quelques petites rétrospectives très sympathiques, dignes du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg !

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