Entretien avec Anonyme, auteur du Livre Sans Nom

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Il est l’auteur le plus mystérieux du monde. Les théories les plus folles circulent à son sujet. Alors que son septième opus – Bourbon Kid – arrive en librairie le 21 septembre, il a répondu à nos questions pour essayer de percer le mystère Anonyme… (link to the english version)

CINEMACLUBFR : QUE POUVEZ-VOUS NOUS DIRE SUR VOTRE SEPTIÈME LIVRE; LE SIXIÈME METTANT EN SCÈNE LE BOURBON KID ?

Anonyme : En France, il s’appelle tout simplement Bourbon Kid* mais il contient tout les personnages ayant survécu au précédent opus – Le Pape, le Kid et l’Iroquois – et d’autres personnages issus des tomes précédents comme Sanchez, Flake ou encore Beth. C’est probablement le livre le plus dingue que j’ai écris jusqu’à présent. Il y a des surprises assez barrées et de nouveaux vilains comme les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse et Caïn, le premier psychopathe meurtrier de l’Histoire. Je ne peux en dire plus sans gâcher la surprise.

Tout a commencé avec la publication de votre manuscrit sur Internet. Quand avez-vous commencer à écrire cette saga ?

J’ai écris le premier chapitre du Livre Sans Nom le 1er janvier 2004. Ce fût le tout premier chapitre à faire intervenir le Bourbon Kid. Je n’arrivais pas à déterminer comment l’intégrer dans l’histoire donc j’ai écris 50 chapitres de plus avant qu’il ne revienne. Je pense que c’est ce qui fait que les lecteurs l’apprécie : il était un personnage tellement mystérieux qu’il était difficile de dire de quel côté il se trouvait.

Je suis extrêmement associable et être anonyme est cool !

Pourquoi une mise en ligne au-lieu d’un éditeur traditionnel ?

Chaque éditeur a qui j’ai envoyé le script l’a rejeté. Donc je me suis auto-publié et cela a commencé à se vendre en ligne. Après avoir vendu quelques milliers de copies, j’ai recontacté les éditeurs qui m’ont à nouveau tous rejeté. Mais un autre auteur m’a lu et m’a recommandé à son éditeur. Bien que celui-ci ne publie que des biographies et des livres d’humour, il a aimé mon roman et a misé dessus. Je pense qu’il a pris la bonne décision.

Pourquoi l’anonymat ?

Je suis extrêmement associable et être anonyme est cool !

Du fait de l’anonymat, différentes théories circulent sur votre identité. On relève pèle-mêle Quentin Tarantino, Robert Rodriguez ou même le Prince Charles. On a même évoqué David Bowie ou un collectif. Pouvez-vous confirmer que vous n’êtes qu’un et que pensez-vous des différentes identités qu’on vous prête.

Clairement, je ne suis qu’une seule personne. Et au cas où personne ne l’aurait compris, je ne suis certainement pas David Bowie. Toutes ses théories sont flatteuses cependant. Je peux comprendre la raison pour laquelle le Prince Charles resterait anonyme s’il avait écrit mes livres : sa mère le tuerait si elle le surprenait s’exprimant comme je le fais.

Le succès étant croissant, n’avez-vous pas envie de révéler votre identité ?

Je pourrais révéler mon nom et pour une journée, cela serait fun mais le lendemain, je voudrais redevenir anonyme. Mon plan est donc de rester dans l’anonymat jusqu’à la veille de ma mort qui devrait être le 16 avril 2048.

L’anonymat rend-il une adaptation au cinéma plus difficile ?

C’est assez compliqué pour les producteurs de cinéma de contacter mon agent. Mais les gens du spectacle sont très tenaces. J’ai rencontré les producteurs travaillant sur Le Livre Sans Nom et la bonne nouvelle est qu’ils ont une bonne approche du projet. Si tout se déroule comme prévu, le tournage pourrait démarrer l’an prochain.

Ma plus grand source d’inspirations était le réalisateur Tony Scott.

Il y 3 ans, nous avions fait un article autour de l’arrivée de Psycho Killer dans les salles obscures via la maison de production de Tobey Maguire. Qu’en est-il de ce projet ?

Au-départ, les producteurs avait prévu de l’adapter en film puis ils ont change d’avis et partaient sur une format de série TV. Mais, actuellement, il semblerait qu’il n’en sera rien ce qui est dommage car je pense qu’il ferait un film super fun.

Le cinéma est une part majeure de vos écrits. On lit des récits qui vont du policier au western aux films de genre et aux actionners Quels sont vos inspirations en terme defilms ?

Mes plus grosses influences sont des scénaristes comme Aaron Sorkin, Shane Black, Quentin Tarantino, Brian Helgeland et Sylvester Stallone. Les gens rigolent toujours quand je cite Stallone mais si vous analysez son travail, il a écrit des dialogues assez impressionnants et a créé Rocky, l’un des meilleurs personnages du cinéma. Mais ma plus grand source d’inspirations était le réalisateur Tony Scott. L’une des choses les plus importantes que j’ai appris de lui est de faire confiance aux spectateurs/lecteurs. Il pouvait vous montrer tout simplement deux hommes se tenant sur le toit d’un immeuble et vous laissez deviner comment ils ont atterris là. Personne n’a besoin de les voir monter les marches.

Avez-vous eu peur à un moment dans l’écriture du Livre Sans Nom – votre premier roman – que ce mélange des genres soit un handicap à la publication du livre ?

J’était absolument certain lors de la rédaction que les éditeurs allaient le rejeter et, bien évidemment, ils l’ont fait. Mais je me souviens de ce moment vers le milieu  du livre où j’ai décidé d’y ajouter des vampires. Pendant un bref instant, je me suis dis que si je faisais cela, je ne serai jamais publié. Puis je me suis rappelé que j’essayais d’écrire quelque-chose d’unique et d’original donc je suis passé outre et je l’ai fait.

L’humour est fortement présent volontairement ou non, un moyen de surprendre le lecteur ?

Sans humour, mes livres ne fonctionnerait pas aussi bien. Une grosse partie de l’humour vient du fait que les personnages évoquent l’absurdité de ce qui se passe. Bien souvent, si vous avez des éléments illogiques dans l’histoire, cela aide que les personnages le reconnaissent. C’est un élément que Quentin Tarantino maîtrise parfaitement. Dans Reservoir Dogs par exemple, Mr Pink n’arrête pas de répéter que le gang est stupide de rester dans l’entrepôt alors que les policiers vont arriver d’un moment à l’autre. Si Mr Pink n’insiste pas sur ce point, les spectateurs trouveraient cela stupide d’être encore dans l’entrepôt. Mais du fait du dialogue, ils rigolent du fait qu’il soit autant embêté par la stupidité des autres personnages.

Je me suis rappelé que j’essayais d’écrire quelque-chose d’unique et d’original donc je suis passé outre.

Tout vos héros ont des pseudos, Bourbon Kid, Psycho Killer… Un contre-pied à votre anonymat et aux multiples identités qu’on vous prête ?

Je pense que tout le monde devrait avoir un alias. Cela vous permet de vous évader et d’être une personne différente pour un moment. Vous pouvez vous comporter différemment selon l’identité choisie. Mais, pour en revenir au Bourbon Kid et à Psycho Killer, quand je les ai introduit pour la première fois, il y avait du mystère vis à vis de leur véritable identité. Et le mystère est ce que les lecteurs recherchent avant tout.

Vous êtes présents sur les réseaux sociaux. Un moyen de rester en contact avec vos fans et d’influencer votre écriture ?

Oui cela est le cas jusqu’à un certain point. Le retour de Sanchez a été demandé par beaucoup de lecteurs car il était absent des derniers tomes. J’ai toujours voulu le faire revnir mais cela m’a conforté dans mon idée de savoir que beaucoup de mes mecteurs l’attendait. Bien évidemment, on ne peut pas toujours donner au lectorat ce qu’il souhaite dans la mesure où il faut le surprendre même si la surprise leur déplairat comme en tuant leurs personnages favoris…

Avez-vous l’envie d’écrire voire même réaliser votre propre film avec votre style ?

J’ai écris quelques éléments dans le scénario du Livre Sans Nom et ce fut très plaisant. Les scénaristes ont fait du bon boulot avec ce script. Et même si j’adorerais écrire mes propres scénario, pour le moment, je me concentre sur les livres. Et qui n’aimerait pas diriger un film !

Pensez-vous abandonner le Bourbon Kid ou Psycho Killer pour créer un autre personnage ?

Après chaque livre mettant en scène le Bourbon Kid, je me dis toujours que j’écrirai plus jamais sur lui et quelques mois/années plus tard, une idée surgit et je débute l’écriture d’un nouveau livre. La seule façon d’arrêter d’écrire sur ces personnages serait de les tuer.

En quoi l’idéologie de l’anti-héros est-elle importante pour vous ?

J’ai toujours trouvé que les anti-héros étaient plus intéressants. Je me souviens avoir vu Mad Max 2 en vidéo quand je devais avoir dans les 10 ans. J’étais surpris à la première vision car je ne comprenais pas pourquoi Max rechignait autant à aider les gentils. J’ai été tellement fasciné par cela que je n’ai pas arrêté de le revoir pour essayer de le comprendre. Donc quand j’écris un livre et que les héros sont en danger, je trouve cela plus intéressant de faire intervenir le tueur de la saga Halloween plutôt que Captain America car il ne va pas se faire chier à attendre que les méchants tirent en premier.

Je trouve cela plus intéressant de faire intervenir le tueur de la saga Halloween plutôt que Captain America.

Pourquoi ne pas avoir fait de récits avec une héroïne?

C’est comique car après Le Pape, le Kid et l’Iroquois, beaucoup de lecteurs m’ont contacté pour me dire que Jasmine était leur personnage favori. Et dans un certain sens, elle est le personnage principal du roman : elle apparaît dans plus de chapitre que le Bourbon Kid et L’Iroquois combinés et a le plus grand nombre de cadavres à la fin. Mais dans chacun de mes livres, je mets en scène un groupe de personnes. Pas un seul personnage, homme ou femme, a l’histoire pour lui tout(e) seul(e).

D’autres récits avec le Bourbon Kid sont-ils à prévoir ?

Tout deux reviennent dans le nouvel opus qui sort le 21 septembre. Après ça, je n’en suis pas certain…

*Tous les romans d’Anonyme sont édités aux éditions Sonatines

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