5 films sous-estimés à voir, à découvrir ou à revoir

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Comme vous le savez probablement déjà, chaque année, des magazines ou encore des sites spécialisés dans le septième art effectuent des classements qui sélectionnent les films les plus emblématiques du cinéma. Ces palmarès ont pour objectif de mettre en avant les chef-d’œuvres à ne pas manquer dans la vie d’un spectateur ou d’un cinéphile en devenir.

Les films d’horreur, qui représentent un genre bien à part dans le milieu cinématographique, ont même leur propre palmarès, allant de L’Exorciste de William Friedkin, à Shining de Stanley Kubrick ou encore Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, pour ne citer qu’eux. Mais si vous pensiez avoir fait le tour de tous ces films ô combien réputés, ce dossier est fait pour vous.

Dans cet article, nous mettrons en lumière cinq films sous-estimés, bien trop souvent mis de côté et absents de ces genres de classements, qui mériteraient d’être davantage connus du grand public.

1) The ChangelingL’Enfant du Diable (The Changeling) réalisé par Peter Medak.

The Changeling

Un compositeur, dont la famille vient de mourir dans un accident de voiture, s’installe dans une maison isolée où quelqu’un ou quelque chose cherche à entrer en contact avec lui.

Sorti en 1980, The Changeling (injustement traduit L’Enfant du Diable en français) est certainement l’un des films d’horreur les plus sous-estimés qui soit et n’est malheureusement que trop peu présent dans la mémoire collective. Pourquoi ? Outre son succès très mitigé au box-office, The Changeling se fit regrettablement voler la vedette par un monument du genre, qui n’est autre que Shining de Stanley Kubrick, sorti seulement un mois et demi après ce dernier. Nul doute que le chef-d’oeuvre adapté du roman de Stephen King fit de l’ombre au film de Peter Medak.

Pourtant, celui-ci a tout d’un excellent film: une superbe performance signée George C. Scott, dans le rôle d’un père en deuil qui tente désespérément de se reconstruire, une bande-originale magistrale et surtout un scénario très efficace. Ne vous fiez pas à sa date de sortie, le film n’a en aucun cas vieilli car il ne contient que très peu d’effets-spéciaux et mise énormément sur l’atmosphère angoissante qui plane tout au long du film. Une preuve de plus qu’il n’est pas nécessaire de faire voler une personne à travers une pièce ou d’user des jump-scares toutes les 15 minutes pour faire un bon film d’épouvante. Des cris d’enfants résonnant à travers un manoir désert, des portes qui s’ouvrent, une séance de spiritisme qui vous fera froid dans le dos… Cela vous paraît plus que banal et pourtant, la mise en scène brillante du réalisateur donne un tout autre sens à ce long-métrage, qui vous donnera, j’en suis sûr, la chair de poule.

Si vous ne l’avez jamais vu, foncez !

2) L’Échelle de Jacob (Jacob’s Ladderréalisé par Adrian Lyne.

L'échelle de Jacob

Jacob Singer, un employé des postes new-yorkaises, est assailli par de nombreux cauchemars durant ses journées. Il voit des hommes aux visages déformés et se retrouve dans des lieux qu’il ne connaît pas. Jours après jours, Jacob s’enfonce dans la folie en essayant de comprendre ce qui lui arrive avec l’aide de Jezebel, son épouse.

Si l’on devrait résumer ce film en quelques mots, cela donnerait: un terrible cauchemar de 2 heures. Réalisé en 1990 par le metteur en scène Adrian Lyne (à qui l’on doit la comédie musicale Flashdance ou encore le thriller Liaison Fatale), L’Échelle de Jacob a su se créer un petit statut de film culte pour les plus férus du cinéma d’horreur mais reste bien souvent oublié des classements en tout genre et à tord. Malgré de bonnes critiques de la part de la presse, comme des spectateurs, le film eut un succès très timide lors de sa sortie en salles.

Ce long-métrage nous met face à un Tim Robbins remarquable, qui s’engouffre peu à peu dans une spirale infernale et traite un sujet lourd: le traumatisme des soldats après la guerre du Vietnam. Sublimé par une image sombre et poisseuse (la photographie du film est superbe), L’Échelle de Jacob multiplie les scènes cauchemardesques où règnent monstres repoussants et hommes sans visage. L’esthétisme de ces séquences sont d’une telle virtuosité qu’elles ont inspirées les concepteurs de la série de jeux vidéo Silent Hill. Le twist-ending du film clôture le récit avec beaucoup de brio et d’une manière on ne peut plus émouvante (une occasion de retrouver un Macauley Culkin encore jeune et innocent).
Malheureusement un remake du film fut considéré pendant un temps, voilà une raison de plus de ne pas oublier ce bijou de l’horreur.

À voir ou à revoir !

3) Les Innocents (The Innocents) réalisé par Jack Clayton.

Les Innocents

A la fin du XIXe siècle, Miss Giddens, une jeune institutrice, est chargée d’éduquer Flora et Miles, deux enfants, dans un vieux manoir. Elle découvre bientôt que ces derniers sont tourmentés par les fantômes de deux personnes décédées quelque temps auparavant…

Les années 60 furent marquées par l’émergence des productions de films d’horreur et d’épouvante (en particulier pour le cinéma américain). Psychose d‘Alfred Hitchcock, La Maison du Diable de Robert Wise ou encore certains longs-métrages avec Vincent Price ont su devenir des figures majeures du genre et de véritables références. Parmi tous ces films, arrêtons nous sur Les Innocents, réalisé par le metteur en scène anglais Jack Clayton en 1961.

Adapté de l’oeuvre d‘Henry James, La Tour d’écrou, publié en 1898, ce film est incontestablement un chef-d’oeuvre. La véritable force du film de Jack Clayton est que celui-ci démarre comme une vulgaire histoire de fantômes, pour finalement virer au thriller psychologique bouleversant. Deborah Kerr, véritable icône d’Hollywood à l’instar d’une Audrey Hepburn ou encore Lauren Bacall, livre une interprétation poignante de cette gouvernante faisant face aux comportements très étranges de deux enfants. Les Innocents peut certes vous donner quelques frissons mais c’est surtout l’ambiance pesante et malsaine qui triomphe de ce film et qui vous fera passer un excellent moment. Le long-métrage laisse à votre disposition plusieurs interprétations et des sous-textes plutôt osés, comme les fantasmes sexuels et sado-masochistes de l’ancienne préceptrice et de son amant suggérés tout au long du film (un sujet très audacieux pour cette époque). Sachez que l’excellent Les Autres d’Alejandro Amenábar avec Nicole Kidman fut directement inspiré par ce magnifique film.

Une raison de plus de découvrir Les Innocents, si vous ne l’avez encore jamais vu.

4) Un Élève Doué (Apt Pupil) réalisé par Bryan Singer.

Apt Pupil

Fasciné par l’Holocauste, Todd Bowden 16 ans et élève particulièrement brillant, se consacre à des recherches sur le sujet. Un jour il croise un vieil homme en qui il croit reconnaître l’ancien directeur du camp de concentration, recherché pour crimes contre l’humanité. Entre l’élève curieux et l’ancien nazi, d’étranges relations de pouvoir vont se nouer.

Un Élève Doué est un élément à part dans ce dossier puisqu’il ne s’agit ni d’un film d’horreur, ni d’un film d’épouvante mais il mérite bel et bien sa place et voici pourquoi: Sorti en 1998, le long-métrage de Bryan Singer (réalisateur d’X-Men ou encore d’Usual Suspects) est tiré d’une nouvelle écrite par le seul et unique Stephen King, qui raconte l’histoire de cet adolescent timide et solitaire obsédé par le nazisme. Je vous l’avais dit, il ne s’agit pas cette fois de fantômes ou de maisons hantées car le véritable monstre ici n’est autre que l’être humain lui-même. Le film se pose les questions suivantes: jusqu’où l’Homme peut-il sombrer et quelles en sont les conséquences ? Très éloigné d’un American History X ou encore La Vague, Un Élève Doué est tout à fait singulier.

L’oeuvre de Bryan Singer met en scène deux personnages incarnés par Brad Renfro (tragiquement décédé à l’âge de 25 ans) dans le rôle de Todd, un jeune garçon avide de savoir ainsi que de violence  et un Ian Mckellen (que l’on ne présente plus) en soldat SS repenti qui s’apprête à replonger dans la peau d’une machine à tuer. Hallucinations, cruautés animales, assassinats, le portrait dressé de ces deux anti-héros vous glacera le sang et vous laissera avec beaucoup de questions sur la nature humaine.

Contrairement à Shining, Misery ou encore Carrie, Un Élève Doué reste une adaptation encore trop méconnue des œuvres de Stephen King qu’il vous faut découvrir d’urgence, si ce n’est pas déjà fait.

5) Les Yeux Sans Visage réalisé par Georges Franju.

Les yeux sans visage

Le chirurgien Genessier souhaite remodeler le visage de sa fille Christiane, rendue méconnaissable suite à un accident de voiture, mais pour cela il doit effectuer des greffes de peau qu’il aura prélevée sur des jeunes filles.

Le dernier film de notre sélection et pas des moindres. Mis en scène par le réalisateur français Georges Franju en 1960, Les Yeux Sans Visage est la preuve que mêmes les films d’horreur peuvent être beaux et poétiques. La réalisation, le récit, l’interprétation des acteurs, tout y est une véritable réussite. Bien qu’aucune goutte de sang ne soit visible à l’écran et que tout soit suggéré, le film n’en demeure pas moins glauque et effrayant de par cette histoire, presque touchante, de ce père prêt à tout pour le bonheur de sa fille. Le film de Georges Franju est aussi un portrait fascinant du culte de la beauté et des sacrifices nécessaires (ou pas) pour retrouver grâce aux yeux des personnes qui vous entourent. Bien que la France soit souvent raillée pour son manque d’audace dans les films de genre, certains longs-métrages comme Les Yeux Sans Visage démontrent que nous sommes aussi capables de grandes choses en matière d’horreur et d’épouvante. Selon la rumeur, John Carpenter se serait même inspiré du masque porté par Edith Scob dans le film pour créer celui du célèbre Michael Myers dans Halloween, la nuit des masques.

Un film à ne pas oublier et visionner dès que possible !

(Bande-annonce non disponible)

Les Yeux Sans Visage

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