[CRITIQUE SÉRIE] « Dead of Summer » – 01×01+01×02

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Dead of summer

Quoi de mieux qu’un début d’été pour lancer une série horrifique à la lisière entre Once Upon a Time et Vendredi 13, avec un soupçon de Lost, et une bonne grosse cuillère de Pretty Little Liars? Le mélange ne vous inspire pas? C’est pourtant la recette de DEAD OF SUMMER, la nouvelle série Freeform (anciennement ABC Family), à qui l’on doit la navrante Pretty Little Liars citée plus haut (comme quoi tout est lié), avec, on vous le donne en mille, les producteurs exécutifs de Lost et Once Upon a Time à la barre. Pour l’instant inédite en France, et dans l’ensemble des pays francophones, le show a pourtant su attirer notre attention car, sur le papier, le pitch était prometteur.

Et le pitch, le voici: « Dans les années 1980, le camp de vacances Stillwater s’apprête à accueillir de nouveaux vacanciers pour l’été. Mais ce qui s’annonçait comme un été chaleureux va vite se transformer en cauchemar quand d’horribles événements vont venir perturber le quotidien des enfants et des animateurs ». Un camp de vacances au bord d’un lac, des gosses agités, des surveillants dans la fleur de l’âge et en quête de reproduction, le tout dans l’ambiance chaude et naïve d’un été des années 80. Le cadre est posé, celui d’un slasher bien comme on les aime, mais les intentions sont ici différentes, puisque ce cadre propre au meurtre à l’arme blanche va laisser une veine fantastique mystérieuse, proche du conte, prendre le relais et bousculer les codes traditionnels du genre.

Mais alors qu’est-ce que cela vaut vraiment? Et bien… Meh. Le constat est tiède, parce que la série ne semble s’adresser qu’à un public adolescent. Un public adolescent qui serait facilement impressionnable. Un public adolescent qui découvrirait le genre horrifique? C’est une vraie question. Pourtant l’épisode pilote était prometteur. Terriblement générique et cheap dans sa mise en scène, qui économise au maximum ses effets et évite le sensationnel comme la peste, mais soutenu par une écriture qui semble savoir vers quoi elle se dirige. L’introduction des personnages est simple, et ils remplissent, dans un premier temps, tous à merveille la fonction qu’ils sont destinés à servir dans le récit, soit une belle bande de clichés (en gros). Mais des clichés sympas, genre on se sent à la maison quoi. Cependant, le parti pris de ne fournir un background, en flashback, qu’au seul personnage de l’héroïne a vite fait de la rendre rapidement attachante, d’autant plus que l’innocence juvénile et le jeu naturel d’Elizabeth Lail (Anna de la Reine des Neiges dans Once Upon a Time), sert parfaitement son personnage. Les bases sont posées, et l’introduction du fantastique dans le récit se fait lentement mais sûrement. C’est le but d’un épisode pilote après tout, présenter un concept, des personnages, et créer un peu de mystère pour que l’on revienne la semaine suivante. Alors allons-y.

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Et là, ça se gâte. Parce que les scénaristes dessinent leurs intentions, et le schéma qu’ils semble bêtement décidés à suivre, avec un manque de subtilité et d’originalité qui plombe les bonnes idées du premier épisode. Ainsi, l’héroïne est mise de côté au profit d’un Jean-Kevin antipathique et crétin au possible, qui nous est présenté par le même fonctionnement en flashback. Sauf qu’ici, le trauma qui justifiait la présence de notre héroïne au camp, et insistait par la même occasion sur sa personnalité réservée, laisse place à une tentative foireuse de parler de xénophobie, de la Guerre Froide, et ne fait que rendre un personnage irritable encore plus détestable qu’il ne l’était au départ. D’autant plus que la double narration (événements présents/passés) ne fait que ralentir et briser le rythme du récit, tout en le désincarnant de toutes ses saillies fantastiques, qui n’ont, pour le coup, plus assez de temps pour exister. Et c’est là encore que l’un des plus gros défauts de la série fait surface: La cible étant adolescente, et américaine, il n’est pas question d’aller les secouer. Pas de giclées d’hémoglobine, de démembrements, de meurtre sauvage face caméra, et surtout, surtout, pas de sexe (même pas un bisou). Triste choix lorsque l’on a possiblement de l’or entre les mains. Finalement, la seule chose que l’on retiendra de ce second épisode, en plus de l’ennui qui s’installe et gangrène une fiesta qu’on imaginait un peu plus récréative, c’est une séquence sous acides particulièrement risible, et bloquée entre premier et second degré.

Si on (« je » en réalité, car je suis tout seul à regarder à la rédaction, pauvre de moi, j’attends vos lettres de soutien) reviendra une troisième fois au camp, c’est quasiment impossible de croire que cette série sera capable de ne pas se vautrer sur la durée. Si on ajoute à ça des audiences pas extraordinaires, le seul destin qui guette cette fausse bonne idée semble être l’annulation.

  • Episode 1 - Patience
  • Episode 2 - Barney Rubble Eyes
1.8

Conclusion

Après un épisode pilote prometteur, capable de créer une ambiance agréable et de développer un semblant de mystère, Dead of Summer s’effondre dans un deuxième épisode ridicule, long, et enfermé dans un schéma casse-gueule et prévisible. Affaire à suivre, mais on y croit plus.

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