[CRITIQUE] Zoombies, réalisé par Glenn Miller

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Zoombies

Les animaux d’un zoo sur le point d’ouvrir ses portes sont infectés chacun leur tour par un virus qui les transforme en zombies. Le staff n’a d’autre choix que de s’occuper drastiquement de la situation avant que les villes voisines voire pire ne soient touchées.

« The Asylum presents » suffit à vous faire comprendre quel film vous êtes sur le point de subir regarder. Zoombies ainsi que la majorité des productions Asylum sont ce qu’on peut appeler des nanars volontaires, pour la plus part des mockbusters dont le principe est de plus ou moins copier des blockbusters mais avec un faible budget et un aspect humoristique assumé. La victime du jour est Jurassic Park. Le réalisateur Glenn Miller a notamment travaillé sur Sharknado 2 et 4, Mega Shark vs Mecha Shark et d’autres films dont j’ai eu trop peur de checker la page IMBD. Vous l’aurez compris grâce au magnifique jeu de mots qui sert de titre que Zoombies est un film sur des animaux zombies (sans blague). Il existe déjà bon nombre de films d’horreur sur des animaux enragés mangeurs d’hommes, malheureusement il semble que pour une grosse part, ce genre de films se résume à des comédies horrifiques ou nanars, peut-être par peur de ne pas pouvoir faire un film d’horreur crédible. Pourtant, c’est un sujet qui peut être pris au sérieux, regardez Stung pour ne citer qu’un récent film d’horreur indépendant. Zoombies est un de ces films qui nécessiterait deux visionnages (aussi dur que cela puisse être), un pour remarquer les défauts propres à ce genre de production, un autre pour profiter pleinement du spectacle qui vous est offert, dans l’ordre que vous voulez.

Le film démarre comme une publicité pour l’ouverture du zoo présentée par le Dr Ellen Rogers (Kim Nielsen) dont le jeu d’actrice est l’équivalent de celui de Jennifer Aniston dans la publicité Emirates. Après ces quelques minutes de présentation, il continue dans sa lancée Nature & Découverte avec une trame musicale du type Jurassic Park ce qui installe le spectateur dans une ambiance confortable parce que le zoo c’est trop bien. On fait ensuite connaissance avec les stagiaires, nos futures victimes très caricaturales #petitestenuesexigées qui parfois agissent de manière démesurée, par exemple la fille qui ne veut pas rester avec les personnes armées jusqu’aux dents qui viennent de lui sauver la vie ou encore le bg de la sécurité qui ne veut pas prévenir la police « je suis gardien de zoo, je sais ce que je fais ». D’ailleurs les membres de la sécurité sont tellement badass qu’ils tirent sans regarder. On a connu mieux côté acting excepté peut-être la jeune actrice LaLa Nestor qui a un jeu beaucoup plus naturel.

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Zoombies est particulièrement bien rythmé grâce à montage frénétique qui lui donne des airs de film d’action. Certaines scènes trainent cependant en longueur lorsqu’ils essayent de créer de la tension. Par exemple, quand la sécurité est sur le chemin pour aller au laboratoire, le réalisateur abuse des champs contre champs pour ralentir le moment de la découverte du massacre or au début du film, il a été montré au spectateur ce qui s’est passé dans ce laboratoire c’est donc juste agaçant de voir des gens marcher au ralenti alors qu’ils sont en plus censé réagir à une alerte. Le plus symptomatique pour l’ambiance du film est la musique (bien qu’elle participe au rythme). Il n’y a pas un seul blanc pendant 1h25, chaque situation est rythmée par une mélodie en fond, c’est une preuve que le réalisateur ne sait pas comment créer un moment de cinéma sans avoir recours à la musique pour nous dicter nos émotions.

Le film ne fait pas peur et ne fait pas rire non plus. Le peu d’humour présent ne fonctionne pas, hormis le coup du perroquet qui fait le perroquet. En revanche, ce qui est toujours farfelu (surtout risible) dans ce genre de long métrage, ce sont les tentatives de philosophie. Et puis quand ça sort de la bouche d’une petite fille c’est trop mignon « ce sont les animaux qui doivent être protégés des hommes, pas le contraire ». Va dire ça à Harambe. On a également droit à la fameuse référence à Jurassic Park, ah la subtilité des séries z. Le plus drôle reste au niveau des cascades et des attaques, c’est amusant de voir un homme se débattre contre un singe en peluche en nous faisant croire qu’il se fait attaquer. Il réside également des incohérences et facilités scénaristiques trop nombreuses pour être mentionnées mais assez flagrantes pour que vous ne passiez pas à côté.

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Que serait un film d’horreur à faible budget sans des effets spéciaux cheap? Certainement pas Zoombies en tout cas. Que ce soit pour une balade en éléphants ou lorsque qu’un personnage secondaire se fait démembrer par des girafes, les images de synthèse sont ridicules. Il semble que tout le budget des effets spéciaux soit passé dans Kifo, l’esthétique du gorille zombie est la plus fidèle à celle du lion sur l’affiche (ne vous laissez surtout pas berner par ce poster). Même si le film n’est pas trop avare en meurtres, beaucoup sont hors champs (certainement à cause du faible budget) ce qui est dommage car il y avait du potentiel pour faire des morts plutôt gores avec ce concept, reste une tentative plutôt jouissive vers la fin. Les attaques animales sont quelque peu décevantes car filmées de façon épileptique ce qui n’aide pas à avoir une bonne visibilité des scènes déjà affaiblies par les effets cheap.

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