[CRITIQUE] « World War Z », réalisé par Marc Forster

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Précédé d’un bad buzz ahurissant dû à de nombreux problèmes de tournage, World War Z est enfin arrivé en salles : surprise ou déception ? Un peu des deux. Explications :

Un jour comme les autres, Gerry Lane et sa famille se retrouvent coincés dans un embouteillage monstre sur leur trajet quotidien. Ancien enquêteur des Nations Unies, Lane comprend immédiatement que la situation est inhabituelle. Tandis que les hélicoptères de la police sillonnent le ciel et que les motards quadrillent les rues, la ville bascule dans le chaos…

On peut le dire, le développement de World War Z fut chaotique : le premier script signé Joseph Michael Straczinski fut réécrit par Matthew Michael Carnahan, avant d’être peaufiné en plein tournage par Damon Lindelof et Drew Goddard (qui appelle son ami Christopher McQuarrie comme Script Doctor). Ajoutez à cela de nombreux aléas de tournage comme des désaccords entre le réalisateur Marc Forster (Quantum Of Solace) et l’acteur principal Brad Pitt, une date de sortie repoussée de six mois et plus de sept semaines de reshoots en conséquences des modifications du scénario et vous obtenez le film le plus descendu par la presse avant même sa sortie, déplorant les 200 millions de dollars de budget jetés par les fenêtres. Ne vous fiez pas aux apparences, un développement chaotique ne signifie pas forcément que le film sera mauvais !

World War Z

Les premières minutes balaient nos craintes : contrairement à de nombreux films catastrophes qui mettent un temps interminable à placer ses personnages et à installer les bases, l’invasion zombie apparaîtra au bout de 5-10 minutes. De plus, le spectateur vit cette fameuse invasion du point de vue d’une famille (pas si) banale : celui-ci permet une plus grande immersion et une meilleure construction des personnages, qui se fera en plein milieu de l’action. Exit donc le superflu : le film va droit à l’essentiel et une certaine atmosphère oppressante s’installe alors. Le rythme s’accélère très vite et une fois le danger écarté Brad Pitt voyagera aux quatre coins du monde à la recherche de l’origine de l’épidémie.

World War Z

Dès lors, le film prendra une allure radicalement différente : celle d’un tour du monde teinté de « Survival ». Les rebondissements et séquences d’actions s’enchaînent pour notre plus grand bonheur, mais un sentiment amer vient gâcher notre plaisir : celui d’assister à un scénario fourre-tout au possible. Les nombreuses idées sont là, mais leurs applications sont tellement brouillonnes (sans doute à cause des fameuses réécritures de dernière minute du scénario), que le spectateur se perd dans ce flot ininterrompu d’explications et d’action. Par conséquent, le manque de clarté du scénario, parfois trop prévisible, se répercute sur les incohérences du film, trouvables à foison (vous arrêterez de compter vos Facepalms au bout de la 30e minute). Brad Pitt de son côté, porte le film sur ses épaules avec brio vu le manque de profondeur des personnages secondaires, allant jusqu’à une scène savoureuse où Brad Pitt semble tout droit sorti de sa fameuse pub Chanel (on vous laisse la surprise, vous reconnaîtrez facilement !). La musique de Muse, élément marketing du film, se fait trop présente jusqu’à l’overdose, avec plusieurs passages du titre The Second Law : Isolated System à toutes les sauces.

World War Z

Si on salue la manière dont se déplacent les morts-vivants, plutôt inhabituelle et ressemblant à un torrent se déversant sur la foule paniquée, le design de ceux-ci est parfois décevant et trop simpliste, malgré certains clichés très bien revisités. En revanche, le côté trop « grand public » du film gêne : très peu de sang (un comble !), des massacres se situant hors champs… On sent parfois une volonté de la part du réalisateur d’oser, malheureusement bridée par Paramount qui semblait assez craintive du rendu final, (parfaitement compréhensible vu le tournage chaotique) ce qui donne des scènes d’une inégalité troublante. Le suspense propre au genre n’est pas en reste puisqu’il est bien présent, créant des scènes à la tension folle et aux hommages appuyés aux classiques du genre. Véritable déception du film, la fin maintes et maintes fois réécrite est beaucoup trop expéditive, laissant le spectateur très sceptique face à ce qu’il vient de voir…

note_star_3.5

Par @Vincent

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