[CRITIQUE – FEFFS 2018] « What Keeps You Alive », réalisé par Colin Minihan

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Jules rejoint sa compagne Jackie dans sa maison d’enfance, un chalet isolé aux abords d’un grand lac. Leur relation de couple, de prime abord idyllique, est rapidement mise à mal par la révélation maladroite d’une voisine. Peu à peu, l’une des femmes se révèle être une terrible psychopathe.

Faire un survival en 2018 est un exercice risqué et casse-gueule. D’une part car tout cheminement scénaristique propre au genre semble avoir été exploité et sur-utilisé à outrance depuis déjà bien des décennies et d’autre part car sa réussite ne tient qu’à quelques éléments devant être dosés avec une précision chirurgicale, afin d’éviter de tomber dans le sadisme malsain. Cette double problématique, What Keeps You Alive l’a parfaitement intégré et lui permet de moderniser son propos afin d’offrir ce que l’on attendait enfin de voir à ce FEFFS : Une belle surprise, une vraie.

Pour mener à bien sa modernisation, Colin Minihan (autrefois connu pour le populaire Grave Encountersprend d’abord le pari tout aussi risqué de resserrer son intrigue sur seulement deux personnages, ne leur autorisant qu’à très peu d’occasions un contact avec l’extérieur et permettant ainsi de développer la relation d’amour puis de haine vengeresse qui unit nos deux protagonistes. Cette dramaturgie minimaliste mais très bien utilisée permet d’ajouter une brutalité supplémentaire aux coups portés tout au long du film, ne reculant devant rien en matière de gore et de situations douloureuses.

Mais là où What Keeps You Alive sait se montrer ingénieux, c’est qu’il ne tombe jamais dans des schémas prévisibles ou même forcés. Prenant le soin d’éviter minutieusement toute idée préconçue vis-à-vis des survival, le film ne se moque jamais de son spectateur et échappe même au poncif de la victime aux réactions irrationnelles (dieu merci), Colin Minihan ayant la présence d’esprit de la rendre au contraire de plus en plus combative à mesure que son enfer se prolonge vers des travers insoupçonnés.

Comme une sorte de version étendue du final de Haute Tension, What Keeps You Alive est une véritable et très agréable surprise dans une sélection qui laissait jusque-là sur notre faim. En plus de se montrer étonnamment angoissant, le film peut également se targuer de disposer d’une superbe photographie et d’une réalisation extrêmement classieuse et ingénieuse, magnifiant constamment son décor ainsi que ses éclats sanglants et sachant toujours taper là où ça fait mal. Vous auriez sincèrement tort de vous priver d’un tel défouloir-surprise et jubilatoire, qui plus est à la visibilité LGBT+ toujours bienvenue.

What Keeps You Alive
4

Conclusion

Malgré son postulat potentiellement risqué sur le long terme, What Keeps You Alive est un spectacle brutal, prenant, magnifique visuellement, angoissant et surtout, qui arrive à toujours surprendre dans un domaine du survival tout plus prévisible et cliché. Notre coup de cœur du festival.

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[CRITIQUE – FEFFS 2018] « What Keeps You Alive », réalisé par Colin Minihan