[CRITIQUE] Underworld: Blood Wars, réalisé par Anna Foerster

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Underworld: Blood Wars suit la chasseuse de lycans Selene face aux agressions brutales des clans lycans et vampires qui l’ont trahie. Avec ses seuls alliés, David  et son père Thomas, elle doit mettre fin à la guerre sempiternelle entre les deux clans, même si cela implique pour elle de faire le sacrifice ultime.

La première chose qui frappe dans ce cinquième volet de la franchise vampiro-lycantesque de Screen Gems, c’est qu’elle reprend un peu bêtement quelques tics détestables de son autre saga « concurrente », celle des Resident Evil. Que ce soit bien clair s’il vous plait: En 2017, faire une séquence d’ouverture en flashbacks commentés en voix off par le personnage principal, afin de résumer l’ensemble des films précédents, ce n’est plus tolérable. C’est presque un aveu d’échec, comme si personne ne croyait en la capacité des films à marquer les spectateurs avec une histoire un minimum travaillée. Et c’est surtout hyper pénible, et redondant, pour ceux qui , comme moi, ont bien les épisodes précédents en tête. Une bonne séquence d’action visant à iconiser de nouveau les personnages serait une bien meilleure façon de se replonger dans le bain. Mais soit. Au-delà de ce détail un peu tristounet, on se consolera en se disant, qu’au moins, Underworld ne massacre aucune franchise vidéo-ludique célèbre.

Délesté de son papa, le décrié Len Wiseman, ce cinquième épisode ne perd pas de temps pour se lancer vers des horizons et des ambitions différentes pour la saga, en tentant, notamment, d’élargir sa mythologie vers quelque chose de plus mystique et spirituel. Si l’idée est franchement bonne, dans la mesure où elle continue à explorer le personnage de Selene sans tomber dans la redite, son exécution au sein du récit manque de conviction. Contrairement à l’épisode Nouvelle Ère, le plus réussi de tous, qui pouvait tenir son rythme effréné grâce à une histoire simple qui ne faisait aucun écart, celui-ci part dans tous les sens sans jamais prendre le temps de développer quoi que ce soit. Des personnages majeurs y sont à peine évoqués, des événements importants sont presque balayés (quand ils ne sont pas tout simplement oubliés), et les nouveaux venus ne débarquent qu’au bon vouloir d’un scénario qui avance à tâtons, tiraillé entre une tentative de renouer avec le passé de la franchise, tout en voulant sans émanciper, et ce, sans jamais prendre le risque de marier ses idées. Les Underworld n’ont jamais prétendu être de grands films de scénaristes, mais il y a ici un vrai manque de soin, et d’ambition, dans l’écriture. On y frôle même, parfois, la frustration d’un potentiel gâché.

Le syndrome très répandu de l’épisode de trop commence à se faire sentir, bien que la réalisatrice, Anna Foerster, assure le spectacle sans avoir à rougir de ses prédécesseurs. On lui pardonnera un petit manque d’assurance et un montage un peu trop cut, premier film oblige, puisqu’elle emmène avec elle quelques bonnes idées visuelles, et ne manque pas de panache lorsque notre brave Kate Beckinsale, plus badass que jamais, doit sortir les crocs pour tabasser vampires et lycans. C’est ici que la franchise renoue avec le plaisir qu’elle offre à ses habitués, une grande générosité à mitrailler, croquer, et trancher tout ce qui bouge, sans trop réfléchir, dans de joyeuses effusions de sang. Aux gunfights se rajoutent ici quelques combats à l’épée, dans l’esprit chevaleresque du troisième épisode, le tout dans une ambiance nordique qui, à défaut de renouveler l’identité glaciale et établie de la franchise, l’accompagne vers des décors à l’architecture inédite pour celle-ci. S’il se donne des airs de conclusion (sans doute en prévision de son score très décevant au box office américain), tout en laissant champ libre à une éventuelle suite, ce cinquième ne bouleversera donc pas la franchise. Résultat en demi-teinte, mais plaisir intact pour les convaincus.

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