Torso de Sergio Martino – Critique

Partie étudier l’art en Italie à l’université de Pérouse, la vie de Jane, une américaine, bascule dans l’horreur lorsqu’une série de meurtres commence sur le campus. Sa copine Daniela reconnaît une écharpe rouge et noire retrouvée sur une des victimes sans réussir à se souvenir de l’endroit où elle a pu la voir. La police ne parvient pas à retrouver le coupable. Jane, Daniela et leurs amies décident de partir à la campagne pour s’éloigner et être en sécurité dans une villa. Malheureusement, le meurtrier rôde autour et il est déterminé à toutes les éliminer…

Sorti en 1973, Torso (en italien : I Corpi presentano tracce di violenza carnale) est un des films emblématiques du cinéma Bis que l’on appelle Giallo : nom italien signifiant “Jaune”, sorte de thriller horrifique propre au cinéma italien et quelque peu source d’inspiration du slasher américain. Son réalisateur, Sergio Martino, dernier vivant aux côtés de Dario Argento, s’accapare l’art de la série B, tout d’abord metteur en scène de western spaghetti, de néo-polar violent et en passant aussi par le cannibalisme sous les tropiques avec le tristement célèbre et choquant La Montagne du Dieu Cannibale (1978), Martino est principalement connu pour avoir consacré la majeure partie de sa filmographie à bon nombre de thrillers sanglants qui auront marqué l’âge d’or du cinéma Bis italien avec des films comme L’Étrange Vice de madame Wardh (1971), La queue du Scorpion (1971), Toutes les couleurs du vice (1972) ou encore Ton Vice est une chambre close dont moi seul ai la clé (1972). Comme pour ses compères Argento, Fulci ou Mario Bava, ce dernier enchaîne les films derrière la caméra à une vitesse fulgurante et comme pour Joe D’Amato, réalisateur connu pour ses dérives à travers la pellicule, il offre à ses spectateurs quelques scènes torrides et érotiques. 

Le Giallo est un sous-genre spécifique au cinéma italien, il puise ses sources de petits romans policiers vendus en Italie avec leurs couvertures jaunes, Mario Bava, célèbre grand réalisateur italien s’initie à ce genre, qui mêle à la fois horreur, suspense, thriller et énigmes. Spécialisé des films d’horreur, il met en images l’un des premiers giallos en noir et blanc La fille qui en savait trop (1963) et récidive ensuite avec Six femmes pour l’assassin (1964). Ce n’est qu’en 1969 qu’un jeune cinéaste, Dario Argento tourne son premier film d’un coup de maître avec L’oiseau au plumage de cristal. Argento innove le genre, le façonne et en fait sa véritable force de cinéaste au point de délaisser le genre un peu plus tard et basculer vers l’horreur baroque avec Suspiria (1977). Des années 1970 aux années 1980, les cinéastes italiens s’accaparent le genre et tournent à leurs tours, leurs giallos, des plus sanglants aux plus violents, les cinéastes italiens abandonnent les westerns et les polars pour se consacrer au giallo italien avec et toujours la même trame principale : Un mystérieux assassin aux mains gantées de cuir qui s’en prend aux femmes, une folie meurtrière, une enquête éparsée d’énigmes, un twist final ou le tueur n’est pas toujours celui qu’on croit.

Torso narre l’histoire de jeunes étudiantes dans une petite bourgade italienne, alors que des meurtres sordides apparaissent, un mystérieux tueur sème la panique dans cette petite ville italienne au point que nos jeunes protagonistes décident de partir à la campagne en attendant que la police arrête le suspect Le tueur rôde bien entendu dans les parage, bien décidé à les tuer une par une…Comme à son habitude, l’assassin dont on ignore l’identité tout le long du film a des motivations floues, on suppose qu’il s’agit d’un sociopathe dont les traumatismes le poussent à tuer sans rancœur, équipé d’une scie à métaux, il décapite les membres de ses victimes sous les yeux de Jane l’héroïne principale du film, jeune étudiante américaine, interprétée par Suzy Kendall dont la prestation sera déjà remarquée dans le premier long-métrage de Dario Argento. Avec Torso, la violence prend tout son sens et les meurtres sanglants s’enchaînent sans laisser de répit. Le réalisateur assume sa violence et nous y insère quelques scènes d’érotisme et de nudité avec et toujours de jolies femmes aux formes plantureuses, ce sera le cas pour ses autres films.

Si le giallo est à replacer dans son conteste, à savoir celui des années de Plomb, ou l’Italie connaît de graves troubles avec le terrorisme politique,  il serait anormal de ne pas faire la comparaison avec ce qu’il deviendra plus tard : le slasher. Hitchock ayant jeté ses bases lors de son Psychose (1960) la nouvelle vague d’enfants terribles du cinéma de genre américain des années 1970-1980 s’approprieront leurs propres giallos et nous y découvrirons : un Wes Craven avec sa dernière maison sur la gauche, ses collines ont des yeux et bien plus tard Scream. John Carpenter avec son Halloween et son personnage Michael Myers, Bob Clark avec son Black Christmas ou encore Tobe Hooper et son massacre à la tronçonneuse, a priori, tous ces réalisateurs sans se cacher mais sans jamais probablement l’avoir avoué, se sont probablement et surement inspiré du giallo italien.

Torso est à priori le meilleur film de son époque et de loin l’un des giallos les plus innovants et les plus aboutis, Sergio Martino, son réalisateur nous entraîne dans l’un de ses pires cauchemars et nous offre ainsi le meilleur thriller européen.

 

Torso
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Conclusion

Torso est à priori le meilleur film de son époque et de loin l’un des giallos les plus innovants et les plus aboutis, Sergio Martino, son réalisateur nous entraîne dans l’un de ses pires cauchemars et nous offre ainsi le meilleur thriller européen.