[CRITIQUE] « The Visit », réalisé par M. Night Shyamalan

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The Visit

Deux enfants sont envoyés passer une semaine en Pennsylvanie, dans la ferme de leurs grands-parents. Mais lorsque l’un d’eux découvre qu’ils sont impliqués dans quelque chose de profondément dérangeant, leurs chances de retour s’amenuisent de jour en jour.

Après avoir essuyé plusieurs échecs critiques et commerciaux avec des blockbusters plutôt mauvais, M. Night Shyamalan est de retour avec The Visit, un long-métrage au budget minime (5 000 000 $), produit par sa propre société de production Blinding Edge Pictures et Blumhouse, à qui l’on doit les Paranormal Activity, Insidious ou encore Sinister (pour ne citer qu’eux). Fini les fantômes, les super-héros ou encore les extra-terrestres, le réalisateur décide de s’attaquer cette fois aux personnes du troisième âge avec un film qui semble revenir à ses premiers amours: le suspense et la peur.

The Visit signe t-il le retour en force de M. Night Shyamalan ? Réponse dans notre critique…

The Visit

C’est avec beaucoup d’appréhension que j’attendais ce nouveau film de M. Night Shyamalan, un réalisateur qui a bercé mon enfance et m’a offert mes premiers chocs cinématographiques avec des longs-métrages comme Signes, The Village mais surtout Sixième Sens, sorti en 1999. Inutile alors de vous préciser que j’attendais The Visit au tournant.

Il est difficile de savoir par où commencer lorsque l’on parle de The Visit, tant le film est riche dans son contenu. Pourtant le postulat de départ est assez simple mais c’est certainement grâce à cette simplicité que le réalisateur parvient à briller une nouvelle fois. On y retrouve ses sujets de prédilections, comme la famille ou l’angoisse mais dans une toute autre forme. Le metteur en scène utilise cette fois-ci et pour la première dans sa carrière, le found-footage, une méthode devenue quasi-omniprésente dans le genre horrifique ces dernières années mais qu’il parvient à utiliser avec brio et d’une façon très intéressante. The Visit prend parfois les airs d’un réel documentaire (une sorte d’épisode de Strip-Tease qui tourne au cauchemar), plutôt que d’un simple found-footage et ce, dès les premières minutes du film. Même sans une réalisation traditionnelle, on parvient à retrouver le style et l’ambiance d’un film de M. Night Shyamalan et c’est une très bonne nouvelle.

The Visit

Le ton du long-métrage est, quant à lui, totalement loufoque. On oscille sans cesse entre la peur et l’humour durant tout le film. Une parfaite occasion pour offrir aux spectateurs des scènes comiques et totalement incongrues, qui génèrent un bel effet de surprise pour la plupart et des séquences pour le moins effrayantes et surtout très efficaces. L’ambiance absurde et désopilante n’empêche pas au film de garder une certaine tension dramatique et beaucoup de subtilité lorsqu’elle est nécessaire. Le rythme du long-métrage est crescendo, le malaise s’installe doucement mais sûrement pour finalement offrir un dernier acte effrayant et très sombre.

L’un des plus gros points forts de The Visit concerne les personnages principaux et en particulier les deux jeunes acteurs, Olivia DeJonge et Ed Oxenbould, deux véritables révélations, qui portent la majorité du film sur leurs épaules. Les deux adolescents interprètent un frère et une sœur piégés au fin fond de la campagne avec beaucoup de talent et surtout beaucoup de naturel. Ed Oxenbould (Tyler) joue le rôle du petit frère et incarne le comic-relief du film (on retiendra notamment des scènes de rap plutôt hilarantes), tandis qu’Olivia DeJonge (Becca) campe un personnage à la dynamique un peu plus noire et dramatique. Du côté des grands-parents, Peter McRobbie et Deanna Dunagan réussissent véritablement à nous foutre la trouille, en particulier cette dernière, qui vous passera l’envie de voir votre grand-mère avant un long moment.

The Visit

Pour finir, que serait un thriller de M. Night Shyamalan sans son twist final ? Fidèle à l’image du film, le retournement scénaristique est surprenant et a de quoi de nous faire froid dans le dos. Cependant tout l’intérêt du long-métrage ne repose pas simplement sur cette révélation, The Visit reste à voir ou à revoir pour ses séquences burlesques et inquiétantes, une occasion aussi pour distinguer les nombreux indices laissés tout au long du film.

The Visit peut se vanter de se démarquer des autres films d’horreur sortis dernièrement au cinéma. Pendant près de 1h35, M. Night Shyamalan réussit à nous faire peur, rire et même lâcher une petite larme, un véritable ascenseur émotionnel qui doit être vu pour ses acteurs plus que convaincants et une réalisation pleine d’idées et d’originalité.

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