[CRITIQUE] « The Strangers », réalisé par Na Hong-Jin

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La vie d’un village coréen est bouleversée par une série de meurtres, aussi sauvages qu’inexpliqués, qui frappe au hasard la petite communauté rurale. La présence, récente, d’un vieil étranger qui vit en ermite dans les bois attise rumeurs et superstitions. Face à l’incompétence de la police pour trouver l’assassin ou une explication sensée, certains villageois demandent l’aide d’un chaman. Pour Jong-gu aussi , un policier dont la famille est directement menacée, il est de plus en plus évident que ces crimes ont un fondement surnaturel …

Tous les cinéphiles vous le diront : L’année 2016 fut un excellent cru pour le cinéma sud-coréen. Avec des films tels que Mademoiselle ou encore Dernier Train pour Busan, la Corée du Sud a une fois de plus prouvé qu’elle était devenu l’un des derniers pays ayant l’audace de proposer un cinéma de genre qui osait sortir des sentiers battus. Mais le troisième film de cette contrée a avoir marqué 2016, c’est The Strangers. Réalisé par le prodige Na Hong-Jin (dont nous avions déjà loué les louanges dans un de nos précédents Coups de Gore), nous ne lui avions malheureusement même pas consacré une critique lors de sa discrète sortie cinéma en juillet dernier. Cela va désormais être chose faite pour sa sortie DVD/Blu-Ray.

Résumer de façon claire et synthétique un film comme The Strangers relève de la mission impossible. Le film nous embarque dans un tel voyage halluciné et hallucinant qu’il fait partie de ce genre de métrages où l’on sort de la séance en se demandant ce qui vient de se produire devant nos yeux. Mais essayons tout de même : Nous y suivons l’aventure de Jong-gu, un policier un peu bedonnant et pas vraiment très adroit, qui va devoir enquêter sur différents meurtres, tous plus malsains et étranges les uns que les autres, se produisant dans son petit coin perdu nommé Goksung. Au fil de son enquête, il va connaître moult fausses pistes mais également de nombreuses menaces bien plus dangereuses qu’elles en ont l’air.

Malheureusement, nous ne dirons pas un mot de plus du (splendide) scénario du film, mais il est symptomatique de la créativité sans faille dont disposent actuellement les réalisateurs sud-coréens. Avec des films comme The Strangers et Dernier Train pour Busan, on a le sentiment que leurs réalisateurs respectifs ont dévoré en grand nombre du cinéma occidental durant les débuts dans l’univers du cinéma. Toutefois, eux peuvent se permettre, grâce à la liberté totale qui leur est accordée, d’aller au bout de leurs idées et de tordre complètement les règles, rien que pour poursuivre le jeu sadique qu’ils entretiennent avec le spectateur, sans jamais aller dans le too much.

Car c’est bien cela qui nous marque profondément devant The Strangers. Durant 2h30, Na Hong-Jin nous plonge dans un univers totalement décousu, riche et aux personnages hauts en couleurs et pas forcément tous amicaux. Par le biais d’une narration toujours soignée et d’une caractérisation du personnage principal extrêmement juste, on est tout aussi perdus que lui devant cet amas de fausses pistes qui se multiplient et se contre-disent. Néanmoins, le réalisateur trouve toujours le moyen de toujours plus fournir son scénario, sans jamais larguer complètement le spectateur par des procédés très ingénieux. Voilà ce qu’on appelle un scénario bien ficelé.

Mais si ce n’était que ça… Il y a bien d’autres choses à découvrir dans ce petit bijou à la frontière des genres. Si le métrage commence bel et bien comme un ersatz dans le pur style de Seven, le réalisateur casse très vite les codes en y alliant « film d’horreur ultra glauque »,  « drame familial » ou bien encore « humour absurde ». Rien que ça. C’est très précisément ce mélange qui fait que sa durée imposante passe à une vitesse impressionnante, avant de se clôturer dans un dénouement qui entraîne le spectateur dans un ultime ascenseur émotionnel, après un dernier retournement de situation qui vous brisera le cœur et vous fera perdre toute foi en l’humanité.

Alors que son précédent film, The Murderer, était très clairement décevant, The Strangers est une véritable baffe orchestrée par un Na Hong-Jin impressionnant de subtilité. Un film qui risque de devenir culte (et on l’espère) dans les années à venir et qui s’impose comme l’un des plus grands films policiers/fantastiques de ces dix dernières années. Si vous avez cherché depuis tant de temps en vain le successeur du Silence des Agneaux, ne cherchez plus et procurez vous le Blu-Ray en édition limitée dès sa sortie le 6 janvier. Vous ne le regretterez pas, on vous le promet.

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