[CRITIQUE] « The Strangers », réalisé par Bryan Bertino

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Un couple se retrouve pris pour cible dans leur propre maison, par un trio d’étrangers aux intentions douteuses. 

The Strangers est le premier film de Bryan Bertino, auteur du plus que passable found footage Mockinbird et récemment à la tête du film indépendant The Monster, toujours avec Scott Speedman qui joue le rôle du fiancé dans The Strangers. Sorti en 2008, le réalisateur a dit s’être librement inspiré de faits divers sur des cambriolages ayant eu lieu dans sa ville natale lorsqu’il était jeune mais aussi des méfaits de Charles Manson. Il prend le chemin classique du film tiré d’une histoire vraie pour apporter une dose de frayeur paranoïaque supplémentaire au spectateur. Un sequel, The Strangers 2 donc, est également prévu pour 2018.

Après des intertitres nous indiquant que le film que nous sommes sur le point de voir est inspiré de faits réels, The Strangers dresse le portrait des protagonistes principaux. Le film prend un approche similaire à celle de Vacancy -ou Motel en vf- un huit clos/hotel invasion avec Kate Beckinsale, à la limite du nanar. Le couple nous est présenté sous tension après que Kristen, incarnée par l’adulée Liz Taylor, ait refusé la demande en mariage de James, son fiancé. Par le biais de simples silences et de non dits, Bryan Bertino arrive à instaurer une sorte de malaise tout en invitant le spectateur dans un moment d’une grande intimité, créant de suite un lien de sympathie avec le couple. C’est un processus efficace pour nous faire rentrer dans cette ambiance de slow burn propre à The Strangers.

Malheureusement, Bryan Bertino prend le terme de slow burn beaucoup trop au pied de la lettre. En effet, les 20 premières minutes nécessaires à l’implication du spectateur dans ce qu’il regarde, s’éternisent pendant au moins les 3/4 du film. Alors qu’il ne dure que 1h25, The Strangers semble durer une éternité. C’est certainement l’un des plus gros reproches qu’on puisse faire au long métrage. Le réalisateur veut faire primer le réalisme seulement il ne se passe pas grand chose. Il est difficile de cerner le but réels des envahisseurs qui sont au final peu présents si ce n’est par des apparitions fortuites pour réveiller le spectateur à moitié endormi devant son écran et lui rappeler que le danger rode. Le réalisme est d’autant plus concret car on suit un couple lambda, les personnages avouent ne pas savoir ce qui les rend plus intéressants et plus crédibles que la plus part des productions du genre. Néanmoins, le film ne prend pas assez d’initiatives peut être par peur de briser ce réalisme et le tout reste plutôt soporifique.

L’ambiance du film est ce qu’il y’a de mieux dans The Strangers même si le long métrage donne l’impression au spectateur d’être un âne qui traîne derrière son bout de carotte. L’atmosphère slow burnesque tient en haleine en attendant que tout dégénère façon You’re next, mais ne vous attendez pas à voir un home invasion aussi explosif. Il est fréquent de voir des commentaires comparer The Strangers à Funny Games U.S ce qui est tout simplement idiot. Certes, les deux films tournent autour des mêmes questionnements, mais Funny Games U.S est jusqu’au-boutiste contrairement à The Strangers qui n’est pas assez rentre dedans et pertinent dans sa démarche. Il pèse une sorte de fatalité ironique sur le film de Bertino qui participe à créer cette atmosphère tendue et paranoïaque, une scène à la Rabies -un film d’horreur indépendant israëlien de 2010 pas assez salué pour son originalité- en est un très bon exemple.

La mise en scène est quant à elle excellente. L’histoire se passe en une nuit, dans une maison perdue au milieu de nul part aidant à créer la paranoïa inhérente au sous genre du home invasion et des films slow burn en général. La musique est aussi présente de manière efficace notamment lorsque la platine vinyle est utilisée car elle laisse planer une aura malsaine sur les événements qui suivent, un simple bruit permet aussi d’instaurer la peur. Bryan Bertino et les fins c’est une grande histoire, il n’y a qu’a voir celle de Mockingbird pour comprendre. Le réalisateur semble avoir un soucis à chacune de ses productions: comment en finir? En effet, The Strangers ne pouvait pas faire pire qu’avec cette fin, c’est le genre de film qui aurait du se terminer 3 minutes plus tôt pour nous éviter un screamer prévisible. C’est d’autant plus frustrant qu’il y a une séquence particulièrement ironique qui la précède et qui aurait rendu à l’oeuvre un goût de sarcasme fatidique et bienvenu.

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