[CRITIQUE – FEFFS 2018] « The Rusalka », réalisé par Perry Blackshear

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Tom tombe amoureux d’une femme mystérieuse qui nage la nuit dans un lac où un grand nombre de morts par noyade ont été signalées. Bien que cette femme quitte rarement l’eau, l’attraction entre eux est quasi immédiate. Non loin de là, un homme avide de revanche guette, persuadé que c’est elle qui a noyé son épouse.

Désormais habitué aux tournages aux budgets riquiquis, comme ce fût déjà le cas avec son premier film They Look Like People il y a trois ans, Perry Blackshear poursuit son petit bonhomme de chemin et revient à Strasbourg cette année avec sa toute nouvelle création, The Rusalka. D’un postulat tout aussi recentré que son premier essai, mais néanmoins ici nettement plus ouvert vers « l’extérieur », le réalisateur s’intéresse cette fois à la légende ancestrale qui orne son titre, sorte de version démoniaque de La Petite Sirène, déterminée à noyer tous les hommes ayant le malheur de tomber sous son charme.

Entouré de l’exact même trio de comédiens et comédiennes que pour son précédent essai, c’est un vrai esprit de sincérité, voire de fraternité qui transparaît à la vision du film de Perry Blackshear. Comme une sorte de film tourné entre amis mais où la caméra Super 8 aurait été troquée contre une RED, on peut imaginer sans mal les coulisses et surtout l’union de toute cette petite équipe réduite à travers tout le long-métrage, sur-motivée à tourner leur film comme bon leur semble avec des moyens réduits, certes, mais une liberté artistique totale.

À la manière de The Endless l’année passée, toute l’intrigue va donc se concentrer sur un groupe de personnage extrêmement réduit, dans des décors à la fois dépaysants mais également naturels, de sorte à valoriser son scénario avant-tout. Si les prémisses de l’intrigue (un jeune personnage muet tombant amoureux de cette fameuse créature maritime dangereuse) nous rappelle bien curieusement un certain film récent de Guillermo Del Toro, le traitement réalisé ici se révèle être assez différent, plus « à fleur de peau ». Ce qui peut être vu comme un pari salutaire atteint néanmoins ses limites lorsque l’intrigue s’embrouille elle-même dans les relations entre les personnages (une ironie compte tenu du faible nombre) ou encore cède à certaines facilités finales dont on aurait pu aisément se passer.

Néanmoins, The Rusalka regorge de petites trouvailles scénaristiques, mais également visuelles, sachant exactement quand user de ses ressources pour nous surprendre, tout particulièrement en matière de réalisation. Le parti-pris misant majoritairement sur la caméra à l’épaule se prête ainsi étonnamment bien à l’atmosphère, apportant à l’ensemble un cachet insoupçonné et sincère. Cette sincérité qui joue clairement dans la balance de notre appréciation du film. Nier ses défauts dû majoritairement au manque de moyens ou au manque de correction du scénario serait être de mauvaise foi, mais l’ensemble global fait que l’on passe une agréable expérience devant ce Rusalka, qui prend au moins le risque d’adopter un ton plus « auteurisant » que bon nombre de productions à base de créatures marines. Et ça, c’est toujours bon à prendre.

The Rusalka
3

Conclusion

Difficile de trouver plus faible budget que celui de The Rusalka. Pourtant, Perry Blackshear et son équipe arrivent à en sortir le meilleur et à proposer une relecture déconcertante mais intrigante d’un mythe que l’on aurait pu croire usé jusqu’à la corde.

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