[CRITIQUE] « The Mutilator », réalisé par Buddy Cooper

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Ed Jr et ses amis décident de passer du bon temps dans la résidence secondaire de ce dernier. Mais ce n’est pas sans compter sur le père d’Ed, atteint de troubles mentaux, pour qui une soirée sans un massacre meurtrier n’est pas une soirée réussie.

The Mutilator, de son titre original moins badass Fall Break, est un énième slasher des années 80 (1984 pour être précise) à l’ombre d’Halloween et autres œuvres majeures de l’époque. Réalisé par Buddy Cooper, qui est à ce jour son seul film, et son co-réalisateur John Douglass, The Mutilator est un slasher indépendant dont le faible succès est malheureusement justifié.

Comme tout bon slasher qui se respecte, The Mutilator commence par un prologue sous des airs du complexe d’œdipe. Alors que maman fait la cuisine comme toutes les mamans, Ed Jr n’a rien trouvé de mieux à faire que de jouer avec les armes de papa. Vous sentez la catastrophe arriver? Bingo, le jeune bougre tire et tue accidentellement sa mère d’une balle dans le dos. Big Ed, le père, rentre à la maison et découvre le massacre. S’en suit une séquence particulièrement glauque (pour notre plus grand plaisir de spectateur pervers) du père qui sirote un verre de whisky à coté de sa femme morte parce que la journée a été dure. Le but d’un prologue de slasher est généralement d’introduire le futur boogeyman et son mobile, il existe autant de prologues originaux qu’il existe de slashers originaux. Personnellement, le prologue est ma partie préférée (never forget Pieces) et celui de The Mutilator, malgré un jeu d’acteur à couper au couteau, vaut son pesant de cacahuètes niveau malsanité.

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Une question avant de reprendre. Si petit, disons à l’âge de 6 ans, vous aviez tué votre mère de façon accidentelle, vous seriez traumatisé même 10 ans après l’accident non? Et bien pas Ed Jr. Non, Ed Jr s’en bat les va très bien. Il a juste tué sa mère quand il était gosse mais ça va on va pas en faire des caisses, c’est la vie. Et c’est aussi une occasion bêtement ratée de faire un personnage empathique. Non pas qu’il est détestable, il est juste ennuyeux, normal, sans saveur alors que mince, il y avait de quoi faire niveau psychologie du personnage. D’un autre côté on a l’extrême opposé avec le père devenu fou suite à l’accident et qui ira même jusqu’à essayer de tuer son fils. Vous l’avez compris, le père est le tueur et rassurez vous ce n’est pas un spoiler, Buddy Cooper ne cherche pas à faire dans le mystère autour de l’identité de l’assassin. En effet, la priorité est celle du mobile: voilà ce que ça fait de rentrer de la chasse et de voir sa femme tuée par son fils. Cependant, Cooper aurait pu aller encore plus loin en approfondissant cette relation père/fils particulière même s’il s’attarde parfois sur Big Ed s’imaginant tuer son jeune fils. Le tueur est le personnage le plus approfondi, il aura même droit à une mort des plus cools et graphiquement la plus gore du film.

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Une particularité de The Mutilator est le jeu d’acteur. Que dire, c’est tout simplement magnifique. L’image ci dessus en est un parfait exemple. Les acteurs sont pour la plus part des acteurs locaux et le film étant à petit budget, Cooper n’ayant jamais dirigé, il est normal que l’acting laisse à désirer. Et pourtant, je vous assure que ça vaut le coup. S’ajoutent à ça les effets spéciaux qui ne sont pas parfaits et vous avez de quoi rire gras devant un bon meurtre des familles. Deux meurtres se démarquent particulièrement car ils ne lésinent pas sur les effets de gore, l’un des deux m’a même arraché un cri tandis que l’autre m’a fait applaudir. L’un touchait aux parties intimes l’autre non. C’est là une force de ce film, bien qu’il n’arrive pas à la cheville de The Burning et autres pépites slasheriennes indépendantes (mais il est mieux que Return to Horror High quand même, faut pas abuser), il y a un certain contraste involontaire touchant dans sa démarche. The Manipulator a beau être un premier film honnête, il subsiste des défauts notamment un scénario léger. Il manque un réel investissement pour les personnages et ce qui peut leur arriver, Buddy Cooper dira même dans une interview qu’il aurait aimé améliorer le script. Une dernière touche d’honnêteté réside dans les choix musicaux. On a droit aux sonorités de suspense classiques du sous genre mais également un sympathique thème original qui donne un air de sitcom, flagrant par les bloopers au générique, j’ai nommé Fall Break.

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Conclusion

Slasher oublié, The Manipulator n’est pas un must-see du genre mais reste amusant à regarder de par son faible jeu d’acteur et ses meurtres gentiment gores.

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