[CRITIQUE – FEFFS 2018] « The Man Who Killed Hitler And Then The Bigfoot », réalisé par Robert D. Krzykowski

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Calvin Barr, vétéran légendaire, a tué Hitler pendant la seconde guerre mondiale. Des années plus tard, alors qu’il coule des jours paisibles en Nouvelle-Angleterre, on lui demande de traquer le non moins légendaire Bigfoot, créature sauvage porteuse d’un virus mortel pouvant détruire l’humanité.

Admettez-le, vous n’avez cliqué sur cette critique qu’uniquement à cause du titre du film traité ici. Rassurez-vous, vous n’êtes visiblement pas les seuls à avoir eu cette curiosité puisque The Man Who Killed Hitler And Then The Bigfoot fût la seule séance du festival à afficher complet lors de sa séance unique, si l’on excepte les événements Cannois qu’étaient Climax et The House That Jack Built, et il y a fort à parier que beaucoup ne sont venus que grâce à son titre ô combien accrocheur. Pour autant, n’allez pas croire que le film de Robert D. Krzykowski sera un défouloir badass à base d’effets spéciaux gores et de blagues nazies à la Iron Sky puisqu’il n’en est rien. Loin de là même.

En réalité, The Man Who Killed Hitler And Then The Bigfoot peut bien plus être considéré comme un drame intimiste que comme un film de genre ou même un thriller à tendance historique. Alors que nous pouvions nous attendre au parcours d’un homme à toute épreuve, c’est au contraire un homme extrêmement fragile qui nous est dépeint ici, brillamment interprété par Sam Elliott, le cowboy de The Big Lewboski. Rongé par les regrets et par des souvenirs tenaces, enfermé dans l’anonymat, le personnage de Calvin Barr erre en ville sans véritable but précis, jusqu’à ce que cette traque du bigfoot ne le remettre sur pied pour de bon.

Si toute cette thématique surprenante nous est emballée par un aspect visuel qui, il faut le dire, force le respect pour une première réalisation, c’est malheureusement dans sa dramaturgie que le film se perd totalement. Adoptant une narration alternant récit présent et flashbacks durant la seconde guerre mondiale, le scénario se crée lui-même un rythme extrêmement bâtard qui nuit considérablement à notre envie de découvrir cette conclusion d’intrigue sans cesse retardée. De même, à aucun moment Robert D. Krzykowski n’arrive à nous faire ressentir l’émotion que l’on aurait tant voulu ressentir et qui transparaît pourtant dans le parcours de Calvin.

Il est vraiment dommage qu’avec un titre aussi mémorable et prometteur que The Man Who Killed Hitler And Then The Bigfoot, le film ne parvienne jamais à nous offrir un récit à la hauteur de celui-ci. La faute non pas à un manque de what-the-fuck ou même de gore (car après tout, tout ça n’est que secondaire) mais juste à un manque cruel d’âme et de folie, rendant la narration plate et finalement assez oubliable. On retient néanmoins de l’ensemble des images très léchées ainsi qu’un Sam Elliott impressionnant de justesse et de sincérité dans son rôle, mais tout cela nous laisse tout de même un goût amer en bouche.

The Man Who Killer Hitler And Then The Bigfoot
2

Conclusion

Prenant le pari de surprendre avec son approche dramatique sur la cruauté de la vieillesse, The Man Who Killer Hitler And Then The Bigfoot se prend les pieds dans le tapis avec un scénario morcelé et mal rythmé, n’atteignant jamais le potentiel de son titre. Triste déception pour film qui promettait tant.

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