[CRITIQUE] « The Last Girl », réalisé par Colm McCarthy

No Comment

Au fin fond de la campagne anglaise, une base militaire héberge et retient prisonniers un groupe d’enfants peu ordinaires qui, malgré le fait d’avoir été infectés par un agent pathogène « zombie » qui a décimé la planète, demeurent capables de penser et de ressentir des émotions. Lorsque la base est attaquée, Melanie, qui semble être la plus surdouée d’entre eux, réussit à s’échapper en compagnie de son professeur, de deux soldats et d’une biologiste qui ne voit en elle qu’un cobaye indispensable à la découverte d’un vaccin. Dans une Angleterre dévastée, Melanie doit découvrir qui elle est vraiment et décider ainsi de son propre sort comme celui de l’humanité tout entière.

N’ayant réalisé jusque-là que des épisodes de séries et deux films passés inaperçus en France, Colm McCarthy signe The Last Girl ; un long-métrage de zombie mêlant horreur, science-fiction et drame. Il bénéficie d’un casting inattendu, constitué de Gemma Arterton et Glenn Close dans des rôles-clés.

Le réalisateur de 44 ans expérimente pour la seconde fois le genre horrifique après son film Outcast en 2010. Effectivement c’est un artiste qui a une vision personnelle du cinéma d’horreur et tente de lui rendre honneur avec ses codes de mise en scène particuliers. Chaque scène de The Last Girl repose sur une idée visuelle ou un message intéressant. Même s’il est peut-être assez maladroit par moments, c’est un film qui a le mérite d’essayer constamment de créer et d’inventer. Le fait que ce soit un premier film et la petitesse du budget sont à prendre en compte pour être plus réceptif à la mise en scène de Colm McCarthy.

En effet, la médiocrité des effets spéciaux et les décors 3D assez simplistes auront peut-être tendance à sortir le spectateur de la tension dramatique du film. Malheureusement cela peut aussi avoir un impact sur la poésie de certaines scènes et tuer des idées de mise en scène intéressantes. Mais ce sont des facteurs secondaires qui doivent être mis de côté, étant donné qu’ils ne sont pas démonstratifs du talent du réalisateur. Car mise à part ces défauts techniques, les aspects visuels et sonores du film sont très intéressants.

Ce qui captive surtout le spectateur au cours du visionnage c’est le traitement des sons et la bande originale complètement déstructuré. Là où la plupart des productions horrifiques font un usage assez basique et décevant de la musique ; c’est un élément essentiel de The Last Girl. La BO est composée par Cristobal Tapia de Veer, ayant bénéficié d’une grande reconnaissance après son travail sur les musiques de la série Utopia. Son travail sur chaque morceau est à la hauteur de sa réputation. Chaque nouvelle note surprend le spectateur par des sonorités complètements inattendues et très singulières. Il me serait impossible de transcrire cette bande originale à l’écrit donc le meilleur moyen pour vous faire une idée c’est d’aller le voir.

La fluidité des déplacements de la caméra au sein de ces paysages dystopiques est assez fascinante. Car le réalisateur sait filmer les agencements architecturaux en ruine en proie à la végétation envahissante et les diverses nuances de couleur.

L’exploitation des genres est aussi très intéressante. Dans le sens où Colm McCarthy  se risque dangereusement à mêler le drame psychologique et le film d’horreur pour un résultat assez convaincant. Mais s’il y avait un défaut majeur à relever ça serait justement ce suivi psychologique constant de chaque personnage. Cela en devient parfois trop lourd à tendance à gâcher le propos du film.

Balance ton commentaire

Back
SHARE

[CRITIQUE] « The Last Girl », réalisé par Colm McCarthy