[CRITIQUE] « The Jane Doe Identity », réalisé par André Øvredal

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Les médecins légistes Tommy Tilde et son fils Austin ont pour ordre d’autopsier le cadavre d’une « Jane Doe », retrouvée dans une maison où a eu lieu le massacre d’une famille. Au fur et à mesure qu’ils examinent son corps, la soirée prend une tournure encore plus macabre.

Remercions tout d’abord la société indépendante de distribution Wild Bunch, déjà derrière Grave l’année dernière, sans qui The Autopsy of Jane Doe de son titre original, aurait juste connu une sortie en VOD et non en salles françaises. Quant à André Øvredal, c’est 6 ans après The Troll Hunter (un found footage fantastique) qu’il revient avec ce second long métrage plus sérieux. C’est grâce à The Conjuring que le réalisateur norvégien a eu le coup de foudre pour l’histoire de The Jane Doe Identity en voulant faire un film d’horreur qui s’inspirait du chef d’œuvre de James Wan. Ecrit par Ian B. Goldberg et Richard Naing (producteurs/scénaristes des séries Once Upon A Time et Dead Summer), TJDI faisait partie de ces scripts blackilstés à Hollywood.

The Jane Doe Identity est le genre de pari risqué qui a su compter sur de bons retours après ses passages au TIFF et à Gerardmer. Avec un prémisse aussi basique et pourtant originale dans le paysage filmique et horrifique actuel, on aurait pu s’attendre à ce que le film soit ennuyant ou alors bien trop lent pour finalement ne rien dire. L’autre risque, celui dans lequel il tombe mais de façon plus ou moins modérée, est le recourt aux clichés et jump scares faciles ce qui n’empêche cependant pas que The Jane Doe Identity un bon huit clos fantastique et dramatique à sa manière.

Le plus gros de l’intrigue est misé sur son ambiance aussi l’horreur est montrée sous différente forme. D’un côté les scènes de crimes sont filmées sans artifices, c’est très sanglant et poisseux ce qui donne un rendu pesant. La morgue d’ordinaire représentée comme un lieu froid et ironiquement épurée est ici chaleureuse, cela rend à la fois le spectateur plus confortable tout en participant à la lourdeur visuelle. Le gore réaliste jusqu’à en devenir repoussant est surtout du au fait que le réalisateur a fait appel à une vraie actrice (Olwen Catherine Kelly) pour jouer le cadavre afin d’utiliser le moins possible d’effets spéciaux.

Ça c’est ce que The Jane Doe Identity a fait de mieux avant de vriller du côté obscur des jump scare inutiles. Excepté peut être 2 ou 3 efficaces parce que justifiés, c’est comme si le réalisateur ne faisait pas confiance à son produit ou pire au spectateur avec ce concept audacieux et choisit la voix facile des jump scare horripilants qui ne font que rabaisser TJDI au rang d’un DTV lambda.

C’est quand le film focus sur le mystère de Jane Doe qu’il est le plus intéressant, le côté thriller quand vient « l’enquête » sur son cadavre est ce qu’il y a de plus réussi. C’est aussi intriguant pour le spectateur que pour les personnages principaux d’autant plus que cette partie de l’intrigue les fait évoluer. Elle fait renaître un combat entre Tommy et Austin, celui de laisser la passion gagner sur la raison ce qu’ils avaient réussi à éviter jusqu’à cette autopsie qui va se révéler être un challenge sur de nombreux points. S’ajoute à cet événement une dualité pour le fils entre choisir de quitter son père pour profiter de la vie ou de rester avec lui pour ne pas le laisser seul après la mort de la mère (encore omniprésente par le biais du chat et la décoration). Ces sous intrigues sont bien exploitées tout en étant en cohésion avec l’histoire principale (l’autopsie).

Mais parce qu’il faut un mais, encore une fois The Jane Doe Identity en rajoute une couche inutile notamment lorsqu’il tombe dans des clichés lourds « justifiés » par la véritable identité de Jane Doe. Certains passages absurdes sont aussi dispensables car prévisibles tandis que certains offrent une légèreté méchamment ironique. La résolution est satisfaisante sans être très originale quant à la mise en scène du fantastique elle est proche de Signes de Night M. Shyamalan. 

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