[CRITIQUE] « The Greasy Strangler », réalisé par Jim Hosking

No Comment

Ronnie et son fils Braydon organisent des visites bidon de LA sur le thème du disco. Braydon tombe amoureux de Janet, mais Ronnie en est jaloux : il a peur que son fils perde sa virginité et le quitte. Pendant ce temps-là, un tueur dénommé « the Greasy Strangler » se promène en liberté.

Dans un paysage horrifique de plus en plus vaste, les productions à la qualité variable se succèdent et certaines d’entre-elles passent souvent inaperçu. Heureusement pour nous, c’est très souvent dans le cadre de festivals dédiés à ce style comme le FEFFS de Strasbourg ou encore le PIFFF que l’on peut faire le plus de découvertes inattendues et surprenantes. Parmi ce genre de film qui s’est avant-tout fait connaître dans ces festivals spécialisés, on retrouve The Greasy Strangler.

Réalisé par l’inconnu Jim Hosking et produit par Ben Wheatley (Kill List, High Rise) ainsi que Elijah Wood (!), le film fait carton plein à toutes ses projections depuis maintenant une bonne année et a la chance de bénéficier d’une sortie vidéo chez nous (en DVD uniquement) le 28 février prochain. Mais que nous réserve ce mystérieux objet, doté d’une réputation plus qu’intrigante ? Réponse.

Pas la peine d’épiloguer bien longtemps : Dès ses premières secondes, The Greasy Strangler revendique haut et fort ses inspirations tout droit sorties de la culture des midnight movies des années 70, ces Objets Filmiques Non Identifiés qui se sont fait une petite place dans le cœur des fans de cinéma underground et complètement déviant. Jim Hosking semble être clairement un fan de toute cette mouvance puisqu’il nous propose là une oeuvre dans la plus pure lignée d’un Pink Flamingos. Ce n’est donc pas une coïncidence que le réalisateur (également co-scénariste) nous plonge dans un univers allumé, où se mêlent effets gores, disco et mauvais goût.

Pour être honnête, la simple lecture du synopsis a de quoi sacrément attirer votre attention et vous donner envie de découvrir ce délire filmique : l’histoire d’un père et de son fils qui se détestent (leur « Bullshit artist ! » va d’ailleurs très vite devenir votre insulte fétiche), encore plus depuis qu’une jeune femme tombe amoureuse du fils. Mais si pour le moment l’histoire reste un minimum « normale », c’était sans compter sur la présence du Greasy Strangler, un tueur qui étrangle ses victimes tout en étant recouvert de graisse. Oui, de graisse.

Comme vous pouvez vous en douter, c’est tout ce genre de petits détails complètement absurdes qui forgent la personnalité singulière du métrage. Ici, ne vous attendez pas à un quelconque développement des ressentis des personnages, ou bien à une enquête policière trépidante pour découvrir l’identité du tueur. Tout n’est que prétexte à un enchaînement constant de scénettes totalement WTF, à tel point qu’on finit par ne peut plus savoir où le film va nous embarquer scène après scène. On en même presque fasciné et hypnotisé devant toutes ces situations frôlant très souvent le mauvais goût et le tout allant crescendo (dont une scène musicale du plus bel effet).

Néanmoins, il est nécessaire de préciser que cet humour est extrêmement particulier et à ce titre, The Greasy Strangler est loin d’être un film accessible. On peut très facilement être rebuté par cet amas de n’importe quoi et il est même certain que si vous n’accrochez pas au délire de Jim Hoskins dans sa première demi-heure, l’heure qui va suivre va vous être très pénible à suivre.

The Greasy Strangler n’est donc clairement pas un chef-d’oeuvre, c’est certain. Mais cela n’est absolument pas l’objectif de Hosking, qui a plutôt préféré proposer une oeuvre étrange et osée, avec comme unique but que de faire plaisir à un public de passionné, nourri au cinéma déviant et provocateur et qui sera sûrement le seul a être en mesure d’adhérer à 300% au délire constant dans lequel le film nous embarque. On aime ou on déteste mais ça vaut le coup de tenter l’expérience.

Balance ton commentaire

Back
SHARE

[CRITIQUE] « The Greasy Strangler », réalisé par Jim Hosking