[CRITIQUE] « The Gallows », réalisé par Travis Cluff et Chris Lofing

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The Gallows

Dans une petite ville, un accident se produit pendant le spectacle de fin d’année du lycée et fait plusieurs morts. Vingt ans plus tard, des lycéens du même établissement remontent la pièce pour rendre hommage aux victimes de la tragédie, mais découvrent qu’il vaut mieux parfois ne pas ressusciter les fantômes…

Avant de parler du film, il est nécessaire de revenir sur le genèse du projet qui fut pour le moins inhabituel. En 2011, Travis Cluff et Chris Lofing, deux jeunes cinéastes, décident de réaliser leur premier long-métrage en found-footage pour un budget plus que dérisoire de 100 000$. C’est en diffusant une bande-annonce de leur film sur YouTube que les deux réalisateurs se font remarquer par le producteur Dean Schnider, qui voit en ce projet un réel potentiel. En 2014, Warner Bros/New Line annoncent qu’ils distribueront le film sous l’aile de Jason Blum (véritable gourou du monde de l’horreur depuis quelques années maintenant), une aubaine pour le duo de réalisateurs, qui voient leur projet indépendant diffusé dans plus de 2 700 cinémas à travers les États-Unis et dans le monde entier.

The Gallows

La qualité première de The Gallows réside tout d’abord dans le postulat du film, qui n’est autre qu’une oeuvre originale. A l’heure où les remakes, les reboots, les suites ou encore les spin-offs envahissent nos écrans, on nous raconte cette fois-ci quelque chose de nouveau et ce n’est pas négligeable. Cependant, le schéma reste classique: on échappe pas aux personnages caricaturaux (le héro un poil naïf qui en pince secrètement pour sa camarade, la première de la classe et la cheerleader superficielle qui fréquente comme par hasard le type le plus insupportable du tout le lycée). Le manque d’originalité dans les personnages n’aide pas les acteurs à briller, les interprétations sont tout juste passables et manquent cruellement de naturel (notamment pour Reese Mishler, qui campe le rôle du personnage principal). Malgré son idée de départ qui est plutôt intéressante, The Gallows tombe dans la facilité et nous ressert pour la énième fois les mêmes clichés déjà présents dans la plupart des films d’horreur sortis ces dernières années.

Le plus frustrant c’est que tout n’est pas à jeter. Le long-métrage offre de bons moments d’angoisse et quelques bonnes idées, comme par exemple nous présenter deux points de vue d’un seul et même instant grâce aux différentes caméras des adolescents. Les spectateurs sont témoins de ce qu’il se passe dans une pièce, avant de découvrir les événements survenus dans une autre pièce au même moment, dans la scène suivante. L’entité du film (qui répond au nom de Charlie) est aussi un atout au film, arborant un costume de bourreau, il ne manque pas de charisme et a le don de faire froid dans le dos. Le sinistre personnage n’apparaît seulement qu’à partir du deuxième acte et se dévoile dans seulement quelques scènes, de quoi accentuer la menace presque invisible (et pourtant bien présente) qui règne sur les quatre protagonistes.

THE GALLOWS

Les réalisateurs succombent eux aussi à l’utilisation du found-footage (qui représente une certaine économie financière), procédé qu’ils utilisent de manière assez intelligente et surtout de manière claire. Le manque de musique est un véritable point fort car il accentue les silences et surtout les bruits de cordes, utilisés à de nombreuses reprises. Autre détail intéressant: La prédominance de la couleur rouge. Les sièges de théâtre, les couloirs du lycée, les lumières… L’utilisation de cette couleur n’est bien évidemment pas anodine car elle représente le danger, l’interdiction (rappelons que les étudiants entrent dans le lycée par effraction) et surtout le sang.

Côté scénario, The Gallows utilise malheureusement quelques facilités tout au long de son récit et n’échappe pas à l’utilisation de quelques jump-scares mais le long-métrage parvient tout de même à surprendre dans quelques séquences, en particulier vers la fin avec un twist final plutôt convenable.

The-Gallows

Vous l’aurez compris, The Gallows n’est certainement pas le film d’horreur de l’année mais il parvient tout de même à surprendre dans ces choix de mise en scène et demeure un film beaucoup plus intéressant que certaines productions Blumhouse sortis précédemment cette année (Lazarus Effect ou encore Ouija….). Cependant, le résultat n’est pas à la hauteur du postulat du départ, qui avait tout pour nous offrir un excellent film d’horreur. Le manque d’audace ainsi que d’originalité en sont probablement la cause.

The Gallows
2.5

Conclusion

The Gallows peut se vanter de présenter une idée originale et offre de bonnes idées de mise en scène mais souffre malheureusement d’un cruel manque d’originalité et d’audace.

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