[CRITIQUE] « Slice », réalisé par Austin Vesely

No Comment

Dans une ville où cohabitent fantômes, vivants et loups garous, de jeunes livreurs de pizzas se font assassiner.

Après un trailer croustillant sorti en août, la nouvelle production de A24 (ils nous avaient laissé sur notre faim avec le très bon Hérédité), est enfin disponible sur internet depuis le 11 septembre. C’est le premier long métrage d‘Austin Vesely, auparavant réalisateur de deux « short films » pour Chance The Rapper, qu’on retrouve pour l’occasion sous la casquette de Chance Benett. Le cinéaste avait déjà fait part de ses goûts pour les effets spéciaux dans le clip vidéo « Angels » et pour l’ambiance rétro et nostalgique dans celui de « Sunday Candy« , deux partis pris plus ou moins réussis dans Slice.

Slice tient ses promesses de film pas prise de tête avec une ambiance drive-in assumée, un futur « stoner movie » comme s’amusent à le souligner les critiques américaines. Si le décor 80’s semble incontournable pour n’importe quelle production horrifique depuis le succès de Stranger Things, Slice est un nouveau mouton ajouté à l’édifice qui pourra freiner les plus résistants comme rameuter les plus adeptes de ce « sous genre ? ». Néanmoins, cette atmosphère rétro n’est pas dénuée de sens ici, car de nombreuses figures de la culture populaire tels que le loup garou, les fantômes et la pizza quatre fromages, font partie du vrai monde réel de la réalité véritable de ce film (l’autre point positif non négligeable étant l’absence de gamins en bicyclettes).

Depuis la grimpe des ventes des pizzas Domino’s en 1994 lors de la course poursuite d’OJ Simpson en direct à la télévision, un nouvel événement vient bouleverser le milieu des pizzayolos. L’intrigue de base plutôt simple tend à se complexifier au fur et à mesure de ce gloubi-boulga comico-horrifique, mais sans grande réussite. Il manque un vrai fond à Slice pour en faire une série B solide. Malgré le climat ségrégationniste qui règne à Kingfisher, la mort des personnages n’a pas énormément d’enjeu puisque la vie d’un fantôme ne diffère pas de celle de son vivant si ce n’est question look et brièvement l’appartenance sociale.

Austin Vesely nous emmène parfois dans une direction à l’opposé de nos attentes, notamment par le personnage de Dax Lycander (LY-CAN-DER wink wink) campé par un Chance Benett au jeu timide mais charmant, un loup garou tout gentil qui refuse d’être le héros de l’histoire et veut juste livrer de la bouffe chinoise, au grand dam de son ancêtre cinématographique Scott HowardL’humour passe souvent par un décalage entre le discours/actions des personnages et la façon dont ils sont filmés (vive les gros plans en contre plongée). Malheureusement la réalisation finit par être un peu trop lisse et fait défaut à la crédibilité des personnages et des événements. Quant à Zazie Beetz on la préférait dans Atlanta et Deadpool 2, dans un rôle où elle ne cabotinait pas.

Conclusion

Courte série B amusante mais qui manque de profondeur.

Balance ton commentaire

Back
SHARE

[CRITIQUE] « Slice », réalisé par Austin Vesely