[CRITIQUE] « Shaun of the Dead », réalisé par Edgar Wright

No Comment

shaun of the dead affiche

Shaun est vendeur dans un magasin d’électroménager à Londres. Il vit avec son meilleur ami Ed et passe le plus clair de son temps au pub ou à jouer aux jeux vidéo. Mais quand sa petite amie le quitte et les zombies envahissent Londres, il n’a plus le choix que de prendre les choses en main et de montrer à ses proches ce qu’il a dans le ventre.

Shaun (Simon Pegg) est un éternel enfant. Vendeur dans un magasin d’électroménager, il passe son temps libre devant la télévision à jouer aux jeux vidéo ou au Winchester pour boire une pinte avec son colocataire Ed (Nick Frost). L’immobilisme de Shaun finit par avoir des conséquences sur sa vie de couple et sa petite amie Liz (Kate Ashfield) le quitte. Après avoir un peu trop bu pour noyer son chagrin, Shaun se fait attaquer par des personnes qu’il pense être des ivrognes, accompagné de son ami Ed. Cependant, il se rend rapidement compte que ce ne sont pas des ivrognes, mais des zombies, et qu’ils ne sont pas les seuls à avoir changé dans la nuit. Leur autre colocataire a également été transformé pendant la nuit. Il n’y a pas d’autre solution pour Shaun : il doit aller sauver son ex et sa mère de l’incroyable invasion de morts-vivants puis se cacher dans son endroit fétiche, le Winchester. Mais son périple se complique lorsqu’il se rend compte que son beau-père a été mordu et qu’il va se transformer lui aussi en zombie…

Shaun of The Dead est le premier film de la trilogie Cornetto d’Edgar Wright, comportant une scène avec des Cornetto rouges, symbolisant le sang et devenus la signature du réalisateur britannique. Ici, Wright rend hommage au film de zombie par un film comique (ses “suites” Hot Fuzz et Le Dernier Pub avant la Fin du Monde traitent  respectivement des films policiers et de science-fiction). A la manière de Dawn of the Dead (Zombie, George Romero) auquel il fait clairement référence, c’est une manière de faire la critique du consumérisme, beaucoup moins marquée que chez Romero bien évidemment. Le film évoque avant tout le passage à l’âge adulte d’un homme qui n’a jamais su grandir. Thème principal des films du trio FrostPeggWright, il est ici mis en avant par l’immobilisme de Shaun et de son absence d’engagement. Il laisse passer tous les méfaits de son meilleur ami et passe son temps à boire et à jouer aux jeux vidéo, au grand dam de sa petite amie. Mais lorsque les choses se compliquent et que les évènements l’y forcent, il se décide enfin à passer à l’action pour venir en aide à ses proches. Et s’il a gardé une âme d’enfant, il sait au bout du compte faire la part des choses entre l’important et le loisir, et avoir une vie équilibrée. L’évolution de Shaun est assez simple, mais a le mérite de mettre les bonnes choses en lumière.

Quality: Original. Film Title: Shaun Of The Dead. Photo Credit: Oliver Upton. Copyright: © 2004 Universal Studios. ALL RIGHTS RESERVED.

Shaun of the Dead est inspiré d’un épisode de la série Spaced écrit par Pegg avec Wright aux commandes et Frost dans le casting. Et on sent constamment les nombreuses influences du film tout au long de celui-ci : outre Romero, il est également fait référence à Evil Dead, Voyage au bout de l’Enfer ou encore Un Crime dans la tête (“c’est pas mon père!”). Shaun of the Dead se pose clairement comme un film de fan, à la fois parodie et hommage, lui donnant une vraie identité et un ton qui ne plaira pas forcément à tout le monde. La portée du film est plutôt limitée, et on assiste davantage à l’évolution d’un personnage dans un univers-hommage rempli d’inside jokes entre connaisseurs que d’un véritable scénario abouti. Pour autant, on constate que la formule marche plutôt bien, d’autant que les acteurs offrent une prestation convaincante qui aura tendance à leur coller à la peau dans leurs prochaines apparitions – pour moi, Pegg restera Shaun. Et même si certains spectateurs pourront se gratter la tête à certaines références (moi le premier), le tout est digeste bien que de sources diverses.

La combinaison horreur – humour marche bien. Il est vrai que Shaun of the Dead est plus un film comique dans un monde à composante horrifique qu’un composite à 50/50. Et pas de film comique britannique sans humour britannique : Wright et Pegg jouent régulièrement sur les lieux communs des films du genre et les références pour ponctuer le film de dialogues bien pensés et de scènes mémorables. On retiendra certainement le passage à tabac de zombies sur fond de Don’t Stop Me Now de Queen qui révèle très bien l’esprit bon enfant et joueur du film. Entre les habitudes des personnages principaux, les clins d’oeil, les amis de la petite amie, le beau-père, on obtient un concentré de situations hilarantes qui profitent de thèmes classiques. La complicité du trio est vraiment à maturité dans Shaun of the Dead et est mise à profit par l’excellente écriture de Pegg et de Wright. Et si l’on peut bien donner une qualité à Frost, c’est qu’il sait jouer le simplet à merveilles et que le duo lui rend bien.

Bref, Shaun of the Dead est un vrai bon film de fan, sans prétentions et bourré d’humour britannique. Première (et meilleure ?) partie de la trilogie Cornetto, il rend un bel hommage aux films de zombies et vous fera passer un très bon moment, si vous ne l’avez pas déjà vu depuis le temps.

Balance ton commentaire

Back

FILMS D’HORREUR ET POP-CULTURE

Votre dose quotidienne d'hémoglobine. Des films d'horreur aux séries TV, en passant par la pop-culture, nous décryptons l'univers horrifique à travers des vidéos et créations originales dénichées par notre rédaction | LA TEAM CCFR | CONTACT | MENTIONS LÉGALES

SHARE

[CRITIQUE] « Shaun of the Dead », réalisé par Edgar Wright