[CRITIQUE] « Sharknado 3 », réalisé par Anthony C. Ferrante

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Sharknado 3

3e volet de la saga « Sharknado ».

Personne n’aurait pu prévoir ça. Personne. En 2013, alors qu’est diffusé outre-atlantique Sharknado, énième production The Asylum (société spécialisée dans les nanars de genre peu coûteux et aux effets spéciaux dégoulinants), le film cartonne et génère un nombre incroyable de tweets se moquant du film de manière assez bon enfant. Le buzz est lancé et The Asylum sentant le bon filon lance un nouvel opus de la franchise WTF et désormais légendaire. Viennent alors les diffusions de Sharknado 2 en 2014, puis du 3 en 2015, suivant à chaque fois un principe de buzz savamment orchestré. Cette année arrive donc le 3e opus et c’est à l’occasion de la diffusion française sur Syfy que nous avons pu le découvrir dans une ambiance particulière, dans un aquarium parisien et entouré d’un public très expressif : pour ce type de film ne se prenant pas au sérieux, l’ambiance et les conditions de visionnage jouent beaucoup. Alors, nouveau sommet de WTF et de nanar ? Réponse.

Le high-concept ? Un requin, une tornade: une « Sharknado« . Comme dans les précédents volets, aucune justification, tout est dans le titre et tout arrive d’un coup sans aucune logique. On savait la franchise jouer sur son statut de nanar au point d’en devenir un genre assez spécial, le nanar étant à l’origine assez involontaire : ici il est monté de toutes pièces et volontairement, dans une stratégie bien rodée. On peut donc se poser la question si Sharknado 3 est bel et bien un nanar ou une simple parodie, la chose étant assez ambiguë.
Sharknado 3 est donc (encore) un mauvais film qu’on s’inflige car il reste néanmoins fun et divertissant, comme une sorte de plaisir coupable. Tout n’est donc pas à prendre au premier degré, à commencer par la réalisation, le jeu des acteurs, le montage, la musique… Tout est ici mauvais. Les connaisseurs des codes du cinéma seront d’abord horripilés par le spectacle qui leur est offert, avant d’accepter ce tel viol cinématographique. Drôle et sans aucune logique dans les situations qui s’enchaînent, ce troisième opus atteint des sommets de What The Fuck débile et bien bourrin. Adapté au plus large public possible, Sharknado 3 comporte même bon nombre de références à certains films cultes comme Armageddon, Top Gun, Star Wars

Sharknado 3

Alternant entre premier et second (qui a dit troisième ?) degré, la nouvelle production The Asylum est un étrange mélange entre sérieux furtif et déconnade assumée: c’est ce qui le rend aussi atypique que lourd et ambiguë. Malheureusement avec ce troisième opus conscient de son état de suite, on sent la bonne humeur s’essouffler, l’équipe tirant un peu trop sur la corde avec des problèmes de rythme assez ahurissants et un bordel constant assez indigeste : à un certain moment, trop de WTF tue le WTF, rendant le rire assez jaune et forcé.
Côté casting, comme à son habitude The Asylum engage des acteurs déchus comme Ian Ziering (Beverly Hills), Tara Reid et David Hasselhoff. Petite nouveauté ici avec un petit rôle pour l’excellent Frankie Muniz (Malcolm), trop peu vu au cinéma ces dernières années, ainsi que quelques caméos qu’on vous laisse découvrir. Tout ce petit monde fait donc exprès de jouer mal mais on sent une réelle volonté de s’amuser et de se lâcher de leur part.

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[CRITIQUE] « Sharknado 3 », réalisé par Anthony C. Ferrante