[CRITIQUE SERIES] « Slasher : Guilty Party » – Saison 2

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L’histoire nous entraîne auprès d’un groupe de jeunes adultes qui reviennent au camp d’été où ils avaient tenté de couvrir un crime qu’ils avaient commis par accident. Cinq années se sont écoulées et ils trouvent le camp habité et découvrent rapidement que le corps qu’ils avaient laissé derrière eux n’est plus là. Quand un membre du groupe est tué, la situation devient hors de contrôle.

Prétendument annulée, la série anthologique créée par Aaron Martin a finalement obtenu une saison 2 produite par Netflix et sortie sur la plateforme le 17 octobre (vous pouvez également y retrouver la saison 1). Toujours composée de 8 épisodes, le plot de cette nouvelle saison quitte la petite ville de Waterbury pour le Camp Motega : au revoir Scream, bonjour Vendredi 13.

Slasher n’est pas connue pour faire dans la dentelle. Au nombre d’au moins un mort par épisode, les 2 premiers sont particulièrement atroces et ingénieux comme le démontrera la série jusqu’au bout. Il réside une fascination morbide chez ses créateurs qui est très palpable à l’écran, aussi bien ressentie par le ton rentre-dedans que par les personnages vicieux ou complètement tarés pour certains.

Si le début était prometteur, le rythme ralenti de façon brutale au bout de l’épisode 3, assez blablatif dans l’ensemble. On pointe là le plus gros problème de cette deuxième saison, il y a trop de personnages dont la plus part est insignifiante. Les anciens moniteurs du camp de vacances venus déplacer un corps qu’ils ont caché 5 ans plutôt, doivent cohabiter avec le groupe de quarantenaires adepte du yoga qui vit dans le chalet. Avec 13 personnages principaux, difficile de savoir le rôle de chacun. On sent qu’ils ont tous quelque chose de sombre à cacher sous leurs apparences de bobo vegans mais les scénaristes s’y prennent trop tard pour les développer. Leurs réactions bipolaires sont parfois exagérées et procurent le rire plus que l’effroi (mention spéciale à Christopher Jacot). L’intérêt pour leurs relations est relayé au seconde plan, ça fait juste plus de monde à tuer pour faire tenir le tout sur une durée au format de mini série. Quant à l’intrigue, elle se concentre sur les anciens animateurs à l’origine de cette vague vengeresse par le biais de flashbacks récurrents (mais jamais de trop), qui font d’eux les personnages les plus attachants et notre réel point d’ancrage.

À partir de l’épisode 4 et surtout du 5, l’histoire prend un tout autre tournant. Tout le monde commence à céder à la paranoïa, on s’entretue, on pète un câble : la mécanique scénaristique change pour faire évoluer l’intrigue vers une symbolique différente et plus creusée. En effet le problème du huit-clos s’impose. On sent de moins en moins le poids du tueur sur eux alors il faut inventer des liens, des sous intrigues pour ne pas rester enfermé au même endroit pendant 6 heures de visionnage.

C’est alors que l’épisode 6 intervient. Les notions de culpabilité, de responsabilité, de justice, du bien et du mal etc… inhérentes aux films comme Vendredi 13 ou Souviens-toi l’été dernier, sont d’autant plus mises en avant en creusant le background dramatique des personnages notamment lors d’un interrogatoire. La longueur d’une série appliquée à ce contexte permet d’approfondir ces thèmes importants, Slasher y arrive avec brio et en fait la meilleure idée de cette saison.

Si le tueur de la première saison était très devinable, les scénaristes semblent avoir retenu la leçon cette fois ci en nous jouant un tour très malin et plus pervers que jamais (je le prends personnellement). De ce fait, les petites incohérences comme les relations osef prennent sens, une folie d’ailleurs très bien retranscrite à travers les plans de fins qui sont littéralement des hommages à Psychose et Maniac.

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