[CRITIQUE SÉRIE] « American Horror Story » – Saison 6

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Alors que la saison 6 s’est achevée il y a quelques semaines, la rédaction du CinemaClubFR s’est réunie afin de décider si cette saison d’American Horror Story fut à la hauteur des espérances et envies.

Alexandre – J’aime

American Horror Story Season 6 Episode 8 (screengrab) (CR: FX)

En six années de diffusion, Ryan Murphy a joué sur tous les tableaux. Les maisons hantées, les sorcières, les fantômes, les aliens et j’en passe. Si la première saison a surpris les spectateurs, les dernières (Freak Show, Hotel) ont laissé un goût amer en bouche. Freak Show a abandonné toute logique en milieu de saison, Hotel n’est que gothique que son architecture. Pour relancer la machine, le créateur de l’anthologie a tenté une expérience totalement originale : une série méta qui parle des mécanismes de la télévision. Avec My Roanoke Nightmare, Ryan Murphy signe un OVNI séritographique. Équilibrée en plusieurs segments, cette sixième saison offre plusieurs émissions en une seule et décrypte, souvent avec second degré, les différentes propositions télévisuelles offertes par les chaînes hertziennes. Ce pari est entièrement réussi. Ce qui manquait cruellement dans les précédentes saisons revient en beauté cette année : la peur. À la fois psychologique et graphique, la violence exprimée peut rappeler celle du film Cannibal Holocaust : en grattant bien derrière la caméra, on peut y trouver une réflexion sur la télévision actuelle.

Autre surprise, le choix des acteurs. Deux actrices vont très loin dans cette saison. Le duo Sarah Paulson et Adina Porter transperce l’écran tout au long du show. N’oublions pas également le jeu de Kathy Bates qui, à chaque apparition, donne froid dans le dos. L’acteur qui joue un acteur jouant le rôle d’un acteur est habilement maîtrisé. Ryan Murphy sait s’entourer des meilleurs.

Le marketing a été un des rôles les plus importants lors de cette saison. Le tournage sous scellé, des teasers qui proposent une infinité de possibilités, l’équipe de communication a bien réussi son coup. Cette saison joue avec les spectateurs et ils en redemandent. Ryan Murphy réussira t-il a surprendre ses fans encore une fois ? Réponse l’année prochaine. En tout cas, j’y crois.

Valentin – J’aime

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Après 6 ans à l’antenne, American Horror Story a réussi l’impensable : revenir à l’essence même de la série a.k.a. l’horreur. L’avenir dira si le secret autour de cette saison 6 a joué un rôle dans sa qualité mais une chose est sûre : nul ne connaissait les tenants et aboutissements de la saison; on a donc assisté à un sublime jeu macabre qui est apparu comme un savant mélange entre le mystère de la saison 1, American Horror Story : Murder House, et la noirceur de la saison 2, American Horror Story : Asylum. Si les premiers épisodes semblaient classiques de prime abord, on a vite découvert qu’il a eu plus que ce que l’on avait le droit de voir. Chaque épisode renvoyait à une saison précédente et surtout il y avait un je-ne-sais-quoi qui faisait sentir que la saison allait exploser. L’épisode 6 est cette explosion. Elle est magistrale, époustouflante et néanmoins terriblement classique.

Divisée en trois parties distincts mais fusionnelles et complémentaires, American Horror Story : Roanoke a réussit à contenir son casting XXL mené par la grande Sarah Paulson et qui compte des membres du roster comme Angela Bassett, Kathy Bates, Lily Rabe ou Evan Peters et des petits nouveaux comme Cuba Gooding Jr ou Adina Porter. Tous ont accompli un travail formidable : faire oublier qu’il s’agit de fiction et plonger le spectateur dans une horreur pure, graphique comme psychologique ponctuée de pauses salvatrices et d’hommages parfaits.

Vendue grâce à une promotion minimaliste mais néanmoins intrigante à souhait, American Horror Story : Roanoke a redoré le blason de la franchise qui s’était égarée au fil du temps. La saison 7 n’en sera que meilleure.

Aymeric – J’aime pas

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Il est difficile pour moi d’émettre un réel avis sur cette saison, car je l’ai tout simplement abandonnée au bout du quatrième épisode. Pourquoi en parler alors, quel intérêt? Car le problème, à mes yeux, ne vient pas vraiment de cette saison en particulier, mais plus de la série en elle-même, qui, je trouve, à atteint ses limites. Si je dois reconnaître que je n’ai jamais été un grand fan de la série, quand bien même j’ai vraiment apprécié les saisons 1 et 3, j’ai cependant toujours réussi à tenir jusqu’au bout, même lorsque l’ennui prenait le pas sur les frissons. Déjà avec American Horror Story : Hotel, et malgré la prestation assez convaincante de Lady Gaga, ainsi qu’un premier épisode de très belle facture, la série commençait à montrer des faiblesses d’écriture, de rythme, et surtout, un vrai manque de renouvellement dans la formule. Car oui, même si le sujet, le genre, et les personnages changent à chaque saison, le schéma narratif tend, dans la forme, à se répéter.

Car, selon moi toujours, ce qui ne va pas avec cette saison actuelle d’American Horror Story, c’est que, comme la précédente, le concept ne tient pas plus d’un seul épisode. Au-delà de ça, l’intrigue s’étire, divague inutilement, plonge dans un mysticisme de pacotille, et empile les références sans leur donner de la chair, et du cœur. Alors vous me direz: « Mais comment peux-tu dire ça? Tu n’as même pas été jusqu’au bout, y’a un super twist à l’épisode 6« . Là encore, je ne marche pas. C’est une technique de promotion que je trouve assez douteuse, car déjà, annoncer un twist, c’est pas très malin et ça efface une partie de la surprise du retournement de situation, mais alors en plus nous dire précisément à quel épisode ce dernier interviendra… Mais, par curiosité, je suis allé le voir, ce fameux twist. Et rien ne change à mes yeux. American Horror Story ne me captive plus, ne me surprend plus, et surtout, ne m’intéresse plus.

L’aventure s’arrête donc ici définitivement pour moi.

Venn – J’aime

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Chaque saison d’American Horror Story propose son univers et cette saison propose le thème de la maison/forêt hanté avec une petite nuance : l’introduction de la télé réalité. Le premier épisode est assez déconcertant de savoir qui est qui avec l’introduction de plusieurs acteurs (vrais/faux) incarnant le même personnage. Mais cela fait toute la force de cette saison unique. La diversité des méchants est importante et cette nuance vrai/faux accentue cette diversité mais nous perd car nous n’avons pas le temps de nous attacher à un méchant et à l’aimer/le détester.

L’angoisse qui se dégage de cette saison est oppressante et arrive à faire mieux que le récent Blair Witch 3 dont l’action se passait justement dans une forêt. La saison se décompose en deux parties avec un épisode final qui se perd un peu (sûrement car je n’ai pas aimé le personnage de la policière alcoolique) mais Ryan Murphy aime de nouveau jouer avec les liaisons entre ses saisons avec l’apparition de Lana Winters interprétée par l’excellente Sarah Paulson.

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