[CRITIQUE SÉRIE] « Scream » – Saison 1

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Alors que les fans attendaient un cinquième volet de Scream, franchise d’horreur iconique des 90’s, les frères Weinstein ont surpris en annonçant la commande par MTV d’une série inspirée des films. Plus d’un an après, le résultat est visible par tous et après une première saison composée de 10 épisodes, il est temps d’organiser un débat au sein de la rédaction du CinemaClubFR pour savoir si cette série était un bon calcul ou une grosse insulte aux fans.

Alexandre : Une première saison qui ment sur sa marchandise

Scream

C’est certainement la série qui m’a fait le plus de frayeurs. Dans tous les sens du terme. Lors de l’annonce d’une adaptation vers le petit-écran de cette franchise culte, mon sang s’est glacé. Lorsque MTV a dévoilé le masque du nouveau Ghostface, l’arrêt cardiaque était proche. Le fait que la série ait été achetée par MTV m’a donné des envies de meurtres. Au bout du compte, la série s’en tire avec pas mal de bonnes idées.

L’une des bonnes idées que la série a pris en compte est de ne pas évoquer et invoquer l’histoire de la franchise de Wes Craven. Comment renouveler une histoire déjà contée quatre fois avec les mêmes personnages qui sont restés dans les années 2000 ? Au-revoir Sidney, bonjour Emma. Voilà qu’une nouvelle galerie de personnages se présente à la nouvelle génération de spectateurs. Si certains personnages sont caricaturaux et l’effet teen drama (plus connu sous le nom de l’effet triangle couple) un peu trop présent, les scénaristes ont réussi à remodeler le mythe Ghostface grâce à une histoire très élaborée aux multiples coups de théâtre. Innover, mais sans copier. Pari réussi également pour les dialogues ultra référencés vers les nouveaux shows et films actuels. Plus question d’humour gras comme dans les deux derniers volets de la saga cinématographique « Fuck you Bruce Willis », on retrouve l’humour subtil de Kevin Williamson et de ses Scream 1 et Scream 2

Au fil de la seconde partie de la saison, la série réussie à créer son univers autour d’un mythe rappelant ceux des plus grands boogeymen de l’histoire. Tout s’enchaîne avec une tension palpable et renouvelée à chaque épisode. Cependant, le season finale peine à surprendre. Quelques bonnes idées sont présentes, mais il y a comme un goût amer dans la bouche. 

Scream la série est une grosse arnaque. Oui. MTV nous l’avait annoncé comme une série qui ne compterait pas ses victimes alors qu’au « Victim-o-mètre » on se rapproche plus du 0 que du 10. Côté exécution, quelques belles initiatives sont au rendez-vous, mais trop peu pour une série avec aussi peu d’épisodes. Côté casting, seuls les personnages de Noah, d’Audrey et de Brooke réussissent à dégager le minimum syndical de jeu d’acteur. Les autres devraient reprendre des cours. On n’y croit pas et cela passe mal pour une série d’horreur. MAIS. Ceci n’était que la première saison, un test pour les producteurs qui enverront sûrement la grosse pâté l’année prochaine. Allez Brandon, on croit en toi. Tu vas tous nous les zigouiller.

Nassim : Une première saison riche en surprises.

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Dès l’introduction, la série Scream donne le ton : ennuyeuse. Après un premier meurtre mou du genou à côté de ceux des films réalisés par le défunt Wes Craven, nous est présenté des personnages tous plus irritants les uns que les autres. Et ces mêmes personnages vont se montrer de pire en pire au fil des épisodes jusqu’à se demander si continuer le supplice du visionnage est une bonne idée. La faute a une écriture bancale, à une étiquette MTV trop présente (les morceaux pop dont le titre s’affiche en bas de l’écran ça devient vite gonflant par exemple) et évidemment un masque peu convaincant (avis personnel !). La série se veut méta mais ça ne prend jamais. Pas un seul scénariste n’arrive à rendre l’intrigue intéressante même si des épisodes sortent du lot comme celui réalisé par Ti West cité par Aymeric plus bas. Bref vous l’aurez compris un gros gâchis. Les audiences de la première saison sont catastrophiques et pourtant une seconde a été commandée, espérons que ce soit la dernière.

Thomas : Une très bonne surprise !

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Pour être très honnête, lorsque la chaîne MTV  a annoncé vouloir adapter la franchise Scream en série télévisée, j’étais plutôt intrigué. Puis les informations ont commencé à tomber: Sidney, Dewey et Gale ne feront plus partie de l’aventure, l’intrigue n’aura pas lieu à Woodsboro et le masque de Ghostface sera remplacé. Que peut-il rester de Scream si on lui retire tout ce qui a fait son succès ? En tant que véritable fan des quatre premiers films, ce fut un véritable désenchantement. Et pourtant, MTV a su me prouver le contraire…

Alors oui, le programme est loin d’être parfait. Le jeu de certains acteurs est assez limite, certaines facilités scénaristiques ont de quoi nous faire lever les yeux au ciel mais qu’en est-il du reste ? MTV a su recréer un univers avec de nouveaux personnages et une nouvelle ville: Lakewood, en réutilisant le style et les codes des films de Wes Craven. On retrouve alors des protagonistes aussi attachants que caricaturaux, une sombre affaire qui refait surface, des références culturelles à la pelle et beaucoup de sarcasme. La série s’amuse même à dissimuler de nombreux clins d’oeil à la franchise et à d’autres films en général (ils vont même jusqu’à rejouer des scènes cultes: la célèbre séquence de danse dans Pulp Fiction de Quentin Tarantino, recréée dans le 9ème épisode). Et le tueur dans tout ça ? Il se fait malheureusement beaucoup trop rare mais il a de la gueule. Toujours sans surpasser le célèbre masque de Ghostface, il est évident que les créateurs du programme ont tout fait pour offrir aux fans un visage très similaire à celui de l’original.

Au premier coup d’œil, la série Scream peut paraître très primaire, sans réelle profondeur et pourtant, le programme n’hésite pas à parler du cyber-bullying (c’est d’ailleurs le pilier de l’intrigue), jusqu’où peut aller l’humiliation gratuite et son impact sur la vie d’un simple adolescent. L’homosexualité et l’homophobie sont aussi traités à travers plusieurs épisodes. Des sujets à l’importance considérable dans notre société actuelle.

J’ai suivi la série de très prés et avec beaucoup d’intérêt (en rédigeant une critique toutes les semaines) et même en prenant le recul nécessaire, je reste très satisfait du résultat. Bien évidemment, la série n’est pas et ne sera jamais au niveau des films de la franchise mais est-ce vraiment l’objectif du programme ? Bien-sûr que non. Durant près de 15 ans, Wes Craven a su offrir au public quatre films très réussis et Scream, la série n’est qu’un simple prolongement pour les passionnés de cinéma et de frisson. Selon moi, MTV a bel et bien réussi son pari et j’attends avec d’impatience la seconde saison.

Aymeric : Gossip Girl a bien changé…

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Contrairement à mes collègues j’ai, pour ma part, décidé de ne pas suivre la série chaque semaine, mais d’attendre le weekend avant la diffusion de l’épisode final pour regarder toute la saison d’une traite. Est-ce que cela a considérablement changé ou influencé mon avis sur celle-ci? Pas du tout. Cela m’a peut-être empêché de la détester encore plus, ou de l’arrêter avant la fin.

Scream n’aurait jamais dû devenir une série. La série elle-même en a conscience, puisque dans son premier épisode, dans un élan de pure prétention méta, ringard, l’un des personnages nous dit, fièrement, que la formule du slasher ne peut pas fonctionner dans un format épisodique. Les slashers, en général, ne sont pas très longs, et ils sont surtout très rythmés. Deux notions que la série oublie totalement. Dix épisodes pour une saison, ce n’est pas grand chose, mais pour une intrigue comme celle-ci, dans ce genre-là, c’est beaucoup trop (on n’en est pas encore au niveau de Pretty Little Liars, mais dans l’esprit, la comparaison est tout à fait pertinente). On attend sans cesse que le dernier épisode arrive, parce qu’on sait à l’avance que ce sera celui-ci le plus intéressant. On pourrait bien se consoler en disant que l’on peut toujours se concentrer sur la recherche et l’analyse des indices pour découvrir l’identité du tueur, sauf que les scénaristes sont mauvais et aussi subtils qu’un troupeau d’éléphants dans un magasin de porcelaine. Pas de suspense, pas de surprise, une mauvaise compréhension de ce qu’est l’esprit d’un slasher, alors que reste-t-il à cette série?

Et bien rien. Il ne reste rien, pas même les miettes des pires idées de la saga cinématographique (c’est toi que je vise, mon cher Scream 3). La séquence finale de l’épisode 7 en est d’ailleurs la preuve, puisque c’est un contresens total avec Scream, et même carrément avec le slasher. A force d’étirer l’intrigue pour qu’elle tienne sur dix épisodes, les scénaristes passent plus de temps à nous raconter les scandales et les amourettes que vivent les attardés qui servent de protagonistes, plutôt que d’insuffler une tension crescendo et de resserrer l’intrigue efficacement, afin qu’elle soit plus prenante (on parle d’ados qui se font buter, mais ils trouvent toujours le moyen d’aller baiser dans la forêt à trois heures du matin comme si de rien n’était). Ça part dans tous les sens, et le plus gros dommage collatéral dans tout cela c’est notre ami Ghostface. Affublée d’un nouveau masque tout moche, qui a plus les allures d’une copie officieuse bon marché de chez Lidl que d’une « réinvention organique », l’icône du désormais regretté Wes Craven n’a plus rien d’iconique, ni d’effrayante. Pire encore, elle se fait absente, ses apparitions se limitant à deux/trois jumpscares foireux et opportunistes intervenants pour nous rappeler que nous ne sommes pas en train d’assister à un remake méta de Gossip Girl, avec juste trois gouttes de sang parce qu’il ne faut pas non plus que les jeunes scotchés devant MTV soient trop choqués.

Alors, je ne vais pas être de mauvaise foi, et je reconnais que la série a forcément été parcourue de quelques fulgurances. L’épisode 8 est un bon exemple, puisque c’est le seul qui a été en mesure de proposer une séquence véritablement horrifique, et de très bonne facture. L’épisode 9, réalisé par Ti West, qui se permet un hommage sympathique à Pulp Fiction. Et enfin, même si elle n’aura jamais la présence, le charisme, ou la badassitude de notre chère Sidney Prescott/Neve Campbell, la nouvelle héroïne est attachante, bien qu’exaspérante quand elle se retrouve enfermée dans les twilighteries incessantes de la série.

Je pense donc sincèrement que Scream, tel que je l’ai connu et aimé, s’en est allé avec Wes Craven, et ne reviendra jamais. Scream sans Craven, ce n’est pas possible, et c’est encore moins possible quand c’est MTV qui produit. Si cette nouvelle version parlera peut-être à un public plus jeune, peu familier avec les films originaux, ou aux sérievores en recherche d’une série facile à regarder, elle déplaît au fan que je suis, et que je serai toujours.

Venn : Des films à succès à la série

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Adapter un film en série n’est pas évident. Adapter l’histoire de quatre films en une série également. Confier le tout à MTV, la chaîne américaine pour adolescent et le résultat pourrait être catastrophique. Mais oubliez tout cela, Scream la série a réussi à s’en sortir haut la main.

Là où les scénaristes ne se sont pas plantés est dans le fait d’avoir une toute nouvelle histoire avec des nouveaux personnages et un nouveau tueur. Oubliez Sidney Prescott (Neve Campbell), voici Emma (on ne gagne pas forcément au change par contre…), il n’y a pas de références dans l’histoire aux anciens meurtres. On retrouve différents personnages aux caractères stéréotypés mais c’est ce qui fait la force de chaque teen movie après tout. Le spectateur souhaite toujours que untel ou unetelle meure car il n’en peut plus du personnage ou parce qu’il a une intuition. Du coup, il participe à la série en se demandant qui est le meurtrier car OUI, TOUT LE MONDE EST SUSPECT. Et la série ne se gêne pas pour faire en sorte de nous faire croire que tout le monde l’est. Même en exagérant un peu quelque fois.

Globalement, la première saison de Scream est une bonne série (pour ados). Des meurtres, du gore (félicitations à MTV pour avoir osé), une intrigue policière, des amourettes. Que demander de plus à Scream ? Maintenant que les meurtriers sont connus, attendons de voir ce que nous réserve les scénaristes pour la saison 2 et de voir si la série gardera son statut de bonne série.

Valentin : « Quelle est ta série d’horreur préférée ? »

Scream

Certainement pas Scream version MTV.

Contrairement à mes petits camarades, le fait que Scream ait été achetée par MTV ne m’a pas posé de problème, c’est dans leur logique de come-back. Chaîne iconique des années 80 et 90 (on se souvient des premiers VMA avec Madonna ou de ceux avec Britney Spears), elle a su fédérer un public autour de programmes cultes et trash comme Jackass ou Teen Mom. Seulement à l’ère des Kardashian et Paris Hilton, la chaîne  a vu ses audiences s’effondrer, il a donc fallu chercher un renouveau et c’est venu avec les séries Awkward et Teen Wolf. Si la première est la comédie teen par excellence, la seconde était un pari osé : proposer en série l’adaptation d’une comédie d’épouvante de 1985. Le succès étant présent, la série a voulu renouveler l’exploit cette année et s’est donc attaquée à Scream, franchise culte de Wes Craven. MTV et les frères Weinstein ont raté leur série pour plusieurs raisons mais l’une est simple : Wes Craven n’était pas impliqué dans la série et il ne l’a pas beaucoup défendue. MTV entend donc proposer une adaptation d’une franchise culte, à la fan-base importante, sans le créateur originel. On se retrouve donc avec une foule de défauts au sein de la Trinité télévisuelle : l’histoire, le casting et la réalisation.

L’écriture est probablement le plus gros défaut de la série. MTV nous avait promis du sang, des morts, de l’humour, de la culture méta. On a eu un soupçon de tout et beaucoup de rien. Le pilot était mauvais, c’est un fait indéniable et possède, comme la dit Aymeric, une phrase prémonitoire quant au reste de la saison. On nous offre une première mort censée être un(e) copie hommage à la première scène de Scream. On se retrouve avec un enchaînement assez mauvais porté par une actrice dont le seul talent est de bien porter le bikini. Les autres morts ne relèveront pas le niveau malgré un plutôt proche des films et un autre digne d’une parodie de Saw. On n’a pas eu beaucoup d’hémoglobine et on reste sur sa faim. On aurait pu espérer que l’intrigue policière et la traque de Ghostface allait relever le niveau MAIS, problème, en observant les détails, on comprends vite que la clé est dans le passé et on identifie vite le tueur. Les scénaristes offriront même la confirmation de son identité dans l’épisode 6. L’idée du passé était bonne, si tout n’était pas traité avec le talent d’écriture d’un élève de CP. Et cette fin !!! A la fois hommage aux films et vaine tentative de changer la donne, on assiste impuissant à la chute de la narration qui proposera en saison 2 un petit tour du côté de Brandon James et de ses meurtres. L’écriture était donc prévisible et s’est laissée dévorée par son côté drama avec les peines de coeur des ados et leurs problèmes de sex-tape (2015 baby). Ghostface était caricatural à souhait avec un masque qui ressemble plus à un projet arty d’une vulgaire pop-star actuelle qu’à un masque destiné à marquer les esprits et l’Histoire de l’horreur.

Le casting est l’exemple même du casting MTV. On essaye de représenter toutes les ethnies, on introduit toutes les orientations sexuelles, on ne veut froisser personne alors on reste léger dans le traitement (une des conséquences de l’échec de Skins US en 2011). Sauf que les acteurs ne sont pas crédibles et que la direction n’a pas dû les aider. C’est à celui – ou celle – qui jouera le plus mal. On a tous les stéréotypes. La lesbienne aux cheveux courts et chemise bucheron, les jolies filles blondes et naïves, le puceau geek et calé en films d’horreurs et les beaux gosses mystérieux, un peu louches avec un petit plan torse nu de temps à autre. Pour enfoncer le clou, on assiste à une scène surréaliste où l’héroïne a, enfin, compris que sa mère lui a menti et que tout lui arrive par la faute de sa chère maman MAIS, au lieu, de se morfondre dans son coin, elle préfère se faire troncher dans les bois par un mec avec qui elle insultera Pulp Fiction de Tarantino sans la moindre seconde d’hésitation. Les adultes ne sont pas mieux et on a le sentiment que personne ne savait où la série allait aller.

La réalisation, enfin, est le dernier clou dans le cercueil où va finir Scream. Si l’ensemble est convenable et peu remarquable, on aurait pu attendre plus de recherche dans la mise en scène des meurtres ou autre. On passera sur les nombreux faux-raccords dans les vétements ou autre (Noah est un spécialiste de cela). Le dernier épisode aurait pu être le meilleur avec le climax de proposer tous les jeunes dans la maison et une chasse à l’homme s’engageant avec Ghostface. Sauf que non, on plie le tout en 10 minutes, on a aucune tension et on préfère un mano a mano final bâclé pour préparer le terrain à une saison 2 qui est devenue plus que primordiale pour MTV.

Finir cette critique sans évoquer les audiences serait malhonnête. Après un pilot lancé avec le lead-in de Teen Wolf vu par 1 million de spectateurs, Scream s’est retrouvée seule pour 9 épisodes et les audiences ont chuté entre 550 000 et 750 000 téléspectateurs. Malgré des chiffres dérisoires, MTV a commandé une saison 2 pour 2016, histoire de sauver la face et de ne pas admettre s’être ridiculisée en commandant cette série. Scream par MTV n’a donc été qu’une insulte pour les fans de la quadrilogie mais elle n’a pas été suffisamment bonne pour parvenir à en créer de nouveaux.

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