[CRITIQUE] « Scorned », réalisé par Mark Jones

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Pendant un week-end en amoureux, Sadie découvre que son petit-ami la trompe. Pour pigmenter leur relation, elle invite ladite maîtresse pour un plan à 3 des plus meurtriers.

Scorned est un de ces énièmes DTV dont vous n’avez probablement jamais entendu parler et pourtant le nom du réalisateur devrait faire sonner les cloches de certains fanatiques. Scorned est un film de Mark Jones, l’homme derrière Leprechaun. Fidèle à lui même, il livre avec ce thriller horrifique une petite série B qui mélange folie et humour (voulu ou non) pour un résultat des plus moyens mais toutefois divertissant.

Appelé revenge thriller par ceux qui l’ont écrit, on ne peut pas dire que Scorned brille grâce à son scénario déjà vu et revu. En effet, ce n’est pas un film à prendre au sérieux. Il regorge de petits twists plutôt attendus dont Jones a l’air pourtant fier dans ses interviews, même s’il n’y a pas vraiment matière à être surpris si vous êtes anesthésiés aux feuilletons de TF1. La tension du film, s’il y a, est gâchée par des flashbacks répétitifs et inutiles (y’en a un sur un chien) pour bien nous faire comprendre que Sadie, interprétée par la grande que dis-je la magnifique AnnaLynne McCord, est un être fragile et tourmenté.

Mais quel être tourmenté! La muse de Richard Bates Jr. est encore une fois sublime et incarne la folie avec brio. C’est bien d’AnnaLynne McCord dont il est question. Son talent d’actrice mais surtout de déesse de l’horreur n’est plus à prouver, il suffit de la voir sublimer dans 90210: Nouvelle Génération (note à moi-même: tennis à 14h et brunch à 17h) Trash Fire et Excision pour ne plus en douter. Elle vole véritablement la vedette à Billy Zane (une légende dit qu’en frottant son crâne chauve très fort il ne se passe rien) au final peu apparent dans le long métrage. L’actrice donne le ton parfait pour rendre une saveur salvatrice à son personnage bafouée par son fiancé et des flashbacks mal foutus.

Scorned fait aussi preuve d’humour surtout de la part du personnage de Sadie totalement en roue libre qui nous offre des répliques plutôt amusantes, notamment lors d’une scène hommage à Misery qui nous montre une Sadie pas aussi frigide que Kathy Bates. On a aussi les fameux policiers incompétents, ceux qui regardent les bras ballants une jeune femme mal en point tituber sur la route avant de se faire, bien sûr, percutée par un camion. L’humour est aussi involontaire, du tellement nul que c’est drôle mais il ne desserre jamais l’horreur. Cependant de ce côté là, il ne faut pas s’attendre à vomir son repas du midi. L’horreur reste assez convenue la faute à un scénario qui ne permet pas réellement de faire dans la torture sophistiquée, les actes sadiques de Sadie étant pure improvisation.

Enfin pour ce qui est de la réalisation, ce n’est pas à prendre au sérieux non plus. Les plans sont aussi basiques que le scénario qu’ils servent, tellement basiques qu’ils arrivent à foutre en l’air les scènes de sexe (excepté une courte scène particulièrement alléchante, et je pèse mes mots). Pour un thriller horrifique qui mise aussi sur le sexy, y’a encore du boulot. Les flashbacks sont la pire idée du film: une qualité médiocre pour le grain, un filtre noir et blanc pour qu’on pige que c’est un flashback et tu vas me pencher le cadre histoire que ça fasse tro torturé tavu. Le film est aussi victime de quelques faiblesses d’écritures. Une particulièrement décevante et qui aurait permis à Scorned de prendre une tournure intéressante et inattendue se trouve vers le milieu du long métrage lorsqu’un homme échappé de prison entre en jeu. Mark Jones l’introduit plusieurs fois pour qu’au final il serve simplement de deus ex machina du pauvre. Scorned se termine sur une note d’ironie plutôt sage mais bienvenue pour nous servir un dernier sourire aux lèvres.

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