[CRITIQUE] « Resident Evil : Chapitre Final », réalisé par Paul. W.S. Anderson

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Alice, seule survivante de la bataille de Washington contre les zombies, doit retourner à l’endroit où le cauchemar a débuté : le Hive à Raccoon City. C’est là, qu’Umbrella Corporation a regroupé ses forces pour mener un assaut final contre les survivants de l’apocalypse.

Après 14 ans de bons et loyaux services, la flingueuse de zombies la plus charismatique des années 2000 dépose les armes dans ce qui est vendu comme l’ultime volet de la franchise Resident Evil, Resident Evil : Le Chapitre Final. Alors ce sixième film, et quatrième volet réalisé par Paul W.S. Anderson, offre-t-il un chant du cygne digne de ce nom à notre chère Alice ?

Avant toute chose, il faut savoir que s’il l’on va voir ce sixième Resident Evil, on a vu/subi les cinq volumes précédents. Paul W.S. Anderson le sent et s’adresse aux fans en leur ressortant du chapeau le même tour que lors du cinquième épisode : les anciens personnages. Sauf qu’ici, les personnages sont remplacés par les lieux. Pendant l’heure 40 du film, il s’emploie à rendre hommage aux lieux iconiques de la saga notamment le côté apocalypse du 3, Resident Evil : Extinction, à la prison du 4, Resident Evil : Afterlife ou à Raccoon City de Resident Evil : Apocalypse. La majeure partie du film ayant lieu au-sein de The Hive, repaire d’Umbrella Corporation, les clins d’œil au premier volet sont légions. On notera qu’il se contente d’un hommage discret à l’infâme cinquième volet qui a failli achever la saga. Le réalisateur/scénariste se paye le luxe de creuser un peu plus l’ensemble de son univers notamment Alice, The Red Queen ou encore le bad guy. Chose plaisante, ce dernier n’est point une affreuse créature de 6 mètres de haut et surpuissante mais l’ennemi ultime qu’Alice pouvait affronter.

Admirateurs (on ne rigole pas) comme détracteurs de Paul W.S. Anderson se retrouvent sur un point : son cinéma est violent, rythmé et hautement WTF. On se surprend à rire, bon pas autant que face aux ninjas de son Trois Mousquetaires 3D, mais il y a des saillis marquantes. Il fait un job habituel sur un film d’horreur avec force renforts de jump-scare, de montée de tension et de monstres bien flippants. On saluera les 10 premières minutes qui rappellent l’angoisse et la peur qui étaient au-coeur du premier épisode. Sur le reste, il débite son arsenal habituel de bruitages étranges, de ralentis, d’accélérations et d’explosions dans un style similaire à Zack Snyder. Si ses dialogues font mouches le plus souvent, on déplorera une Version Française abominable avec des voix stéréotypées à outrance. Il faut rendre à Paul ce qui est à Paul et reconnaître qu’il est l’un des seuls réalisateurs à faire une 3D correcte puisqu’ici elle est discrète et on oublie vite sa présence.

Le casting est un autre point fort du film. Les méchants sont caricaturaux mais juste ce qu’il faut pour les apprécier et les compagnons d’Alice sont tellement anecdotiques qu’hormis le retour de Claire Redfield (Ali Larter), on oublie vite leur existence et Paul W.S. Anderson nous aide à les oublier. Milla Jovovich incarne ce personnage depuis 14 ans, autant dire qu’elle en connait tous les détails et réussit à nous transporter dans ce monde post-apocalyptique. Si Ripley est l’héroïne féminine et féministe des années 80, Alice est celle des années 2000. Bad-ass, forte, solitaire et sauveuse de l’humanité, trahie par un deus ex machina des plus simplistes (on ne se refait pas), elle en reste pas moins l’incarnation de la guerrière par excellence. On sent dans l’écriture du personnage par Paul W.S. Anderson la même volonté qu’un Christopher Nolan de proposer un récit fort et un parcours initiatique qui trouve sa conclusion dans une apothéose visuelle et spirituelle.

Portée par une BO qui mélange, comme toujours techno, rock et petits bruitages entre amis, Resident Evil : Le Chapitre Final offre un dernier tour de piste bruyant et violent à Alice et aux spectateurs.

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