[CRITIQUE DE LA RÉDAC] « It Follows », réalisé par David Robert Mitchell

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Pour Jay, âgée de 19 ans, la rentrée devait être synonyme de cours à la fac, de rencontres avec des garçons et de week-ends passés au bord du lac. Mais après un rapport sexuel d’apparence anodine, elle se retrouve hantée par d’étranges visions et par le sentiment inexorable d’être suivie par une présence. Abasourdies, Jay et ses amies doivent désormais trouver le moyen de fuir cette menace terrifiante qui semble les rattraper…

Après s’être fait remarquer le week-end dernier durant le Festival de Gérardmer en gagnant deux prix (et notamment le Grand Prix du Festival), It Follows vient de sortir dans les salles française. Est-ce réellement la pépite tant attendue ? Découvrez le sans tarder avec cette nouvelle critique de la rédaction.

Critique d’Aymeric – J’aime

Alors que l’on avait pas revu un bon film d’horreur au cinéma depuis la sortie du Evil Dead de Fede Alvarez, et du Conjuring de James Wan, voilà que débarque It Follows, second film du jeune réalisateur David Robert Mitchell. Et autant le dire clairement, It Follows est aussi prodigieux qu’inattendu. En somme, un film si rare, et si unique dans le paysage cinématographique de genre actuel, qu’il s’impose comme un classique instantané. Une anti-thèse du cinéma d’horreur Hollywoodien contemporain, voilà ce qu’est It Follows, qui fait preuve d’une maîtrise formelle découlant sur tout un tas de scènes de trouille indéniablement efficaces. Une mise en scène constamment inventive, anxiogène, qui joue et s’amuse avec les codes jusqu’à faire de l’un d’eux son concept (qui est d’une originalité presque insolente, cela paraît surréaliste que personne n’y ait pensé avant) tout en prenant un malin plaisir à nous malmener, nous, spectateurs, piégés dans notre passivité.

C’est là toute l’audace du film de Mitchell, qui au lieu de verser bêtement dans les effets spectaculaires à la manière d’un Annabelle (Cette daube de foire au succès incompréhensible), traduit chacune de ses idées par la mise en scène, avec une utilisation ultra-judicieuse du hors champ ne faisant qu’appuyer un peu plus l’oppression qui émane de cette grande menace invisible. It Follows est un pur film de cinéma, esthétique et soigné, s’alimentant dans les meilleurs séquences de Carpenter, y compris dans son approche sonore, avec une BO hallucinante signée Disasterpeace qui produit un effet redoutable dans la salle de cinéma. It Follows, c’est tout simplement ce que l’on a vu de mieux dans le cinéma de genre depuis le début des années 90, alors autant dire que l’on ne prend pas beaucoup de risque à le qualifier de « Meilleur film d’horreur de l’année », puisque c’est tout simplement le film d’horreur de la décennie. Bon courage pour faire mieux.

Critique de Thomas D – J’aime

Il est tellement rare de nos jours qu’un film d’horreur ne soit ni une suite, ni un remake, ni un reboot que l’on ne peut que tendre les bras à des projets innovants et audacieux. Mais quand ceux-ci se trouvent d’être d’une grande qualité, alors ça donne des films comme It Follows.

Brillant de bout en bout, le long-métrage de David Robert Mitchell parvient à nous transporter dans cette histoire cauchemardesque grâce à une réalisation très efficace. Le cinéaste jongle entre l’utilisation de très bons plans séquences et des effets de confusions, jusqu’à ce que le spectateur ne fasse plus aucune différence entre ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas. Tous ces éléments réussissent à créer un véritable malaise et surtout une sensation d’angoisse continue. Le film possède également une ambiance très rétro, visible à travers les décors, les costumes mais aussi et surtout la bande-originale, signée Disasterpeace, qui est remarquable, semblable aux bandes originales des films des années 80. Quant aux jeunes acteurs, il n’y a rien à redire. En particulier pour l’actrice principale, Maika Monroe, qui offre une performance crédible et incarnée. It Follows est un film d’horreur énigmatique, très bien maîtrisé et surtout très intelligent, notamment lorsque l’on choisit d’interpréter le film comme une métaphore concernant les maladies sexuellement transmissible, un sujet encore très tabou de nos jours.

Critique de Venn – J’aime

Je n’avais plus foi en le cinéma d »horreur depuis quelques années puis il y a eu It Follows. Mené par Maika Monroe en adolescente poursuivie, le film propose quelque chose qui fait du bien de voir sur nos écrans en 2015, une peur psychologique. Oubliez les bains de sang, ce n’est pas ce que l’on recherche ici. Tout est dans la crispation. Quand sera la prochaine attaque ? Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Tout le monde en devient presque suspect !

David Robert Mitchell, le réalisateur et scénariste du film, capte l’attention du spectateur en regardant la beauté de ses plans à l’inverse de ses personnages qui sont poursuivis mais ne regarde jamais autour d’eux. L’ambiance sonore a une place importante dans le film et fait son travail à merveille tellement la musique met mal à l’aise.

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[CRITIQUE DE LA RÉDAC] « It Follows », réalisé par David Robert Mitchell