[CRITIQUE] « Psychose 2 », réalisé par Richard Franklin

No Comment

Après 22 ans passés dans un asile psychiatrique, Norman Bates retrouve enfin le motel familial contre l’avis de Lila, la sœur de l’une des victimes de Norman, qui s’oppose à sa remise en liberté. Mais une jeune femme assez troublante interviendra dans la vie de Norman juste avant que celui-ci se retrouve dans la même situation que 22 ans auparavant.  Et si Mme Bates était encore vivante ?

Psychose, est sorti en salles en 1960, il est et reste à ce jour l’un des chefs d’œuvres et précurseurs du cinéma de genre et du thriller en général, laissant son emprunte dans l’histoire du cinéma. Il est la pierre angulaire du génie d’Alfred Hitchock et sans l’existence même de ce film, le cinéma de genre n’aurait probablement pu se développer ainsi.

C’est donc un hommage et avec évidence que le chef-d’oeuvre d’Hitchcock aura droit à l’une des plus performantes suites du cinéma des années 1980, malgré le temps qui les sépare, près de 20 ans après, le cinéaste australien Richard Franklin accompagné de Tom Holland (scénariste du très célèbre Jeu d’enfant – Chucky, la poupée de sang) en tant que scénariste vont mettre en oeuvre ce pari à haut risque, entreprendre une suite d’une oeuvre emblématique, afin d’aboutir à un résultat bluffant et formidable. Le personnage de Norman Bates reprend ses activités au Bates Motel et l’horreur reprend de plus bel.

Nous sommes au début des années 1980, Norman Bates, ex-assassin psychopathe a une lourde charge pesant sur lui, son père étant décédé dès son plus jeune âge, et humilié par une mère folle, il s’en débarrassera après lui avoir fait ingurgiter du thé empoisonné. Adepte de la taxidermie, il préservera dans son sous-sol le corps de cette dernière. En proie à un dédoublement de la personnalité, il commettra une série de meurtres abominables. Finalement arrêté et incarcéré, il passe près de 22 ans dans un hôpital psychiatrique, finalement relâché et considéré comme rétabli définitivement, ce qui n’est pas du même avis de Lila Loomis, la sœur d’une des victimes de Norman. Pour replacer le contexte, le film commence par l’une des scènes emblématiques du cinéma Hitchcockien : le meurtre de Marion Crane, assassinée de plusieurs coups de couteau sous la douche. Extrait du film d’Hitchock, le film bascule à la couleur et nous voilà au tribunal ou Norman Bates, un peu plus âgé, retrouve sa liberté en compagnie de son médecin attitré.

De retour à la maison, Norman reprend son activité de gérant de motel, à peine a-t-il retrouvé la liberté et jouissant d’une stabilité encore fragile, hanté par ses souvenirs d’enfance, Norman est harcelé par une personne qui tente de lui faire comprendre que sa mère est toujours vivante, des meurtres et disparitions inquiétantes refont surface.

Anthony Perkins joue ici un personnage en proie à ses propres démons,  fragile psychologiquement, il ne cesse de basculer progressivement dans la folie meurtrière d’autrefois. Appels et lettres anonymes,  c’est la confusion la plus totale et notamment sur l’identité de sa propre mère.

Bien plus violent que son prédécesseur, ce film regorge de scènes gores et macabres, et de nombreux clins d’œil au premier film de Hitchcock, la prestation de Perkins est hors normes, ses faits et gestes ainsi que son lent retour à la folie nous donne un tout autre sens au titre  du film à savoir la véritable psychose d’un individu et sa descente aux enfers. La bande originale du film, composé par Jerry Goldsmith, d’une intensité dramatique confirme que le compositeur reste à ce jour le plus performant de son époque.

Sorti en salles en 1983, le film est un succès critique, considéré comme l’une des meilleures suites de la saga, un troisième opus réalisé en 1986 par Perkins lui-même, n’aura pas le même effet escompté, bien trop confus et doté d’un scénario médiocre.  C’est en 1993 qu’un troisième opus centré sur la jeunesse du jeune Norman et de ses premiers meurtres sortira, un téléfilm efficace mais peu convaincant.

Psychose 2 nous entraîne dans l’une des plus belles descentes aux enfers du cinéma,  performant et novateur, une suite sans grande prétention  qui a le mérite d’être l’une des plus honnêtes suites d’un film phare du thriller psychologique.

Balance ton commentaire

Back

LE DOSSIER DU MOMENT

FILMS D’HORREUR ET POP-CULTURE

Votre dose quotidienne d'hémoglobine. Des films d'horreur aux séries TV, en passant par la pop-culture, nous décryptons l'univers horrifique à travers des vidéos et créations originales dénichées par notre rédaction | LA TEAM CCFR | CONTACT | MENTIONS LÉGALES

SHARE

[CRITIQUE] « Psychose 2 », réalisé par Richard Franklin