[CRITIQUE] « Phantasm II », réalisé par Don Coscarelli

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Six ans ont passés depuis les événements du premier Phantasm. Mike Pearson sort d’un hôpital psychiatrique, traumatisé par les horreurs que lui ont fait endurer le Tall Man et ses acolytes venu d’un autre monde. Cependant, avec son amie Reggie, il se trouve bien décidé à s’engager dans une quête afin d’éliminer cette entité maléfique.

Avec le premier opus de sa saga Phantasm, Don Coscarelli avait largement rebattu les cartes du cinéma horrifique par le biais de la proposition d’un hors-normes, explorant les peurs primales de l’enfance tout en imposant une atmosphère à la fois onirique et terriblement malsaine. Suite à cette réussite, le réalisateur américain met en scène The Beastmaster (aka Dar d’invincible) en 1982, une sorte de Conan le barbare-like éminemment sympathique. C’est alors qu’il se voit proposé par le studio Universal de réaliser une suite à Phantasm (Phantasm II) en 1988, néanmoins sous certaines conditions (notamment remplacer l’acteur jouant Mike dans le premier opus, Michael Baldwin, par James LeGros, Reggie Bannister et Angus Scrimm étant heureusement conservés). Cependant, et c’est bien là le coup de génie de Don Coscarelli en ce qui concerne Phantasm II, cette suite parvient à concilier les exigences de rentabilité du studio et l’indépendance et l’inventivité débridée du réalisateur.

Don Coscarelli s’en donne donc si l’on peut dire à cœur joie dans le développement de son univers, en exploitant toujours plus en avant les éléments ayant fait la renommée de Phantasm premier du nom à savoir les sphères volantes, présentes en grand nombre dans le film, qui désormais transpercent les cranes ainsi que le Tall Man et son armée de nains obèses. Cette suite amorce également ce qui fera la spécificité de la saga au fil de ses cinq épisodes : les ruptures de ton. Si Phantasm développait une mélancolie mortifère sur fond de perte des illusions de l’enfance, Phantasm II se situe davantage sur les traces du road-movie mâtiné de film d’action hard boiled à tendance gore (voir très gore), tendance affirmée par l’excellent travail du maquilleur Mark Shostorm qui avait déjà officié sur le Evil Dead II de Sam Raimi.

Cette nouvelle direction est particulièrement évidente si l’on considère certaines séquences haletantes réalisées avec une certaine maîtrise, qu’il s’agisse de la première scène de combat entre Reggie et les serviteurs du Tall Man ou encore de cet improbable duel à la tronçonneuse entre un homme de main vêtu d’un masque à gaz et Reggie également (par ailleurs la place davantage importante que prend son personnage est à noter)  rappelant immanquablement celui de Massacre à la tronçonneuse II de Tobe Hooper, réalisé deux ans auparavant. En outre, de nombreux traits d’humour sont également présents. Cette caractéristique ne fera que s’intensifier dés le troisième opus de la saga : Phantasm III : Lord of the dead (1994).

En définitive, l’onirisme et le travail d’atmosphère laisse la place au rythme effréné et à un surplus explicatif qui atténue malheureusement la portée poétique et ambigu du premier épisode. Néanmoins, au vu du gouffre d’inspiration que constituent un nombre éclatant de suites au sein du cinéma horrifique, il est difficile de ne pas être touché par l’opiniâtreté de Don Coscarelli dans le fait de faire évoluer son œuvre tout en maintenant une certaine cohérence.

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