[CRITIQUE] « Ouija : Les Origines », réalisé par Mike Flanagan

No Comment

Ouija : les origines

À Los Angeles en 1965, une veuve et ses deux filles montent une nouvelle arnaque pour pimenter leur commerce de séances de spiritisme bidon. Chemin faisant, elles font involontairement entrer chez elles un esprit maléfique bien réel. Lorsque la fille cadette est possédée par la créature impitoyable, la petite famille doit surmonter une terreur dévastatrice pour la sauver et renvoyer l’esprit de l’autre côté…

Pas attendue pour un sou, cette préquelle du premier opus Ouija signé Stiles White n’est pas plus réussie que son prédécesseur. Un prédécesseur à l’aura poisseuse, immense succès au box-office (103 millions de dollars récoltés pour seulement 5 millions de budget) mais désastre total du côté critique. On se souvient qu’en mars 2014, l’équipe du film avait du recommencer le tournage, réécrire le scénario, supprimer et modifier des personnages à cause des critiques extrêmement négatives que le film avait reçu lors des séances tests. Si, cette fois, les critiques sont beaucoup plus dithyrambiques et hurlent au « talent incroyable » de Mike Flanagan (Oculus, Hush, Before I Wake)Ouija : Les Origines est pourtant bel et bien raté, grossier amoncellement de références piétinées et de clichés qui alourdissent le genre.

© Universal Pictures France

On retrouve ainsi la famille Zander et leurs fantômes, dont l’histoire post-mortem est dévoilée par le film. Il semblerait, en fait, que cette préquelle soit entièrement tournée vers la nécessité de prouver qu’il est possible de fournir un fond narratif intéressant à cette saga dont on regrette l’existence. Et ce n’est pas une réussite. Tous les personnages sont des clichés ambulants du film de genre, de la gamine possédée à la grande soeur sexy en passant par le gentil prêtre ami de la famille, tous passent sous le rouleau compresseur d’un scénario affligeant. Si l’on avait beaucoup reproché à Ouija de n’avoir pas su mettre en place une ambiance horrifique en plongeant in medias res dans le jus, Mike Flanagan a ici rattrapé le coup en créant un background malheureusement affligeant. Le papa est mort, la mère galère et exploite ses enfants dans ses combines de diseuse de bonne aventure, la gamine se fait harceler à l’école et développe avec l’achat d’une planche ouija ses dons de médium qui auraient « sauté une génération ». Étrangement familier n’est-ce pas ? Si seulement il n’y avait que ça…

© Universal Pictures Germany
© Universal Pictures Germany

Ouija : Les Origines semble malheureusement surcompenser les erreurs de son prédécesseur en s’accrochant à des références qu’il bousille à coups de marteau. On retrouve de nombreux éléments déjà présents dans les classiques de « possession » – gamine aux yeux révulsés grimpeuse de plafond, maison hantée, cimetière dissimulé et réactivé par la bêtise des personnages (coucou Evil Dead– et l’on a l’impression d’assister à un désagréable remâchage de L’exorciste. Sans aucune finesse, Mike Flanagan décide d’incarner ses fantômes sous forme de ridicules et irréalistes créatures de synthèse qui pénètrent la bouche de leurs victimes en déformant leurs visages d’une grimace hilarante. Pas vraiment l’effet recherché pour un film qui ne vise apparemment pas le second degré. La démonstration se substitue à une suggestion qui aurait peut-être pu permettre au film de ne pas sombrer dans les affres de l’échec, accentué par une incongrue back-story nazie et d’une fin risible. Ratage complet pour un réalisateur qu’on attendait pourtant au tournant.

Balance ton commentaire

Back

L’info continue sur facebook

L’Agenda du genre (Août 2017)

Au cinéma :

En vidéo :

Sur Netflix :

SHARE

[CRITIQUE] « Ouija : Les Origines », réalisé par Mike Flanagan