[CRITIQUE – FEFFS 2018] « Nightmare Cinema », réalisé par Collectif

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Dans une salle de cinéma oubliée et hantée, un groupe d’étrangers se rassemblent pour regarder une série de vignettes macabres déployée par un mystérieux Projectionniste.

Imaginez un peu le tableau : Joe Dante (Gremins, Small Soldiers…), Ryuhei Kitamura (Midnight Meat Train, Downrange) et David Slade (Hard Candy, 30 Jours de Nuit) réunis dans une seule et même anthologie, le tout sous la houlette de Mick Garris, à qui l’on doit la série Masters of Horror. Ça donne envie, non ? C’était en tout cas la promesse de ce Nightmare Cinema, non sans une certaine modestie, annoncé comme un véritable terrain de jeu pour ces auteurs aussi majeurs que variés, bénéficiant ici d’une liberté créatrice totale. On avait de quoi partir enthousiaste, conscients du potentiel dont regorgent ces maîtres en la matière. Et pourtant…

Nightmare Cinema est raté. Complètement raté. Pourtant, l’ensemble commençait de la plus belle des manières avec The Thing In The Woods, segment de Alejandro Brugues débutant en plein climax de slasher à la Vendredi 13 avec son lot de stupidités jouissives et assumées (et même le tueur de La Cité de la Peur en cameo involontaire !), pour finalement proposer un twist très honnêtement inattendu, menant à un final qui a excité tout son public. Malheureusement pour nous, cette excitation ne sera que de courte durée et rien d’autre n’arrivera à la cheville de ce premier segment (réalisé par l’artiste le plus « confidentiel » du lot, douce ironie).

De manière générale, l’intégralité des segments sonne terriblement cheap et sent cruellement un manque d’investissement et de créativité de la part des réalisateurs. Trois des cinq segments se déroulent dans un complexe hospitalier (!!!), la palme du malaise revenant à Joe Dante et son segment Mirare, vu et revu des millions de fois et impersonnel à en mourir, à un point tel que son scénario ne semble même pas disposer de véritable fin. Tout juste pouvons-nous sauver le segment de David SladeThis Way to Egress, au parti-pris visuel intéressant mais qui n’est là qu’une pâle copie de son propre épisode Metalhead de la saison 4 de Black Mirror, le budget en moins.

Vous l’aurez compris, Nightmare Cinema est un naufrage tel et si cruel qu’il ferait presque office d’anomalie. Son équipe artistique garantissait une sympathique anthologie de série B à se mettre sous la dent mais il n’en est rien. La faute à un manque flagrant de folie et surtout à des histoires trop longues, répétitives, pas intéressantes, incohérentes voire tout simplement pas finies. Si même des personnes comment Ryuhei Kitamura ne parviennent pas à nous redonner de l’espoir en ces eaux troubles, c’est que quelque chose ne tourne décidément pas rond dans ce projet. Le temps révolu des Masters of Horror semble désormais si lointain…

Nightmare Cinema
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Conclusion

Passé son premier sketch, aucun élément de Nightmare Cinema n’arrive à nous faire esquisser un sourire, à tel point que l’on se demande le plus sincèrement du monde si nous n’avons pas affaire là à des usurpateurs. Préférez-lui plutôt Tales of Halloween ou même XX, bien plus nerveux et plaisants à regarder.

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[CRITIQUE – FEFFS 2018] « Nightmare Cinema », réalisé par Collectif