[CRITIQUE] « Mohawk », réalisé par Ted Geoghegan

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Après qu’une de ses tribus ait mis le feu à un camp américain, une jeune guerrière mohawk se retrouve poursuivie par un groupe de militaires en quête de revanche. Fuyant profondément dans les bois, Oak et Calvin, avec leur compagnon britannique Joshua, doivent maintenant se battre contre le colonel Holt et ses soldats, en utilisant toutes les ressources réelles et surnaturelles que la forêt sinueuse peut offrir.

Présenté durant le Festival Fantasia (édition 2017), le film de Ted Geoghegan ne fait guère de vagues et suit le même parcours que son prédécesseur We are Still Here : il tente de se faire un petit nom avec une poignée de projections aux cinémas (uniquement aux États Unis) pour se concentrer un mois plus tard au marché vidéo. Alors que les médias compare We are Still Here à It Follows et qu’il s’incruste dans les classements des meilleurs films d’horreur de l’année 2015. Mohawk sort depuis le mois d’avril sur supports physiques ainsi que sur les sites de streaming (SVOD et autres), et continue toujours de chercher son public.

Présenté comme un film d’action horrifique rythmé par des pensées sociopolitiques et un désir de vengeance. Il s’agit plus d’un drame historique à l’instar du film de Michael Mann Le Dernier des Mohicans que de la barbarie présent dans le film 300. L’aspect dit « horrifique » se manifestera que beaucoup plus tard dans le film et, heureusement, elle vaut vraiment le coup d’attendre.

Après avoir exploité la maison hantée dans son précédent film, la trame historique devient une autre paire de manche pour le réalisateur et le budget ne suit pas vraiment. Le film tourne en rond dans sa première moitié pour ne montrer qu’un seul décor (la forêt verdoyante) où la dynamique chasseurs contre chassés évolue sans indiquer aux spectateurs pourquoi. En tentant de nous introduire directement au milieu du conflit, nous perdons toute envie de s’attacher aux moindres personnages. Le travail de certaines scènes paraissent comme bâclées, ce qui retire de ce fait toute dramatisation. Nous notons par ailleurs un travail sur les dialogues qui donne de très bonnes répliques, mais qui sont attribués aux « méchants » plutôt qu’aux héros.

Pour un film portant le nom de Mohawk, le réalisateur s’attarde trop sur leurs adversaires, menés par le colonel Holt , un homme convaincu de sa supériorité face aux « sauvages » interprété par Ezra Buzzington (La Colline a des Yeux, Halloween).

En outre, la partie horrifique est la force de ce film, qui reste de loin la mieux maîtrisée mais reste malheureusement trop courte. En dépit d’un budget visiblement restreint, le réalisateur insuffle un suspense qui rappelle celui de We are Still Here. Le message du film sur l’intolérance, l’oppression ou la vengeance ressortent naturellement des scènes d’action et du cœur de ce film, mais les os brisés, les corps poignardés et les divers empalements vont satisfaire les fans du genre.

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