[CRITIQUE] « Mimic », réalisé par Guillermo Del Toro

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Mimic Affiche

Une terrible épidémie transmise par des cafards ravage Manhattan, plusieurs milliers d’enfants sont contaminés et condamnés. Une action chimique étant impossible à cause de la résistance de ces insectes, le seul moyen est alors de trouver une arme biologique. Le seul espoir pour New York est de faire appel à une brillante entomologiste et généticienne : le Docteur Susan Tyler. Grâce à ses « judas » (insectes génétiquement modifiés), elle va pouvoir combattre et éradiquer ces cafards porteurs de la maladie. Trois ans passent et plus de maladie. Mais quelque chose de bien pire attend New-York. Un remède bien plus dévastateur que le mal.

Avant d’être l’un des grands représentants de la communauté Geek au cinéma, mais également l’homme aux projets maudits que l’on connaît aujourd’hui (on a tous en travers de la gorge l’annulation de ses projets prometteurs tels que l’adaptation des Montagnes Hallucinées de Lovecraft, Pacific Rim 2 ou encore le jeu video Silent Hills), Guillermo Del Toro est avant tout un vrai fan de cinéma d’horreur. Après avoir été maquilleur et responsable des effets spéciaux dans de nombreuses productions Mexicaines, c’est en 1993 que Del Toro décide de réaliser son premier long-métrage, Cronos, reprenant le mythe du vampire et qui a obtenu de nombreux prix, dont celui du meilleur scénario et du meilleur acteur pour Frederico Luppi au Festival de StigesSuite au succès de Cronos, de nombreux studios hollywoodiens ouvriront leurs portes à l’univers de Guillermo et c’est en 1996 qu’il commence la production du film dont je vais vous parler ici: Mimic…

Mimic 3

Le réalisateur arrive donc dans la prestigieuse boîte de production horrifiques des frères Weinstein, Dimension Films où un projet de film à sketches nommé Light Years est en pré-production. Ce film devait comporter des courts métrages d’une trentaine de minutes adaptées d’histoires présentes dans les revues pulp Ashtonishing Stories dont une d’entre elles, intitulée Mimic avait été écrite originellement par Donald A. Wallheim dans les années 40. Finalement, le projet Light Years tombe à l’eau et le studio transforme le segment consacré à Mimic en un film à part entière et le confie donc au réalisateur fraîchement arrivé pour une sortie en Août 1997 aux Etats-Unis.

La première chose que l’on constate en regardant ce film est qu’il est véritablement ancré dans son époque, que cela soit au niveau de la photographie, de l’atmosphère et aussi du scénario. Toutefois, ce dernier se détache beaucoup du reste des productions qui sortaient à cette même période, en pleine mode des slashers movies pour ados qui foisonnaient dans les années 90 tel que Souviens-toi… L’été Dernier ou Urban Legend. Ici, point de tueur masqué dans une soirée remplie d’alcool et de jeunes, mais plutôt des insectes mutants qui ont élu domicile dans le métro New Yorkais. L’histoire peut en effet paraître assez kitch aux premiers abords mais c’est très probablement volontaire de la part du réalisateur, en grand fan de cinéma fantastique et à l’instar de son précédent film Cronos, pour ensuite moderniser les lieux, l’action et y apporter sa propre touche artistique qui propose des plans extrêmement soignés, qui dégagent une ambiance sombre mais très esthétique, chose que l’on retrouvera énormément dans ses films suivants comme les deux Hellboy ou Le Labyrinthe de Pan.

Mimic 2

La 1e partie est très plaisante à regarder. Après un générique qui fait curieusement penser à celui de Seven de David Fincher, Guillermo prend le temps de présenter ses personnages principaux (dont Susan Tyler jouée par Mira Sorvino et Peter Mann joué par Jeremy Northam), d’instaurer une ambiance très lugubre (aidé par la bande originale de Marco Beltrami, qui avait officié 1 an plus tôt pour Scream), notamment en introduisant les différentes bestioles que nous verrons plus en détail plus tard dans le film. Et on constate de suite qu’un vrai effort a été réalisé pour le design des monstres, qui se révèle très imposant et angoissant, en plus d’être particulièrement astucieux. Les créatures nous fascinent dès les premières scènes et se dévoilent très progressivement (comme par exemple lors de la séquence de l’église, qui est assez terrifiante) jusqu’à les voir intégralement, cette fois ci en images de synthèse, qui bien qu’ayant un peu vieilli surtout au niveau de leur incrustation, ont toutefois une animation fluide et crédible, ce qui est notable pour un film de 18 ans.

Et c’est à partir de ce moment là que la seconde partie du film arrive et qu’elle prend un style très différent de la première, plus proche des standards de l’époque, uniquement axée sur la survie et l’action, mettant de côté l’angoisse et la découverte. Si certaines scènes comme celle de l’assaut sur le métro demeurent sympathiques, le tout tourne trop en longueur et se termine même sur un final cliché, prévisible, incohérent et surtout trop abrupte !

De nombreuses explications sont possibles pour ce changement de ton assez soudain, mais il est sous-entendu que les frères Weinstein ont fait modifier de grandes parties du script (par de nombreux scénaristes non crédités au générique) afin qu’il convienne mieux à leurs exigences, portant ainsi atteinte malheureusement à la cohérence d’ambiance entre les deux parties du film mais également au traitement des personnages qui demeurent finalement assez vides avec des liens très artificiels (cela se ressent sur le couple principal par exemple).

Mimic 1

A sa sortie, le film a connu un succès correct au niveau critique mais l’accueil public fut bien moins impressionnant et aujourd’hui, le film est plutôt mis à l’écart, notamment par Del Toro lui même qui a très peu apprécié sa collaboration avec le studio Dimension Films bien qu’il ait tout de même pu monter sa propre version « Director’s Cut » du film, sortie en Blu-Ray en 2011. Les frères Weinstein, eux, n’ont pas hésité à continuer d’exploiter le filon en proposant deux suites en Direct-To-DVD, qui n’ont pas l’air de promettre de miracles.
Malgré ses défauts d’écriture et sa seconde partie bancale, je vous invite vivement à découvrir Mimic si vous êtes fan du réalisateur ou si vous êtes juste curieux, afin de vous plonger dans son univers si particulier à l’aube de la sortie de Crimson Peak le 14 Octobre, qui marque son retour à ses premiers amours: Le cinéma d’horreur.

Mimic
3.5

Conclusion

Mimic est un divertissement agréable et sympathique au design très travaillé qui, même si il ne révolutionne par l’horreur, est un bel aperçu du cinéma de genre des années 90 et marque surtout les débuts Hollywoodiens de Del Toro qui nous réservait que le meilleur pour la suite de sa carrière…

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