[CRITIQUE – FEFFS 2018] « Meurs, Monstre, Meurs », réalisé par Alejandro Fadel

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Dans une région reculée de la Cordillère des Andes, le corps d’une femme est retrouvé décapité. L’officier de police rurale Cruz mène l’enquête. David, le mari de Francisca, amante de Cruz, est vite le principal suspect. Envoyé en hôpital psychiatrique, il y incrimine sans cesse les apparitions brutales et inexplicables d’un Monstre. Dès lors, Cruz s’entête sur une mystérieuse théorie impliquant des notions géométriques, les déplacements d’une bande de motards, et une voix intérieure, obsédante, qui répète comme un mantra : “Meurs, Monstre, Meurs”…

C’est une curieuse production franco-argentine qui nous arrive en terres Strasbourgeoises. Déjà remarqué au dernier Festival de Cannes dans la compétition Un Certain Regard, Meurs, Monstre, Meurs entend bien polariser son audience de la plus forte des manières, de la même façon qu’il l’avait déjà fait en mai dernier. Pour son second long-métrage, l’argentin Alejandro Fadel décide ainsi de poursuivre son exploration des genres tous plus radicaux les uns que les autres en composant un étrange mélange entre un thriller pur-et-dur et de l’horreur viscérale, mais sans oublier un petit ingrédient mystère en guise de dessert.

Déconcertant est sûrement le mot qui nous vient en tête lorsque l’on aborde le cas de Meurs, Monstre, Meurs, et à raison. Dès son tout premier plan, le film s’impose en nous montrant une jeune femme à moitié décapitée et dont la tête va progressivement s’arracher en arrière, le tout en full frontal. Propre, radical, efficace. Et c’est cette noirceur à toute épreuve qui va suivre nos personnages au cours des premiers instants de l’intrigue, avec cette atmosphère détachée et désespérée pas si éloignée des plus grands polars sud-coréens de notre génération.

On peut alors dresser un bref mais juste bilan de notre avis sur le film, à savoir une oeuvre absolument magnifique visuellement mais au scénario qui se veut bien trop sur-explicatif sur certains éléments (quitte à répéter des choses que l’on a déjà vu auparavant) mais pas assez pour certaines parts d’ombre. C’était sans compter sur sa deuxième heure, qui peut s’assimiler à un bon gros coup de pied dans la fourmilière envoyant valdinguer nos attentes (et notre début d’ennui par la même occasion). Dès lors, l’intrigue s’engouffrera, de son plein gré, dans un spectacle grand-guignol assez inattendu, jouant habilement avec nos personnages qui, eux, appartiennent encore à la première « ambiance ».

C’est tout particulièrement durant cette dernière partie aux frontières du midnight movie que nous pouvons grandement féliciter le travail acharné du français Olivier Afonso et de son Atelier 69, responsable des prothèses utilisées ici et qui atteignent des sommets en matière de gore dégoulinant et ragoûtant. A la manière de sa production multi-influencée, convoquant des meilleurs talents de l’Argentine et de la France, Meurs, Monstre, Meurs se distingue par sa diversité de styles, se mariant tous de manière très surprenante, générant une curiosité qui risque de fortement rebuter, mais également intriguer une bonne partie de son public.

Meurs, Monstre, Meurs
3.5

Conclusion

Meurs, Monstre, Meurs s’impose sans hésitation comme l’OVNI de cette onzième édition du FEFFS. Mélangeant étrangement ses multiples styles, le film de Alejandro Fadel se démarque par son audace technique et visuelle, malgré un scénario qui aurait gagné à être plus équilibré dans sa narration.

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