[CRITIQUE] « Memories of Murder », réalisé par Bong Joon-ho

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En 1986, dans la province de Gyunggi, le corps d’une jeune femme violée puis assassinée est retrouvé dans la campagne. Deux mois plus tard, d’autres crimes similaires ont lieu. Dans un pays qui n’a jamais connu de telles atrocités, la rumeur d’actes commis par un serial killer grandit de jour en jour. Une unité spéciale de la police est ainsi créée dans la région afin de trouver rapidement le coupable. Elle est placée sous les ordres d’un policier local et d’un détective spécialement envoyé de Séoul à sa demande. Devant l’absence de preuves concrètes, les deux hommes sombrent peu à peu dans le doute…

En à peine 6 films, Bong Joon-ho s’est imposé comme le plus talentueux cinéaste sud-coréen de sa génération. Chacun de ses longs-métrage est une parfaite association entre divertissement et réflexion. Il est reconnaissable à son parfait sens du cadrage, son humour et sa vision de la société qu’il analyse constamment par le biais de la fiction. C’est en 2006 que le cinéaste bénéficie d’une exposition mondiale avec le thriller fantastique The Host. Un scénario de science-fiction basique donne lieu à un regard critique sur les rapports sociaux et une critique politique dénonciatrice.

Revenons donc sur le second film de ce brillant réalisateur. Memories of Murder réalisé en 2004, et qui ressort en copie restaurée le 5 juillet.

Ce long-métrage forme une parfaite introduction au style de Bong Joon-ho et son évolution à venir. En effet tout ce qui fait la pâte du cinéaste coréen se retrouve dans ce thriller policier. La mixité des genres est ce qui interpelle avant tout dans Memories of Murder. Le cinéaste traite un sujet très sordide avec un humour presque permanent. Certaines scènes glacent le sang du spectateur, tandis que d’autres amènent une dérision très drôle et sarcastique.  La « comédie » véhicule un sarcasme dénonciateur dévoilant le caractère de chacun et révélant un portrait en coupe de la société. Le fil conducteur de l’enquête policière suscite la présentation d’un large panel de comportements et caractères différents et opposés. Une affaire de fait divers sordide vient donc bouleverser la microsociété et les comportements de chacun au sein d’une petite ville rurale.

Toute l’intelligence de l’intrigue c’est de constituer un révélateur des esprits, exactement comme dans le giallo italien. Une situation anormale provoque le revirement des consciences et l’accroissement des inquiétudes de chacun. Les codes du film policier sont bouleversés à chaque instant et les attentes scénaristiques du spectateur sont toujours agréablement surprises par le degré d’inventivité du long-métrage.

Le sens du cadrage de Bong Joon-ho est un plaisir de chaque instant. Chaque plan capture parfaitement les personnages dans l’immensité de grands espaces ruraux complètement déserts. Ces grands paysages vides viennent intensifier l’insécurité qui guette la ville et la menace qui pèse dès la nuit venue. La restauration profite à la photographie du film dont les couleurs sont magnifiquement traitées. La bande originale de Tarô Iwashiro sublime chaque plan par des thèmes harmonieux et poétiques.

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