[CRITIQUE] « Manuel de survie à l’apocalypse zombie », réalisé par Christopher Landon

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scout guide zombie apocalypse affiche

L’histoire de trois scouts qui, à la veille de partir camper une dernière fois, découvrent le vrai sens de l’amitié lorsqu’ils doivent sauver leur ville dune invasion de zombies.

Christopher Landon, fils de Michael, est l’un des principaux responsables de l’existence de la franchise Paranormal Activity. Seul ou accompagné, il a signé les scénarios du second au quatrième opus ainsi que celui du spin-off mexicain. Avec Manuel de survie à l’apocalypse zombie, le jeune réalisateur aborde un thème que Charles Ingalls aurait surement bien plus approuvé, que les histoires de banlieusards hantés. Outre le fait qu’il mette en scène une zom-com, la toile de fond reste ce noble mouvement qu’est le scoutisme. Soit une méthode d’éducation jugé ringarde par la pensée unique, puisqu’elle ne récompense pas l’utilisation des réseaux sociaux. La scène d’ouverture rend hommage au films de zombie des 80’s tout en y apposant immédiatement le ton marrant qui saura perdurer. Une influence qui ne s’arrête donc pas au simple visuel de l’affiche et qui introduira dans la bonne humeur un spectacle qui l’est tout autant.

scout guide zombie apocalypse photo 2

Comédie en territoire zombie mais également teen movie, c’est également autour d’un trio que le film s’articule. Également car, simultanément, outre-Atlantique, sortait Freaks of Nature, précédemment chroniqué, ici, pour vous. Un concurrent direct ayant récupéré Nicholas Braun, ayant tourné aux cotés de Tye Sheridan et Logan Miller  dans le drame historique The Standford Prison Experiment. Les deux derniers incarnant désormais deux scouts déserteurs sur le point de côtoyer des zombies moins sympa que dans le film précité de la Columbia. Bonne pioche pour les deux comparses qui partagent ainsi l’affiche avec Sarah Dumont (euh…une blonde bonne) et Halston Sage (Chair de Poule – Le Film). Démarrant sur les bases du films d’ados, Landon prouve son talent dans la simple mise en scène des passages obligés. De la drague maladroite à l’approvisionnement en alcool au drugstore du coin, chaque séquence est suffisamment bien écrites et interprétées pour qu’on puisse profiter du moment. Sur la simple idée de juxtaposer le concept scout avec les habituelles intentions et réactions adolescentes, le potentiel humoristique se voit continuellement alimenté.

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Bien qu’il soit peu à peu délaissé pour mieux revenir dans le dernier acte, le scoutisme n’est pas l’unique idée sur laquelle repose le film. Une fois les mangeurs de chair débarqués, une foule d’idées viendra étoffer des péripéties tout aussi inventives. Si le concept de la zom-com a initialement été lancé pour le marketing de Shaun of the Dead, il a rarement été aussi bien compris et réutilisé que dans Manuel de survie à l’apocalypse zombie. La personnalisation des morts-vivants est entre autre, l’une des composantes de ce concept. Là où l’horreur pure s’applique à les déshumaniser pour en faire une masse menaçante, la comédie utilise leur individualité passée, désormais propice aux gags. Que ce soit via des caractères physique ou psychique, la diversité des personnages assurera un niveau certain entre gore décomplexé et franche rigolade. Entre les running gags de selfies et du zombie increvable il y a fort à parier que vous ne verrez pas le temps passer. Évidemment l’aspect technique n’est pas en reste et emballe très proprement cet étalage de pustules et de sang. Un buffet gore savamment dosé entre effets concrets et CGI travaillés.

SCOUTS VS. ZOMBIES

Des morceaux R&B, hip-hop, rock indé et électro house viennent prêter main forte au score original de Matthew Margeson. L’implication du compositeur dans l’affaire incarne s’il en faut, une preuve supplémentaire de l’excentrique potentiel du projet. Pour rappel, c’est à lui qu’on doit les BO de Kingsman et Kick-Ass 2. La fusion de tout ça prend ainsi des airs de Projet X à la sauce zombie. En concentrant littéralement la jeunesse de la bourgade infectée dans un unique lieu de débauche, son salut ne dépendra que de l’efficacité de l’enseignement scout. Ou comment réintégrer l’un des plus vieux codes de l’horreur : « c’est en s’adonnant à l’alcool et au sexe, qu’on meurt ». Si la réalisation connait bien sa leçon, il en va de même pour les protagonistes. Plutôt que d’abolir le mot en Z c’est leur connaissance envers le sujet qui se montrera rafraichissante. La culture zombie que possède chacun évitera ainsi l’éternel chargeur vidé dans le bide, avant de se décider à viser la tête. Sans s’alourdir d’un quelconque message moralisateur, le film d’Halloween 2015 de la Paramount enterre haut la main son concurrent de chez Columbia. En confrontant trois scouts à l’apocalypse zombie, le scoutisme récupère ses galons en rappelant au passage la solidarité qu’il prône, et ce, même s’il impose des uniformes super moches.

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