[CRITIQUE] « Le Cercle – Rings », réalisé par Francisco Javier Gutiérrez

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Une jeune femme s’inquiète pour son petit ami lorsqu’il commence à s’intéresser aux mystères entourant une vidéo censée tuer celui qui la regarde 7 jours après l’avoir visionnée. Elle se sacrifie pour sauver son petit ami et fait alors une terrifiante découverte : il y a « un film dans le film » que personne n’avait encore vu…

Alors que nous sommes plongés dans l’ère des remakes et des suites, il était difficile de penser que nous puissions passer à côté d’un film d’horreur aussi culte que The Ring. Considéré comme un véritable classique au Japon, les américains se sont appropriés le sujet une première fois en mettant en vedette Naomi Watts et Martin Henderson. Une version relativement acclamée par la critique dans l’ensemble et qui aura marqué une génération par son passage sur grand écran en 2002, bien qu’elle ne soit pas transcendante et inoubliable pour autant. Mais ne perdons pas une recette qui fonctionne ! C’est bien connu, les classiques ne meurent jamais vraiment, et il était grand temps de remettre sur le tapis un projet plus ou moins perdu de vue depuis 15 ans. Une production standard en 2017 à bien des égards, que nous – simples spectateurs – sommes en droit de redouter. La bande-annonce laissait présager un léger renouveau pour la licence avec cette « fausse » suite, mais le résultat est-il vraiment à la hauteur de nos espérances ?

La réponse mérite d’être claire, et ce d’entrée de jeu : Absolument pas. Il n’y a pas le moindre élément qui vienne justifier la réalisation d’une telle purge. Pour faire simple : Le Cercle – Rings est une source intarissable de tout ce qui devrait être interdit de reproduire dans le cinéma d’horreur. Dès les premières minutes, le film est mis à mal avec une séquence d’introduction qui, de manière générale, s’occupe de poser les fondations pour amener son sujet, en particulier pour celles et ceux qui n’ont pas eu la chance de visionner l’oeuvre originale d’Hideo Nakata. Mais la réalisation dessert complètement son propos et se révèle être d’une inconsistance rarement égalée pour le genre. Une entrée en matière complètement bafouée donc, qui ne donne nullement l’envie de nous intéresser aux péripéties à venir. Et il suffit de quelques minutes supplémentaires, avec la présentation des protagonistes, pour nous conforter dans l’idée que nous n’aurons pas affaire à un chef d’oeuvre…

Deux adolescents se bécotant sur un lit, et dont la pauvreté des dialogues cherche – de toute évidence – à faire de l’ombre à une mise en scène quasi inexistante. Ces quelques minutes sont là pour nous rappeler à qui Rings est véritablement destiné. Un jeune public à la recherche d’adrénaline. Le cinéma d’horreur peut être vecteur d’incroyables sensations, notamment le malaise qu’il peut susciter dans certaines situations – situations que l’on retrouve facilement, que ce soit dans l’oeuvre originale de 1997, ou encore dans la version américaine réalisée par Gore Verbinski. Mais ce n’est en aucun cas la vision que souhaite nous faire partager Francisco Javier Gutiérrez, qui enchaîne les jumpscares d’une pauvreté abyssale, et qui oublie les enjeux de son oeuvre dont les principales vocations sont de tenir en haleine ses spectateurs, mais surtout leur faire peur. Jusque dans les dernières secondes, rien ne parvient à relever le niveau de ce long-métrage, ô combien prévisible, qui sera destiné à rester dans les méandres de l’horreur mainstream.

Résultat : Nous avons une oeuvre qui ne fait ni peur ni frémir, dont nous nous moquons éperdument des tenants et des aboutissants, et qui par dessus tout est longue. Bien que sa durée soit classique, les tentatives pour lancer véritablement le film sont vaines, et l’ennui prend le dessus sur le reste. Les personnages sont vides, les jumpscares ne fonctionnent pas et l’histoire ne tient pas debout. Si tous ces facteurs posent la question de savoir si Rings, version 2017, apporte un véritable renouveau à cette franchise, nous pouvons apporter une réponse claire. Oui : Dans la mesure où aucun film rattaché à cette licence n’a jamais été aussi mal fichu. La seule véritable nouveauté que constitue cette version réside dans le passage de la malédiction, initialement au format cassette, désormais au format numérique. A vous de décider si vous êtes prêts à payer votre place de cinéma pour pareil changement.

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