[CRITIQUE] « Le Mort-vivant », réalisé par Bob Clark

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Andy Brooks est un jeune homme parti faire la guerre au Vietnam. Un soir, ses parents apprennent par un officier la mort de leur fils au combat. Désespérée, la mère continue à croire qu’Andy a survécu, priant pour son retour. Jusqu’au jour où Andy réapparaît sur le seuil de leur maison. Emportés par la joie, ses parents ne remarquent pas que quelque chose a changé dans son comportement. Andy ne parle presque plus, ne se nourrit plus et reste constamment enfermé dans sa chambre, pendant que des meurtres atroces terrifient la région.

Le Mort-Vivant (Dead of Night) est un film américain réalisé par Bob Clark et sorti en 1974. Quelques années auparavant, un jeune cinéaste encore inconnu défraie la chronique du genre en réalisant l’un des films les plus terrifiants de sa génération : La Nuit des Morts-Vivants, sorti en 1968. Sans le savoir, Romero bouscule les codes et crée à la fois un nouveau phénomène : celui du zombie. Bricolé avec quelques amis et avec un budget dérisoire, Romero effraie toute une jeunesse laissée pour compte, celle des années 1960, une époque particulièrement charnière pour l’Amérique et bon nombre de ses problèmes : la ségrégation touchant à sa fin, le phénomène Hippie, le bourbier vietnamien, l’émergeance du Nouvel Hollywood posant ses bases avec une violence réaliste à l’écran. Les morts-vivants de Romero ne sont plus l’expérience d’une quelconque magie vaudou ou d’un mystérieux virus dévastateur : L’Amérique est son propre virus et la propage à sa propre jeunesse de plus en plus contestataire, La Nuit des morts vivants nous démontre à travers ses atrocités commises à l’autre bout de la terre, la capacité de l’être humain à se dévorer elle-même.

Les zombies sortent tout droit de l’imaginaire caribéen, en particulier Haïti, des morts revenus à la vie sèment la terreur dans cette contrée lointaine et les américains ne tardent pas à prendre connaissance de ce phénomène. C’est ainsi qu’en 1932, Victor Halperin réalise ce qu’on pourrait appeler le premier film de zombies intitulé : White Zombie, racontant l’histoire d’un mystérieux chamane s’entourant de zombies esclaves à sa merci. Ce n’est qu’en 1943 qu’un certain français expatrié aux Etats-Unis, Jacques Tourneur, réalise Vaudou, là encore nous retrouvons rites obscurs et esclaves morts-vivants. Après le succès de George Romero, le cinéma européen met en scène à leur tour des films de zombies, avec une touche un peu plus ténébreuse, bon nombre de cinéastes européens (dont italiens) s’approprieront le mythe : citons par exemple le cas de Lucio Fulci : L’enfer des Zombies (1979), Frayeurs (1980) ou encore L’au-Delà (1981) Rappelons qu’en 1978, George Romero persiste et signe avec Zombie, sorte de suite ou film prolongeant l’univers de La Nuit des Morts-Vivants, là encore, les zombies affamés se déchaînent et le gore est au rendez-vous. Des années 1980 jusqu’à de nos jours, les morts-vivants prolifèrent dans le cinéma de genre et prennent une place importante dans la culture cinématographique, la série TV The Walking Dead (2010-), Wold War Z (2013), 28 Jours plus Tard (2002) de Danny Boyle et bien d’autres films ne cessent de perdurer la légende zombiesque au cinéma.

Revenons quelques décennies en arrière à présent : Nous sommes au début des années 1970, un certain cinéaste du nom de Bob Clark s’initie à l’horreur en signant l’un de ses plus beaux chefs d’œuvres de sa carrière : Le Mort-Vivant, dans la même veine que La Nuit des Morts-Vivants, Bob Clark ne s’attarde pas à filmer une hystérie collective autour de morts revenus à la vie, d’emblée de jeu : le film commence en montrant la mort d’un jeune soldat américain « Andy » se battant au Viêt Nam. Tué d’une balle lors d’une opération, l’armée ne tarde pas à informer ses parents de son décès. A peine ont t’il appris la nouvelle que leur fils est déjà de retour ! Rentré du Viêt Nam, le jeune « Andy » présente un comportement pour le moins étrange, il ne se nourrit plus, s’isole et devient agressif au moindre contact. Au fur et à mesure, Andy se putréfie, pour garder une apparence normale, il tue et se nourrit du sang de ses victimes, alors que les meurtres se multiplient, les parents d’Andy découvrent qu’il n’est autre qu’un mort-vivant errant.

Caractéristique du cinéma indépendant des années 1970, Le Mort-Vivant se veut une violente charge contre la guerre du Viêt Nam, sur fond de fantastique, il s’élève comme l’un des premiers films traitant des symptômes de la guerre du Viet Nam et de ses vétérans qui y ont laissé leurs âmes. Les effets spéciaux et maquillages, novateurs pour l’époque sont l’oeuvre de Tom Savini, à la fois réalisateur et acteur, son expérience en tant que photographe de guerre au Viêt Nam feront remarquer ses talents dans bon nombre de films horrifiques cultes : Zombie (1978), la saga Vendredi 13, Maniac (1980), Massacre à la Tronçonneuse 2 (1986) Le Jour des Morts-vivants (1985) ou encore Carnage (1981), chez Savini, pas de censure ni d’assez trop : Le Sang gicle et la chair se décompose ou explose…

Bob Clark signe ici son quatrième long-métrage, il persistera dans l’horreur en insufflant un nouvel air dans le domaine du slasher avec Black Christmas sorti en 1974, un film tout aussi emblématique qui aura inspiré la saga Halloween ou encore Scream.

Petit film indépendant et trop souvent oublié, Le Mort-vivant fait partie de ses premiers films emblématiques portant sur les zombies pour se nourrir de chair et de sang, malgré quelques rides, le film demeure un petit chef-d’oeuvre pour amateurs de zombies, dans la lignée de ceux de George A. Romero, Bob Clark signe l’un de ses films les plus novateurs de sa carrière.

Le Mort-vivant
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Conclusion

Petit film indépendant et trop souvent oublié, Le Mort-vivant fait partie de ses premiers films emblématiques portant sur les zombies pour se nourrir de chair et de sang, malgré quelques rides, le film demeure un petit chef-d’oeuvre pour amateurs de zombies, dans la lignée de ceux de George A. Romero, Bob Clark signe l’un de ses films les plus novateurs de sa carrière.

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